Rio Tinto décrète un gel des embauches
Devant l’incertitude découlant de la guerre tarifaire avec les États-Unis et des droits de douane de 50 % sur l’aluminium et sur l’acier, Rio Tinto a annoncé lundi un gel des embauches pour l’ensemble de ses alumineries au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L’annonce a été confirmée devant les membres de la presse régionale par le directeur de la division Aluminium de Rio Tinto, Jérôme Pécresse, de passage à Saguenay lundi. La haute direction de la multinationale avait organisé une rencontre sur invitation avec les médias pour faire le point sur plusieurs sujets concernant l’entreprise. Pour justifier le gel du recrutement, Jérôme Pécresse a affirmé que l'entreprise qui emploie plus de 4000 personnes dans la région souhaite jouer de prudence en raison de la situation actuelle avec les États-Unis, où Rio Tinto exporte environ 80 % de l’aluminium qu’elle produit. Le directeur de la division Aluminium de Rio Tinto, Jérôme Pécresse, espère qu'une entente commerciale sera conclue prochainement entre le Canada et les États-Unis. Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais Le grand patron de Rio Tinto a rappelé que plusieurs embauches ont été effectuées dans les derniers mois. Pour l’heure, aucune perte d’emploi n’est envisagée dans les usines de la région. Les premières coulées d’aluminium dans les cuves AP60, qui sont présentement en construction au Complexe Jonquière, devraient se faire au deuxième trimestre de l’année 2026, selon l’entreprise. Le chantier est avancé à 60 %. Quant au déploiement de la technologie Elysis pour la production d'aluminium sans émission de carbone, une première cuve prototype devrait être mise en service prochainement, mais il faudra attendre 2027 pour l'usine de démonstration de 10 cuves au Complexe Jonquière. Si les tarifs demeurent en vigueur durant une plus longue période qu’anticipée, Rio Tinto n’écarte pas la possibilité de se tourner vers l’Europe pour l’exportation de son métal gris à partir de la région. Dans l’immédiat toutefois, la nouvelle salve de tarifs imposés par le président américain le 3 juin dernier préoccupe les dirigeants de la division Aluminium de Rio Tinto. Toutefois, M. Pécresse se dit persuadé que la demande pour l’aluminium à travers le monde continuera de croître dans les prochaines années. Rio Tinto a rappelé les avantages concurrentiels dont l’entreprise bénéficie au Québec et dans la région avec ses barrages hydroélectriques malgré le contexte économique plus difficile. La multinationale n’a d'ailleurs pas l’intention de s’implanter aux États-Unis, même si l’un de ses concurrents, Emirates Global Aluminum, a annoncé en mai dernier la construction d’un complexe de 4 milliards de dollars en Oklahoma pour la production d’aluminium, ce qui en fera la première nouvelle aluminerie en sol américain en 45 ans.Ça signifie qu’on est prudent, ça signifie qu’on prend des mesures de gestion rationnelle et disciplinée, on est dans un environnement très incertain
, a expliqué M. Pécresse en entrevue au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean.J’espère que les discussions au G7 se traduiront à plus ou moins longue échéance par un accord commercial, mais dans l’immédiat, comme on ne sait pas de quoi le futur sera fait, je crois que c’est notre devoir de mettre une mesure de prudence en place.

Nous ne baissons pas notre niveau de production et nous ne ralentissons pas nos investissements. Nous continuons
, a-t-il assuré.Plusieurs possibilités sur la table
C’est un facteur d’incertitude supplémentaire. Comme c’était le cas à 25 %, le tarif de 50 % pour toutes les sources d’importation par les États-Unis reste le même pour tout le monde et si tout le monde est tarifé pareil, l'aluminium canadien reste la source d’aluminium la plus compétitive à bas carbone pour le marché américain
, a précisé Jérôme Pécresse.Ce qui nous inquiète en premier lieu, c’est l’impact de l’inflation qui continue, sur la santé de nos clients, sur la santé de l’économie américaine et sur la demande d’aluminium aux États-Unis
, a-t-il poursuivi.
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