Québec place Sainte-Élisabeth sous tutelle
La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, place sous tutelle la Municipalité de Sainte-Élisabeth, qui avait déclaré l’état d’urgence à deux reprises, plus tôt en juin, en raison de tensions entre des élus et des citoyens. Québec donne ainsi le contrôle de Sainte-Élisabeth à la Commission municipale du Québec (CMQ). Toutes les décisions prises par son conseil municipal devront être approuvées, jusqu’à ce que la CMQ considère la situation comme rétablie. Le maire de la municipalité, Louis Bérard, a déclaré l’état d’urgence plus tôt en juin, après que des tensions entre certains élus et des citoyens n'eurent cessé de s’aggraver dans les mois précédents. M. Bérard disait vouloir se doter des pouvoirs nécessaires pour se protéger, lui, ainsi que les élus et les employés de la petite ville de Lanaudière. Le cabinet de la ministre avait alors indiqué que celle-ci songeait à mettre la Ville sous tutelle. Mme Laforest a décliné la demande d'entrevue de Radio-Canada. Radio-Canada a révélé qu'un conseiller du ministère de la Sécurité publique l’avait ensuite contacté pour l’informer que ces motifs ne justifiaient pas le recours à l’état d’urgence, qui ne peut être utilisé qu’en cas de sinistre. Louis Bérard avait toutefois signé une deuxième déclaration d’état d’urgence, malgré l’avertissement de la Sécurité publique. Le ministère, selon lui, n'avait Louis Bérard a été élu sans opposition en 2021. Photo : Municipalité de Sainte-Élisabeth Louis Bérard disait agir selon le Code municipal, qui requiert Les dernières séances du conseil municipal étaient mouvementées depuis au moins 2023. Les élus et les citoyens se coupaient la parole et des moqueries émergeaient constamment du public. Trois employés municipaux auraient été blessés lors de la dernière séance, selon le maire Bérard. Radio-Canada n’a pas pu vérifier ces informations. Des citoyens y dénonçaient avec véhémence le fait que la Municipalité continue de dépenser et d’investir, alors qu’il est impossible de connaître l'état des finances publiques, puisqu’elle n’a rendu aucun état financier depuis 2023. L'état d'urgence permet, entre autres, à la Municipalité qui le déclenche Sainte-Élisabeth n'a pas publié d'états financiers depuis 2023. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada La Commission municipale avait déjà mené un audit en 2024 et avait conclu à d’importantes lacunes dans la gestion budgétaire et dans la transparence de la Municipalité à cet égard. En mars dernier, Andrée Laforest a nommé une observatrice à Sainte-Élisabeth. Celle-ci devait, pendant huit semaines, faire analyser la gestion de la Municipalité. Son rapport n'a pas encore été publié. L'actualité des dernières semaines semble toutefois avoir précipité les choses au ministère des Affaires municipales : la tutelle est le geste le plus important qu'il peut poser envers une Municipalité. Dans les dernières années, les villes de Chambly et de Desbiens, ainsi que les municipalités de Saint-Placide, de Laverlochère-Angliers, de Saint-Paul-de-la-Croix et de Saint-Médard, ont notamment été placées sous tutelle.Le gouvernement a le devoir de veiller à la bonne administration des municipalités. Aujourd'hui, des moyens sont pris pour assurer la saine gestion de Sainte-Élisabeth
, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié mercredi.pas d’affaire là-dedans
, avait justifié le maire à Radio-Canada.
de protéger les élus
. Sa démarche, selon lui, était une première au Québec
. Il s'est notamment servi de l'état d'urgence pour forcer la tenue de la dernière séance du conseil en distanciel. Il n'a pas répondu aux questions de Radio-Canada.de faire les dépenses et de conclure les contrats qu’elle juge nécessaires
.
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