Se loger devient de plus en plus difficile au Québec
Pour plusieurs ménages, logement rime avec galère. En ce 1er juillet, journée traditionnelle des déménagements au Québec, plus de 2000 ménages sont activement accompagnés par un service d'aide afin de trouver un toit. Une journée marquée depuis des années par une crise du logement, déplore le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). C’est le cas de Jean-Pierre, un résident du quartier Hochelaga, à Montréal, qui peine à trouver un toit depuis janvier. En entrevue à Tout un matin, sur les ondes d'ICI Première, il explique avoir été invité à quitter son appartement qu’il occupait depuis plusieurs années. L’immeuble est passé aux mains d’un nouveau propriétaire qui compte le démolir. Père de deux enfants, Jean-Pierre dit avoir frappé à toutes les portes. Son modeste salaire ne lui permet pas de payer un loyer de plus de 1600 $ pour un logement de trois pièces et demi. Seul un HLM pourrait lui convenir, dit-il, mais il lui faudra attendre dans une chambre d’hôtel. Plusieurs de ses meubles sont à la rue ou éparpillés chez des amis. Le logement locatif est de moins en moins abordable. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Le cas de Jean-Pierre n’est pas unique, la rareté des logements abordables, les évictions et la flambée des prix des loyers rendent les choses plus compliquées pour bien des ménages québécois. En entrevue à D’abord l’info, Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, indique que selon la plus récente compilation effectuée par la Société d’habitation du Québec auprès des services d’aide à la recherche de logement, ce sont 2022 ménages qui n’avaient pas trouvé un toit au Québec au 30 juin. Ils peinent à trouver Des données publiées par Statistique Canada le 25 juin montrent que Montréal est la championne de la croissance des loyers parmi les grandes villes canadiennes. Selon l'agence fédérale, un logement de deux chambres coûte 800 $ de plus qu'en 2019 en moyenne, une augmentation de 71 %. Toujours sur les ondes d'ICI RDI, la ministre de l’Habitation du Québec reconnaît les difficultés auxquelles font face les Québécois qui se cherchent un logement. La ministre estime toutefois que les choses sont bien meilleures au Québec qu’ailleurs au Canada. Elle rappelle que plus de 24 000 logements sont en construction, soutenus par le gouvernement du Québec. Est-ce assez? Actuellement, Le Québec a connu des hausses de loyer jamais vues en trois décennies. Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Lors du dernier recensement avant la hausse récente des prix du loyer, 173 000 ménages locataires au Québec avaient un besoin impérieux de logement, indique la porte-parole du FRAPRU. En janvier, le Tribunal administratif du logement (TAL) du Québec a publié les pourcentages applicables aux critères de fixation des loyers pour 2025, confirmant une hausse moyenne de 5,9 %, du jamais vu depuis 30 ans. En avril, la ministre Duranceau a annoncé qu'elle allait revoir la méthode de calcul du TAL pour éviter des hausses importantes aux locataires en période d'inflation et de turbulences économiques. La nouvelle méthode de calcul en 2026 ne tiendra compte que de quatre indicateurs, dont la moyenne de l’indice des prix à la consommation (IPC) au Québec au cours des trois dernières années, ce qu'on appelle une moyenne mobile. La deuxième modification qu'apporte la ministre aux règlements de la Loi sur le Tribunal administratif du logement est la fixation à 20 ans de la période d'amortissement du coût des travaux d'amélioration ou d'entretien d'un logement ou d'un immeuble sur le loyer des locataires.
un logement correspondant à leurs besoins, mais surtout à leur capacité de payer
, précise-t-elle. On constate que la détresse est en hausse chez les locataires. On l’a beaucoup ressentie durant la période de renouvellement des baux
, ajoute Véronique Laflamme.
Le Québec fait mieux que les autres provinces, selon la ministre Duranceau
C’est insoutenable
, dit-elle. Pour faire face à cette crise du logement, il faut augmenter l’offre de logements par tous les moyens et pour tous les types de logement
, affirme France-Élaine Duranceau.L’année dernière, on a donné des pouvoirs spéciaux aux villes pour leur permettre d’accélérer l’émission des permis [de construire]
, poursuit Mme Duranceau, qui évoque le logement à but non lucratif comme faisant partie de la solution.Non!
, rétorque Véronique Laflamme de FRAPRU.On reconnaît que, dans la dernière année, on a assisté à davantage de mise en chantier pour des logements sociaux et communautaires, mais il faut rappeler que nous sommes en mode rattrapage
, insiste-t-elle.À l’arrivée du gouvernement Legault en 2018, il y avait un retard de 15 000 logements sociaux. Il [le gouvernement Legaut] avait promis de les livrer lors de son premier mandat, mais ce n’est pas encore complètement fait
, rappelle Mme Laflamme.il faudrait construire 10 000 logements par année sous différentes formes. Les besoins sont urgents
, insiste Mme Laflamme.
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