Début du chantier pour mettre en valeur les maisons des expropriés de Forillon
Le parc national Forillon a lancé les travaux de conservation de la première de quatre maisons patrimoniales dans le secteur de Grande-Grave, témoins de la présence des familles expropriées pour créer le parc national en 1970. Mais pour des raisons de sécurité, la grange de cette propriété a dû être déconstruite, même si elle faisait partie des bâtiments patrimoniaux visés par ces travaux dont le budget de près de 10 millions de dollars a été annoncé en 2022. La Maison Joseph-Gavey a été construite en 1867. Elle est l'une des quatre maisons de Grande-Grave reconnues pour leur importance historique, rappelant la présence des familles expropriées pour créer le premier parc fédéral en sol québécois. Les Gavey étaient l’une des plus vieilles familles à habiter Grande-Grave. Les maisons Elias-Gavey et Daniel-Gavey font partie des autres bâtiments qui doivent normalement être restaurés et mis en valeur. La Maison Joseph-Gavey sera entièrement restaurée et les touristes pourront y être hébergés afin de vivre une immersion dans l’histoire gaspésienne. Le directeur du parc national Forillon, Mathieu Côté, explique que les travaux de restauration de la Maison Joseph-Gavey prévoient l'aménagement d'un dôme au-dessus du bâtiment pour y travailler beau temps mauvais temps. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Mais je dis souvent que c'est avant tout un projet de relation avec le regroupement des expropriés et les familles qui ont été expropriées. En 2022, quand Ottawa a confirmé un budget de 9,8 millions de dollars, le plan était de préserver 12 bâtiments, soit 4 maisons et 8 dépendances agricoles. Mais la grange Joseph-Gavey a dû être déconstruite, avec l'accord des familles expropriées, assure la direction. Le premier plan d’interprétation de Grande-Grave de 1976 présentait un projet ambitieux de village animé et prévoyait des investissements de 2 millions de dollars. L’historien et président de Patrimoine Gaspésie, Jean-Marie Fallu, était à l’époque employé du parc et a travaillé sur ce plan. Un exemplaire du premier plan d'interprétation présenté par la direction du parc national Forillon en 1976. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Finalement, le budget a été limité et la direction du parc a décidé de mettre en valeur et de restaurer uniquement le Magasin général Hyman, la Maison Blanchette et plus tard la Maison Dolbel-Roberts. Des travaux sont aussi en cours sur le Magasin général Hyman. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat L’historien reconnaît les efforts de Parcs Canada ces dernières années pour préserver le patrimoine bâti, mais il dénonce que la grange Joseph-Gavey, comme d'autres bâtiments du parc, ait fait les frais d'un laisser-aller depuis 55 ans. Voyez-vous à l'époque, c'était prévu dans le plan que tous les bâtiments d'intérêt patrimonial devaient être préservés et qu'il devait y avoir un programme d'entretien. C'est pour cela que ça me surprend et que ça me désole d'apprendre que la grange Joseph-Gavey est en mauvais état. Jean-Marie Fallu est président de Patrimoine Gaspésie. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Si les rigoureux hivers gaspésiens ont pesé dans la balance, la direction du parc reconnaît que le manque de mise en valeur de certains bâtiments a accéléré leur détérioration. Les changements climatiques influencent la conservation du patrimoine bâti, mais on ne se cachera pas que le non-entretien, la non-vocation de ces bâtiments-là durant plus de 50 ans a aussi contribué à leur détérioration. La Maison Dolbel-Roberts a été construite en 1915 et est l'une des rares à avoir été épargnée de la démolition pour créer le parc national Forillon en 1970. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Si la direction du parc avance que le hangar Joseph-Gavé sera reconstruit pour en faire un bâtiment technique pour les employés de Forillon, des choix difficiles devront être faits avec les fonds alloués en 2022. Si bien que maintenant, le budget de près de 10 millions de dollars annoncé il y a trois ans pourrait être insuffisant pour compléter le plan de préservation. De son côté, Jean-Marie Fallu reconnaît que la préservation du patrimoine dépend avant tout d’une volonté politique. Le Canada, rappelle-t-il, est le seul pays du G7 à ne pas avoir de politique fédérale sur la préservation du patrimoine. Le chantier pour restaurer le revêtement et l'intérieur de la Maison Joseph-Gavey se poursuivra cet été durant la saison touristique avant de prendre une pause l’hiver prochain. La direction de Forillon prévoit que les travaux seront réalisés à l’été 2026.C'est un projet de conservation du patrimoine et c'est aussi un projet de mise en valeur de l'expérience du visiteur parce qu’on va en faire de l'hébergement patrimonial
, explique Mathieu Côté, le directeur du parc national Forillon. 
Un projet ambitieux, qui a été limité
Ça n'a pas été une décision facile, mais on en est arrivé à la meilleure décision, dans les circonstances
, explique le directeur du parc national. On s’est engagés à garder le plus de matériaux possible pour reconstruire le bâtiment éventuellement et pour le remettre dans le paysage
, ajoute Mathieu Côté.
À l’époque, ce qui était prévu, c’est qu’on amène les familles, les enfants dans la grange Joseph-Gavey pour sentir le foin et découvrir ce qu’était la vie agricole à Grande-Grave
, explique M. Fallu.


Des choix difficiles
Si on avait un budget illimité, ça serait peut-être plus facile, mais il faut faire des choix et c’est pour ça qu’on a à se positionner sur l’ensemble du reste des dépendances
, analyse Mathieu Côté. Même si le projet comprenait l’ensemble des maisons et des dépendances, ça reste que les maisons ont toujours été la priorité.
Ce sont des fonds publics, on essaie de les gérer du mieux possible, mais pour la suite des choses, on n'a pas de certitudes. Ce budget-là nous permet certainement de sécuriser deux des quatre maisons
, explique le directeur du parc.Il faut qu'il y ait de l'intérêt, par exemple je ne sais pas qui au niveau politique a décidé, ces dernières années, de mettre de l'argent dans ces maisons-là à Forillon, mais ça n'avait pas été fait et ça aurait pu être fait plus tôt et ça aurait coûté moins cher. Alors, il y a comme une décision politique et une décision financière qui dictent la préservation du patrimoine
, constate l’historien.
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