La taurine n’est pas un biomarqueur fiable du vieillissement, tranche une étude
Elle ne sera finalement pas la fontaine de jouvence que plusieurs chercheurs et vendeurs de suppléments espéraient : les résultats d’une étude longitudinale publiée dans la revue Science (nouvelle fenêtre) (en anglais) montrent que la taurine n'est pas un biomarqueur fiable du vieillissement. Des travaux publiés en 2023 – qui avaient fait grand bruit à l’époque – montraient que la concentration de taurine dans le sang diminue avec l’âge chez les souris, les singes et les humains. Les auteurs affirmaient aussi que des singes et des souris à qui on avait donné de la taurine vivaient plus longtemps et en meilleure santé. Modèle moléculaire de la taurine, un additif couramment utilisé dans les boissons énergisantes. Elle se trouve naturellement dans la viande, le poisson et les fruits de mer. Photo : iStock / theasis Or, les travaux de l’équipe du NIA n’arrivent pas aux mêmes conclusions, bien au contraire. Nos analyses indiquent que les niveaux de taurine restent stables ou même augmentent du jeune âge adulte jusqu'au décès de l'individu. Cette constatation est complètement différente de ce que l'article de 2023 rapportait. De plus, les chercheurs ont constaté une forte variation des niveaux de taurine entre les personnes. Nos résultats vont contre le dogme actuel qui dit que la taurine diminue avec l'âge, entraînant des problèmes chroniques de vieillissement qui pourraient être résolus par une supplémentation en taurine. Dans son étude, l’équipe du NIA a eu recours aux dossiers de certains participants d’une étude longitudinale sur le vieillissement menée sur des humains (la Baltimore Longitudinal Study on Aging). Elle a aussi utilisé les données physiologiques et biologiques de singes et de souris recueillies régulièrement pendant plusieurs années, ce qui contraste avec les analyses de 2023 réalisées sur de courtes durées et qui se concentraient sur des animaux jeunes adultes, et non sur des animaux âgés. Certaines personnes consomment des boissons énergétiques ou d'autres suppléments contenant de la taurine pour améliorer leur masse musculaire. Cet aspect n’est pas l’objet des présents travaux. Ces résultats permettent d’établir que la taurine n'est pas un marqueur fiable du vieillissement, ce qui permet d’écarter la prise de suppléments Cette information est essentielle pour Michel Bernier, qui explique que les personnes âgées prennent souvent plusieurs médicaments. L'introduction de suppléments comme la taurine peut provoquer une conjugaison d’effets avec d'autres molécules dans le foie et pourrait amplifier ou inhiber les effets des médicaments prescrits pour des problèmes cardiaques ou la tension artérielle. Le chercheur rappelle l’importance de consulter un médecin ou un pharmacien avant d’ajouter un élément qui pourrait interagir avec sa médication. Michel Bernier souligne que Quoi qu’il en soit, la recherche sur la taurine va se poursuivre. Un essai clinique initié par l'auteur principal de l'article de 2023 est en préparation. Une telle étude doit impliquer un très grand nombre de participants pour investiguer adéquatement les bénéfices ou les effets indésirables à travers divers groupes (par exemple, les individus souffrant d'hypertension artérielle, de diabète). Le chercheur Bernier souligne l'importance de toutes les études réalisées sur la taurine, même si parfois leurs résultats se contredisent. La science est un processus évolutif où les résultats sont publiés, répliqués et parfois contredits, menant à une meilleure compréhension d’un sujet. Et, selon lui, ce processus a conduit à la clarification actuelle selon laquelle la taurine n'est pas un biomarqueur du vieillissement, Le potentiel de la taurine à servir de biomarqueur ou de modulateur du vieillissement a fait l'objet de plusieurs recherches
, rappelle le biochimiste et pharmacologiste Michel Bernier, de l’Institut américain sur le vieillissement (NIA), qui a participé à la recherche.
Un mythe déboulonné
Cette différence est bien plus significative que tout changement au sein de la trajectoire de vieillissement d'un individu
, remarque Michel Bernier.Des données
béton
Notre base de données est très solide pour réaliser des analyses statistiques robustes
, note le chercheur qui travaille au NIA depuis 35 ans.Le danger de la polymédication
pour vivre plus vieux
.Des signatures du vieillissement
le corps humain est une machine chimique complexe
et qu'un biomarqueur fiable du vieillissement sera probablement « une combinaison de plusieurs marqueurs plutôt qu'un seul pourrait être nécessaire pour déterminer si quelqu'un vieillit plus lentement ou plus rapidement que son âge chronologique.ce qui contribue à faire avancer la recherche future
.
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