Mobilisation citoyenne pour sauver des cliniques de proximité en Beauce
Des citoyens de Vallée-Jonction en Beauce se mobilisent et font circuler une pétition pour préserver leur clinique médicale de proximité appelée à fermer « tôt ou tard » selon Réal Turgeon, le président du Centre médical de la Nouvelle-Beauce. La Clinique médicale de Vallée-Jonction est sous l'égide de son groupe. Pour lui, l’agrandissement du Centre médical de la ville voisine de Sainte-Marie prévu à l’automne permettra de regrouper les médecins pour solutionner les trois enjeux actuels, soit la rétention, le recrutement et l'accès à des locaux mieux adaptés. Des médecins sont présents à la Polyclinique Chaudière de Vallée-Jonction trois jours par semaine. Il s'agit de l'une des quatre cliniques médicales de proximité en Nouvelle-Beauce avec celle de Saint-Bernard, Saint-Isidore et Frampton. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier Marc Lessard est l’instigateur de la pétition visant à préserver la clinique de proximité que près de 800 personnes ont signée. Le résident de Vallée-Jonction et ancien conseiller municipal poursuit son porte-à-porte. Devant lui, Denise Cliche signe, sans hésiter. Quelques instants plus tard, c’est Sylvain Roy, propriétaire de l’épicerie Marché Traditions qui y appose sa signature. Marc Lessard (à droite) vient chercher la signature de Sylvain Roy, propriétaire du Marché Tradition. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier Dans ses discussions avec les résidents, Marc Lessard fait référence à l’argent qui a été investi par la communauté au début du projet des cliniques de proximité, il y a plus de 10 ans. Une levée de fonds avait eu lieu. Malheureusement les autorités ont décidé de changer tout ça à Sainte-Marie, sauf que nous, on a donné des sous, des commerces ont payé. Au-delà de 100 000 $ ont été amassés. Trois médecins viennent chaque semaine à la Polyclinique Chaudière de Vallée-Jonction, un service que ne veut pas non plus perdre Gabrielle Cliche, une autre résidente de la municipalité. Gabrielle Cliche est une résidente de Vallée-Jonction. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier La mairesse de Vallée-Jonction, Patricia Drouin, a démissionné du conseil d’administration du Centre médical de la Nouvelle-Beauce en mars dernier. Je ne m’oppose pas à l’agrandissement, ce que je veux c’est une entente formelle comme quoi le conseil [d’administration] va protéger la clinique de proximité à Vallée-Jonction. Cette dernière se rappelle du temps où sa mère avait combattu le cancer. Patricia Drouin est mairesse de Vallée-Jonction. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier En plus de celle de Vallée-Jonction, les trois autres cliniques de proximité de la MRC de la Nouvelle-Beauce, soit celles de Frampton, Saint-Isidore et Saint-Bernard, seront appelées à fermer selon Réal Turgeon. Réal Turgeon est maire de Saint-Isidore et président du Centre médical de la Nouvelle-Beauce. Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc On arrive au mur. On a perdu deux médecins, en 2025 [...] et présentement pour la première fois en 13 ans on a eu zéro postulant. On n’est plus compétitif avec ce qu’on retrouve dans d'autres cliniques comme à Lévis ou Québec, il fallait faire un move. Selon lui, l’agrandissement de 50 % de l’édifice actuel du Centre médical et le regroupement des médecins sous un même toit seront des atouts pour la rétention et le recrutement. Le Centre médical de la Nouvelle-Beauce à Sainte-Marie sera agrandi à partir de l'automne. Un projet de 1,7 million $. Il desservira onze municipalités de la Nouvelle-Beauce. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier Le Groupe de médecine de famille (GMF) de la Nouvelle-Beauce qui compte 16 médecins se veut rassurant. Rebecca Gagnon est médecin responsable au Groupe de médecine de famille (GMF) de la Nouvelle-Beauce. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier D'autres professionnels de la santé comme des infirmières cliniciennes, des travailleuses sociales, une nutritionniste et une kinésiologue travaillent aussi à leur côté dans le Centre médical. On se doit d’être plus efficace dans notre travail. La meilleure façon c’est de se réunir et de rassembler nos soins dans un même lieu. En s’éparpillant, on n’est pas au maximum de notre efficacité. Elle ajoute que plusieurs médecins habitent à Québec. La municipalité de Saint-Bernard a aussi une clinique médicale de proximité et souhaite la conserver. La Coopérative de solidarité santé refuse d’abdiquer, bien que des médecins ne soient présents qu’une demi-journée par semaine. La Coopérative de solidarité santé de Saint-Bernard est voisine d'une pharmacie. Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier En son nom personnel, il se dit tout de même prêt à signer la pétition mise en place à Vallée-Jonction. Pour lui et les autres, le combat doit continuer.
Madame Denise, je viens vous voir pour avoir votre appui contre la fermeture de la clinique médicale comme ça se parle dans le village.
On a besoin de médecin a Vallée. [...] Les gens sont âgés, ça prend des taxis, ça finit que ça coûte cher
, lui lance-t-elle, crayon à la main.Il faut garder nos services et nos business, ça fait assez qu’on perd à Vallée. On a eu Olymel, ça touche les petites business, on a besoin de nos médecins.

Je trouve que c’est plus facile de déplacer un médecin pour une vingtaine de patients par jour que de déplacer 20 patients. On est des petites communautés, mais si on ne se défend pas, on va tout perdre
, affirme-t-elle.
Je trouve que c’est affreux comme situation, je pense toujours aux personnes les plus vulnérables
, souligne-t-elle.Des fois, juste aller voir son médecin à Vallée-Jonction, c’était difficile, alors attendre deux heures au centre de Sainte-Marie, ce n’est pas évident.

On arrive au mur
Est-ce que c’est dans un an, dans deux ans, dans trois ans, je ne suis pas en mesure de le dire
, explique le président du Centre médical de la Nouvelle-Beauce qui est également maire de Saint-Isidore. Sa municipalité sera ainsi éventuellement directement impactée.
La médecine a beaucoup changé dans les 13 dernières années. [...] Avec les cliniques de proximité, on n'est pas en mesure d'offrir des locaux de pratique collaborative entre les professionnels de la santé,
explique-t-il.
Il n’y a personne qui va perdre son médecin ni l’accès aux professionnels du GMF, les services vont rester là, mais tout va être réuni dans un même bâtiment
, explique Dre Rébecca Gagnon, médecin responsable au GMF de la Nouvelle-Beauce.
Ça peut être difficile de les convaincre d’aller en [clinique de] proximité. Toutes les cliniques veulent recruter de nouveaux médecins. Si nos médecins de Québec ont de meilleures conditions à Québec, ils vont peut-être avoir le goût de s’en aller. On veut avoir les meilleures conditions ici
, soutient la responsable du GMF.C'est une décision difficile, mais c'est la meilleure décision et elle a été réfléchie pendant les dernières années, puis l’ensemble des médecins appuient la décision
, conclut-elle.Saint-Bernard s’y oppose
C’est pas beaucoup, mais c’est important, si on perd ce modèle-là, les gens sont obligés de se déplacer, les personnes âgées se sentent insécures
, précise Yves Joly, secrétaire de la Coopérative.
Le problème c’est le manque de médecin, comment qu’on aura de belles bâtisses, on n’aura peut-être pas plus de médecins
, se questionne-t-il.
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