Des projets de mégafermes laitières au Dakota du Nord menacent la santé du lac Winnipeg
Deux projets de fermes laitières à grande échelle au Dakota du Nord sont une source d'inquiétude pour des groupes environnementaux américains et canadiens. Les déchets organiques générés par les milliers de vaches de ces fermes situées près de la rivière Rouge pourraient se retrouver dans le lac Winnipeg. Les deux projets de l’entreprise Riverview LLP, qui sont menés à Herberg et à Abercrombie, sont à moins de 2,5 kilomètres de la rivière Rouge. Le projet d'Abercrombie a déjà reçu un permis de la part des autorités américaines pour construire une ferme pouvant accueillir jusqu’à 12 500 vaches. Les autorités américaines examinent encore la demande de permis pour l’exploitation à Herberg. Cette ferme pourrait accueillir jusqu’à 25 000 vaches. La construction de ces deux exploitations massives quadruplerait le nombre de vaches laitières au Dakota du Nord. L'État américain compte actuellement près de 10 000 vaches laitières, selon les informations du département de l’agriculture des États-Unis. L’arrivée de ces mégafermes dans l'État est le résultat d’un changement dans la loi du Dakota du Nord sur l’agriculture d’entreprise. Cette modernisation a été ratifiée par Doug Burgum, l’ancien gouverneur du Dakota du Nord, qui est maintenant le secrétaire à l'Intérieur au sein du gouvernement de Donald Trump. Plusieurs groupes environnementaux canadiens et américains craignent que les déchets organiques générés par ces mégafermes ne nuisent à la qualité de l’eau de la rivière Rouge et du lac Winnipeg. Les excréments de ces milliers de vaches contiennent du phosphore et de l’azote, deux nutriments qui favorisent la prolifération des algues bleues dans le lac Winnipeg. Des algues bleues vertes recouvrent les plages du lac Winnipeg. (Photo d'archives) Photo : Trish Richardson Vicki Burns, représentante de l'initiative Save Lake Winnipeg Project, explique que les excréments des vaches seront utilisés comme engrais dans les champs. Les excréments seront entreposés dans des lagunes, puis utilisés comme engrais organique, confirme l’entreprise Riverview LLP. Le surplus de phosphore et d’azote risque cependant d’être emporté par la fonte des neiges, les fortes pluies et les inondations, estime Vicki Burns. Des groupes environnementaux canadiens et américains prennent la parole pour dénoncer les risques de deux projets de mégafermes laitières au Dakota du Nord. Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel La proximité entre ces mégafermes et la rivière Rouge inquiète les défenseurs du lac Winnipeg. Frederik Veldink, un membre de Coalition to Save Lake Winnipeg, explique que les algues bleues sont toxiques et touchent Je ne suis pas opposé aux grandes fermes laitières, mais il faut les établir loin de la rivière avec des mesures pour sauvegarder la qualité de l’eau. L’entreprise Riverview LLP assure qu'elle prend des précautions pour éviter la pollution de l’eau. Les associations environnementales demandent aux différents ordres de gouvernement, tant canadiens qu’américains, de revoir l’octroi de permis pour ces fermes. En janvier dernier, le gouvernement fédéral a réaffirmé son intention de réduire de 50 % les concentrations de phosphore dans le lac par rapport aux niveaux d'avant les années 1990. Si ces mégaprojets laitiers se concrétisent, cet objectif sera impossible à atteindre. Les enjeux transfrontaliers concernant l’eau entre le Canada et les États-Unis sont soumis à la Commission mixte internationale (CMI), selon le Traité des eaux limitrophes signé en 1909. C’est la raison pour laquelle plusieurs associations environnementales demandent aux gouvernements de renvoyer cette affaire à la CMI. Frederik Veldink craint, quant à lui, que la composante internationale de cette affaire n'empêche les politiciens canadiens et américains de trouver une solution. Avec des informations de Mohamed-Amin KehelUne menace majeure pour la rivière Rouge et le lac Winnipeg


La rivière Rouge et le lac Winnipeg ne peuvent plus soutenir davantage de pollution sans que cela ne nuise à la santé du lac
, affirme Vicki Burns.une masse de personnes
. La qualité de l’eau touche les Premières Nations, il y a des communautés qui tirent l’eau potable du lac, et les algues ont aussi un effet très négatif sur la pêche
, ajoute-t-il.Nos exploitations du Dakota du Nord seront conçues, construites et exploitées de manière à protéger les eaux de surface et à prévenir la pollution de l'eau. Les exploitations sont soumises à un processus d'autorisation environnementale rigoureux
, explique une représentante de l’entreprise.L'eau et la pollution ne respectent pas les lignes politiques. Nos problèmes potentiels sont aussi les vôtres, et le temps presse pour le lac Winnipeg
, affirme Madeline Luke, bénévole au Dakota Resource Council.Une question qui lie les deux côtés de la frontière
J'espère que la construction de ces laiteries sera suspendue jusqu'à ce que les communautés canadiennes aient la possibilité d'en évaluer les conséquences
, affirme Madeline Luke.Avec Trump, l'environnement n'est pas sa priorité, mais j'ai confiance en nos politiciens pour possiblement trouver une solution
, dit-il.
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