Le travail ne manque pas pour une des rares couturières de Sherbrooke
Linda Jacques a toujours cousu, une histoire de génération. Sa grand-mère a appris le métier à sa mère qui lui a ensuite transmis ce savoir ancestral. En plein dans la saison des bals des finissants, la couturière déplore le manque de relève. Celle qui a suivi à l’époque le cours d’éducation familiale à l’école s’attriste de voir la couture prendre la dérive. Elle craint aussi que personne ne prenne le relais de son commerce d’ici sa retraite. Tous les matins, je me lève à 4 h pour être ici à 5 h, sinon je n’y arriverais pas. Depuis maintenant près de 20 ans, elle recoud les vêtements des Sherbrookois. Linda Jacques a arrêté de compter sa clientèle après 5000 clients fidèles. Avec les années, elle a bâti une famille. La couturière s'est fait un nom dans le centre-ville de Sherbrooke. Des morceaux de tissus et des fils à coudre de toutes les couleurs décorent ce petit atelier, L'aiguille d'or, caché dans une ruelle de la rue King Ouest au centre-ville de Sherbrooke. Linda Jacques a arrêté de compter ses clients à 5000. Photo : Radio-Canada / Delphine Belzile Une centaine de photos de ses clients tapissent un des murs de son chaleureux studio : des écoliers, de jeunes mariés et des finissantes dans leur robe de bal. Pour certains, elle connaît leur histoire depuis qu'ils sont tout-petits, alors qu'elle ajustait le bas de pantalon de leur uniforme à l'école primaire. C’est bien indiqué sur la porte de son commerce, elle ne prend plus les robes de bal depuis mai dernier, même pour de maigres ajustements. La période des bals la désorganise très peu. Si à l'école ils pouvaient l'apprendre comme dans le temps, ce serait merveilleux. Linda Jacques a ouvert les portes de L'aiguille d'or en 2011. Photo : Radio-Canada / Delphine Belzile Linda Jacques a travaillé sur environ 70 robes, en plus des habits des garçons. Quand elles arrivent essayer la robe et elles sortent avec le sourire fendu aux oreilles, certaines m’ont sauté au cou pour dire merci, c’est la paie de la semaine! Linda Jacques peut passer une demi-journée sur une robe de bal à crinoline. Et ce n’est pas par manque d’expérience. Linda Jacques n’hésite jamais à prendre les choses en mains devant les adolescents qui partagent parfois quelques caprices sur leur tenue de bal. « Je m’amuse à dire que c’est moi qui est le boss », dit-elle. Les modes changent avec les années, remarque-t-elle. Elle a constaté aussi que plusieurs finissants et finissantes lui ont apporté des tenues trouvées dans des friperies. Ses ajustements permettent de donner une deuxième vie aux vêtements. Avant d’ouvrir son atelier sur la rue King Ouest, Linda Jacques travaillait au sous-sol de la boutique Roger Labonté. Après l’incendie qui a ravagé son atelier en 2009, elle s’est installée sur la rue Wellington. En 2011, elle a ouvert les portes de L’aiguille d’or.Je n’ai pas grand espoir.
Certaines personnes, je connais leur numéro de téléphone par cœur
, dit-elle la tête haute.C'est de toute beauté. C'est devenu ma grande famille.

Débordée toute l’année
C’est non! J’ai trois semaines d’attente. C’est trop tard pour eux autres
, lance la couturière.C’est à l’année longue, vraiment. Il n’y a plus de couturières. Les personnes ferment [leur commerce]. Il n’y a aucune relève
, réitère celle qui approche la soixantaine.
J’ai tout livré les robes promises
, souligne-t-elle.Je suis prétentieuse. Je réussis souvent du premier coup!
Les tendances
On fait ce qu’ils veulent. Ce sont eux qui portent le vêtement, on s’arrange pour qu’ils soient satisfaits.
J’ai découvert que le porté lousse était revenu à la mode
, poursuit la couturière.Ça fait quatre ou cinq ans que c'est vraiment à la mode les friperies
, note Linda Jacques.La journée où je vais prendre ma retraite, je vais donner des cours de couture
, lance-t-elle en ricanant.
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