Claude Roussel, pionnier des arts visuels en Acadie, n’est plus
Bâtisseur de l’art contemporain en Acadie, l’artiste Claude Roussel s’est éteint mercredi soir, à l'âge de 94 ans. Né à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, en 1930, Claude Roussel démontre un intérêt marqué pour la sculpture dès l’enfance. Diplômé à l’École des beaux-arts de Montréal au début des années 1950, Claude Roussel fait une découverte déterminante en Europe, une décennie plus tard. Grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, son séjour lui permet de découvrir l'architecture et les arts en Angleterre, en France et en Italie. Un bagage qui marque sa trajectoire. De retour au pays, il devient le premier sculpteur contemporain à enseigner l’Art dans les écoles francophones du Nouveau-Brunswick. Au début des années 1960, Claude Roussel devient artiste résident à l'Université de Moncton. C’est là qu’il met sur pied le département des arts visuels et la galerie d'art de l'Université de Moncton, en 1965, créant ainsi un lieu pour des générations d’artistes en Acadie. Il poursuit une longue carrière de professeur à l’Université de Moncton jusqu'à sa retraite, en 1992. En parallèle, il compte à son actif environ 60 expositions individuelles et 140 expositions collectives. Pour l'artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson et ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Claude Roussel fait partie de la première génération d’artistes acadiens contemporains Claude Roussel et son œuvre intitulée « L’aigle ». Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau Connu pour ses œuvres monumentales, Claude Roussel laisse derrière lui plusieurs sculptures publiques au Canada, mais aussi à l’étranger. « Monument Père Clément-Cormier », sculpture en bronze et granite, 1990, collection de l'Université de Moncton. Photo : Mathieu Léger, 2005 Dans les rues de Moncton, on retrouve entre autres le Monument Père Clément-Cormier (1990), en l'honneur du fondateur de l'Université de Moncton, et le Monument Moncton 100 (1990), soulignant le centenaire de la ville. Pour la mairesse Paulette Thériault, qui était alors conseillère de la Ville de Moncton, Claude Roussel a grandement contribué au rayonnement de la Ville avec des œuvres qui Claude Roussel a créé une sculpture de Jésus qui est suspendue dans la voûte de l'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs d'Edmundston. Photo : Gracieuseté Roland Picard En entrevue au Téléjournal Acadie, le sculpteur s'est dit touché de l'hommage qui lui a été rendu à Edmundston pour sa contribution au patrimoine religieux de sa ville natale en 2021. Parmi les marques de reconnaissance, l’artiste visuel est nommé chevalier de l’Ordre de la Pléiade (1972). Il est fait membre de l’Ordre du Canada (1984) et de l’Ordre du Nouveau-Brunswick (2002). Il est le lauréat du Prix du Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick (2005) pour l'œuvre de toute une vie. Une fresque représentant Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est une œuvre collaborative entre Claude Roussel et Claude Picard. Photo : Radio-Canada Pour celui qui s’est impliqué dans son milieu dès les premiers jours, le constat qu’il fait de la réalité d’être artiste est sans équivoque : À la retraite, c’est dans un endroit paisible à Cap-Pelé, au Nouveau-Brunswick, qu’il consacre tout son temps à sa production artistique. Avec ses 90 ans bien sonnés, l'artiste a continué de commenter l’actualité à travers son art. Il crée, en pleine pandémie de la COVID-19, une nouvelle sculpture appelée L’ange anti-COVID, faite à partir de différents matériaux. Carmen Gibbs, directrice générale de l'Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Elle explique que Claude Roussel est sûrement l’artiste qui a le plus marqué le milieu des arts visuels en Acadie dans une période où tout était à faire. Pour Herménégilde Chiasson, poète, dramaturge, peintre et ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Claude Roussel était un artiste Herménégilde Chiasson, artiste et ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Michel Nogue L’artiste visuel Luc Charette, aussi d’Edmundston, affirme que Claude Roussel a été une Le monument en mémoire des 35 pêcheurs morts au large d'Escuminac en juin 1959 a été réalisé par Claude Roussel. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond Parmi ses nombreuses œuvres reconnues, Claude Roussel a sculpté le monument en mémoire des 35 pêcheurs d’Escuminac, morts lors d’une terrible tempête en 1959. Pour Janice Daigle, fille de l’un de ces pêcheurs, cette sculpture est un Avec les informations de Rachel Gauvin et de l’émission L’heure de pointe Artiste dès l’enfance
L'avancement des arts en Acadie
protagoniste d’une modernité
laissant une œuvre constamment marquée par une recherche diversifiée, où les matériaux et les courants esthétiques tiennent toujours une grande place.

Sculptures imposantes

honorent notre espace urbain
. 
Je suis très touché de voir qu'on réalise que c'est quelque chose de spécial
, dit-il.Distinctions
J’ai réalisé que je devais faire ma part pour essayer de remplir ce grand vide culturel - spécialement en arts visuels - qui a été provoqué par la traumatisante histoire de l’Acadie
, disait-il lors de la cérémonie du Prix du Lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick en 2005.
il serait normal que les artistes ne soient pas seulement considérés comme des amuseurs publics qui vivent de l’air du temps et de la poésie. Il leur faut des ressources financières et des conditions de travail qu’ils méritent. C’est une ressource naturelle qui, avec l’élan que nous avons, n’est pas en voie de disparition.
Retraite productive
C'est une question de fierté pour moi d'avoir travaillé à essayer d'avoir quelque chose de contemporain, d'exclusif, qui était aussi acceptable pour le goût des personnes. Mais c'était carrément nouveau et à ce moment-là, il y avait moins d'enthousiasme qu'il y en a aujourd'hui
, disait Claude Roussel.Tristesse et remerciements
C'est un jour triste
, lance Carmen Gibbs, directrice générale de l’AAAPNB. Il a tellement contribué à l’art contemporain en Acadie, on lui doit tellement.

Un artiste d’une grande humanité, d’une grande solidarité envers les siens, envers l’Acadie
, ajoute-t-elle. Il se préoccupait du sort des artistes aujourd’hui, même si lui, sa carrière était établie.
qui a touché beaucoup de gens
, par sa diversité et son éclectisme.
C’est quelqu’un pour qui j’avais et j’ai toujours énormément d’estime, par la volonté, la générosité qu’il avait. Il était très conscient que pour arriver à faire une œuvre dans un milieu comme l’Acadie, il faut vraiment se tenir ensemble.
révélation
pour lui, celui qui lui a donné la piqûre pour les arts alors qu’il lui a enseigné. Son legs est énorme pour les artistes acadiens, croit-il.C’est lui qui a ouvert la voie à toutes les différentes branches du domaine des arts visuels.

honneur
pour Baie-Saint-Anne, une œuvre qui a touché la communauté.C’est un symbole, et c’est une place qu’on peut aller, regarder, penser, c’est très symbolique, c’est patrimonial.
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