Une présumée victime témoigne au procès de Sylvain Taillefer, accusé de crimes sexuels
Le procès de Sylvain Taillefer a débuté lundi matin au palais de justice de Sherbrooke. L’ex-entraîneur de hockey est accusé de plusieurs crimes à caractère sexuel sur sept garçons d'âge mineur. Les faits reprochés se seraient déroulés durant les années 1980, 1990 et 2000. Il est notamment accusé de contact sexuel, d'incitation à des contacts et des chefs d'exploitation sexuelle et d'agression sexuelle. Le chef d’accusation d’exploitation sexuelle est associé au Sylvain Taillefer a été suspendu de ses fonctions de coordonnateur du programme hockey du Collège Charles-Lemoyne à Longueuil et à Ville de Sainte-Catherine à la suite des accusations. Pour le plaignant, la relation avec Sylvain Taillefer a commencé graduellement. À l’époque, l’accusé est entraîneur de hockey en Europe et il fait partie de son équipe. À 10 ans, on cherche un modèle et je pense que c’est un modèle qu’il était. Il m’a appris beaucoup de choses. Il m’a appris beaucoup de choses [au-delà du hockey]. Les agressions se seraient étalées sur plusieurs années. Certaines auraient eu lieu en Europe, d’autres au Canada lors de voyages faits par le jeune adolescent. L’homme et l’adolescent se promènent entre Sherbrooke et Salaberry-de-Valleyfield, mais font aussi des escapades au Québec et à l’extérieur du pays. Aujourd’hui avec le recul, je sais très bien qu’une relation amoureuse qui commence avec un gamin de 10 ans, ce n'est pas normal, alors que c’est ce qu’il a essayé de me faire croire pendant presque 10 ans. À plusieurs reprises, le plaignant doit admettre qu’il ne se souvient pas des dates ou des années précises pendant lesquelles se déroulent les événements. Comme les présumées victimes de M. Taillefer sont membres de trois fratries différentes, l’avocat de l’accusé a demandé à plusieurs reprises au plaignant, en contre-interrogatoire, de préciser avec qui il a discuté de ces présumés abus et à quel moment. Il a aussi posé plusieurs questions au plaignant sur les lieux visités avec M. Taillefer, les endroits ou ils auraient dormi ensemble et le fait qu’ils auraient partagé le même lit C’est lorsque les accusations contre Sylvain Taillefer ont été médiatisées, en 2024, que les deux présumées victimes européennes ont décidé de porter plainte contre leur ex-entraîneur. Le plaignant a aussi dit que le fait d'avoir des enfants l'a incité à aller de l'avant. Le ministère public plaide une preuve de faits similaires et va tenter de démontrer que l'accusé aurait utilisé le même modus operandi avec toutes ses victimes. « [C'est] le même mode de fonctionnement pour créer un climat d'intimité auprès des victimes, des victimes de mêmes sexes, de même âge, dans un contexte où M. Taillefer était entraîneur de hockey également. Alors ces faits similaires là pourront nous aider à corroborer nos événements », estime Me Belgharras.
Sylvain Taillefer assiste au procès. Il prend des notes et suit attentivement les témoignages. L'enquêtrice au dossier a aussi témoigné lundi matin, en plus de la mère du plaignant. Au total, le ministère public appellera à la barre huit témoins et la défense doit en appeler deux. L’accusé a été remis en liberté après sa comparution. Il doit respecter plusieurs conditions, notamment de ne pas se rendre dans des parcs, de ne pas entretenir des emplois qui pourraient le placer en situation de confiance ou d'autorité envers des personnes mineures. Le procès est prévu jusqu’à vendredi. Sylvain Taillefer y assiste. Il a écouté attentivement les témoignages tout au long de la journée et pris plusieurs notes. lien d’autorité, au lien de confiance
que M. Taillefer aurait eu avec les victimes, a précisé la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Laila Belgharras.Pour moi, c’était assez génial de pouvoir avoir une relation privilégiée avec un entraineur canadien
, témoigne-t-il. Sylvain Taillefer aurait commencé par l’inviter à son appartement pour discuter et jouer à des jeux. Le jeune garçon, qui a à l'époque 10 ou 11 ans, apprécie la compagnie de l’homme. Comme il a un père plutôt absent, son entraîneur prend une place toute spéciale à ses yeux.Il joue sur les sentiments : ''Moi, je te donne tout, tu pourrais m'offrir quelque chose en retour''. Il me fait culpabiliser
, se remémore-t-il. Le plaignant n’a bronché à aucun moment durant son témoignage, même si c’est la première fois, a-t-il précisé, qu’il donne autant de détails sur les abus qu’il aurait subis durant toute son adolescence.Ça va de pire en pire, jusqu’à la sodomie
, soutient-il. À l’époque, il ne parle de ces présumés abus à personne. Ça se termine parce que je rencontre une fille fantastique avec qui je tombe extrêmement amoureux et, du coup, je trouve le courage de lui dire que c'est fini, que je ne viendrai plus jamais le voir.
dans la grande majorité des cas
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5 jours de procès
Il était tellement proche de nous. C’était comme un grand gamin pour moi quelque part. Je n’ai pas pensé à mal. J’avais une confiance totale
, a confié cette dernière.
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