Les surdoses mortelles en baisse au Canada, mais pas en Outaouais
Le nombre de surdoses mortelles est « relativement stable » en Outaouais, à la différence du taux généralement en baisse au Canada, selon le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l'Outaouais. L’organisation a recensé 40 décès en lien avec des surdoses l’année dernière alors qu'elle en avait compté 34 en 2023 et 45 en 2022. À l’échelle du pays, le nombre de décès liés aux opioïdes a baissé de 17 % en 2024 par rapport à l'année d'avant, ce qui correspond à 7146 Canadiens morts à la suite d’une surdose. Quand on regarde en arrière, les chiffres étaient de 8623 décès en 2023 et de 3742 en 2019. La Dre Camille Paquette, médecin spécialiste en santé publique au Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l'Outaouais. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Pour la Dre Camille Paquette, cette différence dans les chiffres s’explique par la position géographique de la région. Elle espère toutefois une baisse prochaine des chiffres. Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, croit également cette même hypothèse. On l'a vu par les années passées, la crise a commencé dans l'Ouest, en Colombie-Britannique, et s'est tranquillement déplacée en Alberta, dans les autres provinces de l'Ouest, en Ontario et par la suite au Québec. Au Québec, de façon générale, les surdoses mortelles augmentent, avec 645 décès l'année dernière, 536 en 2023 et 314 en 2022, selon les plus récents chiffres de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Yves Séguin, directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO) Photo : Radio-Canada / Ian Urbach Pour M. Séguin, il serait plus juste de ne pas se concentrer uniquement sur les cas de décès, car d’après lui, on dénombre aussi énormément de cas d'hospitalisations liées aux surdoses. Il précise que la majorité de ces cas sont du fait de la contamination des substances. Yves Séguin pense que la hausse de l'itinérance dans la région y est également pour quelque chose dans la crise des opioïdes. Le directeur général du CIPTO parle toutefois d’une baisse pour cette année alors que neuf décès sont recensés pour le moment. En août dernier, l'organisme recensait déjà 30 décès depuis le début de l'année 2024. À Ottawa, le portrait est plutôt semblable à la tendance canadienne. Selon les données du Bureau du coroner de l'Ontario, ce sont 174 cas de décès liés à des surdoses qui ont été enregistrés en 2024, contre 214 en 2023 et 172 en 2022. Yves Séguin croit toujours qu'il faut investir davantage dans la sensibilisation et la prévention sur le terrain, notamment en offrant plus de services en réduction des méfaits ou encore en faisant davantage la promotion des services de vérification de drogue ainsi que des services d'accompagnement à la consommation. Il pense également qu’il faudrait surtout déjudiciariser la consommation d'opioïdes afin d'éviter les stigmatisations. Avec les informations de Patrick Foucault et de Mathieu BergerPour le moment, on n'a pas été en mesure d'arriver à infléchir la courbe et à faire baisser notre nombre de décès en Outaouais. Cela étant dit, au moins, ce n'est pas en augmentation, ça reste relativement stable. De ce côté-là, c'est une bonne nouvelle, mais ça reste préoccupant parce que c'est quand même plusieurs décès par année qui surviennent [par] surdoses
, explique le médecin spécialiste en santé publique au CISSS de l'Outaouais, la Dre Camille Paquette.
Des substances qui traversent le pays d'ouest en est
Le phénomène est d'abord apparu dans l'Ouest. Il a migré vers l'est du pays, [...] c'est comme si on vit probablement un peu à retardement de ce qui peut être vécu dans l'ouest du pays. Donc là, c'est juste le futur qui va nous permettre de savoir vers où on s'en va.
Nous, on le voit, s'il y a une diminution [dans l’Ouest], probablement qu'il y aura une diminution ici, mais plus tard
, soutient-il.
Des causes diverses
Quelqu'un qui se situe en survie, qui vit en tente, n'aura peut-être pas le réflexe plus rapide d'aller faire vérifier sa substance ou il va peut-être se dépêcher dans la façon de se préparer. Ou il va peut-être avoir acheté sa substance à quelqu'un qu'il ne connaît pas ou à un nouveau revendeur. À ce moment-là, c'est peut-être quelque chose qu'il va prendre qu'il n'a jamais pris et [c'est comme ça ] que la surdose va être provoquée
, donne-t-il comme exemple.Portrait différent à Ottawa
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