L’Alberta précise les modalités sur sa loi touchant les athlètes transgenres
L’Alberta a dévoilé cette semaine les modalités d’une nouvelle loi interdisant aux athlètes transgenres dont le genre assigné à la naissance est masculin de concourir dans les divisions sportives amateurs de catégories féminines. À partir du 1er septembre, les écoles, les universités et les clubs sportifs seront donc tenus d’interdire l’accès à leurs compétitions féminines aux femmes trans âgées de 12 ans et plus. Les règlements de la Loi sur l’équité et le sport prévoient entre autres la manière dont le genre d’une personne sera prouvé, documenté et contesté. Au moment de l'inscription, l'athlète ou son tuteur devra confirmer par écrit que l'athlète remplit les conditions légales pour jouer dans une ligue féminine, conformément au règlement. Des plaintes formelles pourront être déposées pour que quiconque souhaite remettre en question le droit d’une femme trans de participer à une compétition sportive féminine puisse le faire. En cas de contestation, la personne visée devra prouver son genre à l’aide d’un acte de naissance, qui est inscrit au registre de l'état civil, plutôt qu’un certificat de naissance, considérant que ce dernier peut être modifié. Sara Kim, coordinatrice pour la Fondation Skipping Stone, craint les conséquences qu’une telle loi risque d’avoir, non pas seulement dans les sports, mais de manière générale sur la communauté trans. Sara Kim travaille pour Skipping Stone, un organisme à but non lucratif qui offre du soutien aux personnes trans. Photo : Capture d'écran Google Meet Je crois que cette loi va causer beaucoup de souffrance et briser des liens d’amitié. L’athlète transgenre fait partie d’une ligue de hockey féminine depuis des années, dans laquelle une majorité de femmes cisgenres participent. Le Parti conservateur uni (PCU) de l'Alberta affirme que les changements ont été mis en place pour protéger La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a présenté la loi pour la première fois avant qu'elle ne soit adoptée, le 31 octobre 2024. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Jason Franson Certains défenseurs de la Loi se réjouissent d’ailleurs de la mise en place des règlements. Blaine Baduk est une femme trans et membre du PCU. Selon elle, les athlètes qui participent à des compétitions féminines font d’emblée l’objet de discriminations comparativement aux divisions masculines. L’entraîneuse sportive Linda Blade estime aussi que la loi permettra de fournir plus de clarté aux autorités sportives de la province. Elle espère que d’autres provinces et autorités compétentes emboîtent le pas. Pour sa part, le PDG de l’Alberta Colleges Athletic Conference (ACAC), Mark Kosak, craint plutôt que la loi incite les athlètes trans à quitter l’Alberta. L’ACAC fait partie des 90 organismes qui seront affectés par la loi. Ce que je peux presque prédire, c'est que ces athlètes trans se sentiront menacées de rester en Alberta. Je crois qu’elles partiront, où les restrictions ne s’appliquent pas, et cela est malheureux. Selon Florence Ashley, qui enseigne le droit à l’Université de l’Alberta, la Loi alimente une Florence Ashley est juriste et professeure adjointe à la faculté de droit à l’Université de l’Alberta. (Photo d'archives) Photo : Université de l'Alberta Le gouvernement albertain a évoqué qu’il serait possible de créer des ligues mixtes pour permettre aux athlètes trans de continuer à pratiquer des sports amateurs. Or, Mark Kosak croit que l’initiative sera trop coûteuse, en plus de nécessiter davantage de locaux de pratique, d'entraîneurs et d'arbitres. Pour Sara Kim, l’idée de créer des ligues mixtes ou spécifiquement pour les femmes trans n’est pas forcément mauvaise, mais l’athlète craint que l’initiative ne contribue davantage à ostraciser les personnes trans. Avec les informations de Wallis Snowdon et Sam Brooks 
C’est un espace où passer du temps avec ses amis, créer un esprit de communauté et tisser des liens de manière sécuritaire et en ayant du plaisir
, souligne-t-elle.Les femmes avec qui je joue me traitent comme une femme, je fais partie du groupe et je suis l'une de leurs amies
, partage-t-elle.Protéger
l’intégrité
des compétitions, dit le PCUl'intégrité
des compétitions sportives féminines, en veillant à ce que les femmes et les jeunes filles aient la possibilité de concourir dans des divisions réservées aux femmes biologiques
.
Les athlètes [de sexe biologiquement féminin] doivent se battre, vous savez, souvent deux ou trois fois plus dur pour obtenir la même reconnaissance [que les hommes]
, dit-elle. Ce n’est pas une attaque contre les personnes trans, mais plutôt une façon de rendre le sport accessible et sécuritaire pour tout le monde
.politique de la peur
sur l'équité dans le sport et sur la croyance erronée qui veut que les femmes transgenres bénéficient d'un avantage compétitif.Au lieu de l'équité dans l'athlétisme, l'interdiction favorisera la discrimination, le harcèlement, la peur et les faux défis
, estime Florence Ashley.
Des divisions mixtes
Dans la communauté du hockey, je peux compter sur les doigts d'une main le nombre d'athlètes transgenres. [Le gouvernement] se donne tout ce mal pour une loi qui touchera une poignée de personnes
, explique-t-elle.Je sais qu’il y a d’autres sports, mais pour le hockey, nous ne sommes définitivement pas assez nombreuses pour former une ligue à part
, ajoute-t-elle.
Advertising by Adpathway









