Québec modifie un examen échoué à répétition par les futurs enseignants
Connaissez-vous les définitions des mots amphigouri, béotien ou calembredaine? Les étudiants qui souhaitent devenir enseignants doivent apprendre ces définitions et celles de centaines d’autres pour espérer réussir le test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE), une condition nécessaire à la diplomation. Marie-Lune Savary étudie pour devenir enseignante. Elle a échoué à ce test neuf fois avant de le réussir. Elle est loin d’être la seule, de nombreux futurs enseignants bûchent dans la partie linguistique pour obtenir la note de passage. À l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), au cours des cinq dernières années, seulement 28 % des étudiants ont réussi la portion linguistique lors du premier essai. En 2024, ils étaient 14 % à réussir la première fois. Certains, comme Marie-Lune, ont dû se rendre à un dixième, onzième, même à un douzième essai. Il n’y a pas que les étudiants qui estiment que le test doit être revu. La professeure titulaire à l’UQTR Priscilla Boyer en fait son cheval de bataille depuis des années. Elle admet qu’elle aurait probablement échoué à l'examen dans sa version actuelle lors d’un premier essai. Elle croit que les attentes envers les enseignants en français ont changé depuis la création du TECFÉE. Le test ne mesure pas suffisamment les compétences langagières des enseignants, mais seulement l’orthographe. Dans la section code linguistique, ils doivent trouver l’erreur, énoncer la règle qui s’applique et répondre à des questions de lexique. Priscilla Boyer a participé au comité de refonte du test, qui mènera à une nouvelle version en 2026. Ainsi, le comité de révision souhaiterait éliminer la section qui donne du fil à retordre aux étudiants. Le nouvel examen comporterait deux parties, une sur le français oral, l’autre sur le français écrit. Les futurs enseignants auraient à corriger un texte. Plutôt que d’apprendre toutes les règles de français et des centaines de mots par cœur, le comité propose que les étudiants connaissent exactement ce qui sera à l’examen. Le ministère de l’Éducation travaille actuellement à la création de ce nouveau test. Priscilla Boyer espère que les recommandations de son comité seront retenues. Avec les informations d'Éliane DoucetBen, je trouve que c'est pas à jour, ce n'est pas des choses qu'on utilise tous les jours et qu'on va enseigner à nos élèves
, déplore l’étudiante.Ils se font des listes de vocabulaire, d’expressions, énormes et ils apprennent ça par cœur et ils consacrent des heures, des heures à cet apprentissage par cœur, qui va être instantanément oublié
, illustre-t-elle.Parmi les recommandations, la principale qu'on a recommandée est de se coller davantage de ce qu'on attend d'une compétence langagière efficace chez un enseignant
, explique la spécialiste de l’enseignement du français.On propose de cibler les 20 erreurs les plus fréquentes et elles vont être dites aux étudiants
, explique-t-elle.
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