Les décès liés à la chaleur extrême s’accentuent au Québec
Les vagues de chaleur extrême ont globalement fait plus de victimes qu’auparavant dans la province lors des deux derniers étés, révèle un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Un bilan qui préoccupe des organismes soutenant les usagers du réseau de la santé alors que l’humidex pourrait atteindre 45 dans les prochaines heures, selon Environnement Canada. Selon les données publiées par l’INSPQ, 13 vagues de chaleur extrême ont été enregistrées dans les régions de la province depuis 2023, dont 11 sont survenues uniquement l’année dernière. Des excès de mortalité, par rapport à une valeur de référence régionale à des températures habituelles, ont été constatés lors de 12 de ces 13 vagues. Quand il fait 35 dans une chambre, ce n'est pas sécuritaire. « Il n’y a pas de raison pour que nos personnes affligées par la maladie ou âgées ne reçoivent pas le confort auquel elles ont droit et qu'elles méritent », martèle Paul Brunet. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada En période de chaleur extrême, les régions de l’Outaouais, en juillet 2023, et de Lanaudière, en juin 2024, ont connu les hausses de décès les plus marquées au Québec à la hauteur de 28 % et de 29 % respectivement. L’Outaouais a d’ailleurs d’ailleurs été touché par quatre de ces vagues, un sommet parmi toutes les régions. M. Brunet rappelle La présidente du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Sylvie Tremblay, abonde dans le même sens. Sylvie Tremblay, présidente du Regroupement provincial des comités d'usagers. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Dans la Capitale-Nationale, une vague de chaleur de trois jours s’est fait ressentir sur la région en août 2024. 19 personnes par jour sont décédées en moyenne durant cette période. Dans un courriel transmis à Radio-Canada, le CIUSSS de la Capitale-Nationale précise que Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a un plan directeur en ventilation et climatisation. Ce plan permet d’évaluer, de prioriser et de planifier les travaux futurs visant à améliorer le confort et la qualité de vie de ses usagers et de ses employés. Du côté de Chaudière-Appalaches, l’INSPQ signale qu'une vague de chaleur de trois jours est survenue en juin 2024, emportant au passage une moyenne de 12 personnes par jour. Le CISSS de Chaudière-Appalaches indique à Radio-Canada que 20 % des chambres de ses établissements sont climatisés et que tous ses CHSLD sont dotés de climatisation dans les aires de vie commune. Plusieurs millions ont été investis au cours des dernières années afin de pérenniser la climatisation. Les aires de vie commune, comme les salons et les salles à manger, sont entièrement climatisées dans les CHSLD du CISSS de Chaudière-Appalaches. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin Des climatiseurs peuvent par ailleurs être rapidement installés dans les chambres des patients du CIUSSS et du CISSS en faisant la demande, rappellent les deux organismes. Bien qu’ils reconnaissent une certaine amélioration des pratiques sanitaires ces dernières années lors d’épisodes caniculaires, Paul Brunet et Sylvie Tremblay souhaitent voir les établissements de santé québécois accélérer le pas vers la climatisation. La chaleur estivale, soit une moyenne des températures quotidiennes de l’été, est désormais une variable considérée par l’INSPQ dans son rapport. L’organisme public estime que 623 décès liés à la chaleur estivale surviennent en moyenne chaque année au Québec depuis 2010. Proportionnellement aux différentes populations, la région de Montréal est celle où le plus grand nombre de morts ont été comptabilisés. L’INSPQ insiste néanmoins pour dire que la chaleur L’été 2018 s’est distingué comme le plus meurtrier du lot, avec un total estimé de 943 décès attribuables à la chaleur, tandis que celui des étés 2023 et 2024 s’élève à 621 et 841 décès respectivement. Sylvie Tremblay rappelle à la population de s’enquérir de l’état des personnes plus vulnérables lors des vagues de chaleur comme celle à venir. Avec les informations de Marie-Ève Trudel et Mariane Bergeron-CourteauIl ne faut pas attendre que le résident ou sa famille aillent demander de l'air frais, de la ventilation. Il faut aller voir comment les gens se sentent, leur demander comment ils se sentiront confortables
, fait valoir le président du Conseil de la protection des malades (CPM), Paul Brunet.
Des lacunes de climatisation
que la très grande majorité
des aires d’administrations dans les hôpitaux et les CHSLD bénéficient de la climatisation, un contraste aberrant avec la réalité des patients selon lui.Les périodes [de chaleur] arrivent de plus en plus tôt et le système s’adapte toujours un peu lentement à ces changements-là
, remarque-t-elle en référence aux établissements qui tardent à installer des unités de climatisation.
plus de la moitié
des chambres des résidents en CHSLD sont climatisées. Il ajoute qu’au moins une pièce commune climatisée
des CHSLD est mise à la disposition des patients et des employés.
Un facteur tout au long de l’été
n’est généralement pas la cause unique des décès, mais plutôt un facteur contributif
.Il n’y a pas de raison que nos personnes affligées par la maladie ou âgées ne reçoivent pas le confort auquel elles ont droit et qu'elles méritent
, martèle Paul Brunet.Si vous avez un voisin ou une voisine qui est âgé, qui est un peu en perte d'autonomie, allez voir s'il va bien, s’il est bien hydraté
, préconise-t-elle.
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