Des tournées de moins en moins payantes pour les artistes québécois
Pour les musiciens du Québec, partir en tournée n'est pas aussi rentable qu’avant : les équipes et les déplacements coûtent cher, et les billets en salle sont plus difficiles à vendre. Certains d'entre eux font malgré tout le pari d'investir dans des tournées à grand déploiement; d'autres choisissent plutôt d’écourter leur itinéraire. L'autrice-compositrice-interprète québécoise Virginie B lance cet été sa première tournée en festivals. Elle passera entre autres par Québec, Tadoussac, Saguenay et Baie-Saint-Paul. C’est l’occasion pour elle de faire connaître son deuxième album hyperpop, Astral 2000, paru en septembre dernier. Pour se faire découvrir, l’artiste originaire de Sherbrooke a l’intention de mettre tout en œuvre pour ses spectacles qui commenceront en juin. Elle veut avant tout offrir au public une expérience unique, même si ce n’est pas payant à court terme. Virginie B. Photo : Andy Jon En février dernier à Tout le monde en parle, la chanteuse Lou-Adriane Cassidy a aussi évoqué les défis de présenter partout dans la province des spectacles ambitieux avec de grandes équipes. Selon Simon Fauteux, président de l’agence SIX média marketing, rares sont les artistes québécois qui, comme Ariane Moffat, Louis-Jean Cormier et Daniel Bélanger, sont capables de faire des tournées dans tout le Québec. Simon Fauteux est agent d'artistes comme Daniel Bélanger, FouKi et Mike Clay. Photo : Simon Fauteux Autrefois, les artistes pouvaient compter sur les entreprises de disque qui les aidaient à financer leurs déplacements pour mousser les ventes de CD. Aujourd’hui, pour que les tournées soient rentables, plusieurs artistes font le choix de raccourcir leur itinéraire, explique Maxime Lalanne, vice-président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec. Les artistes qui font le choix Le reportage de Charlotte Dumoulin. Le Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), qui propose une programmation pour des salles de spectacle entre autres situées aux Îles-de-la Madeleine, en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent, compose avec cette réalité depuis quelques années. En 2019, son circuit d’été se composait de plus de 230 spectacles. Pour la prochaine saison estivale, il n’y en aura que 170. L’une des explications, d’après lui, est que certains artistes préfèrent se tourner vers les festivals. Les cachets qu’ils y reçoivent sont beaucoup plus importants que ceux donnés par les salles de spectacles. L’agent croit qu’à l’avenir, les artistes devraient partir en tournée en paires, ce qui permettrait de partager les coûts de production.Tu prends vraiment beaucoup, beaucoup de chances en investissant dans une tournée, et je ne sais pas nécessairement si tu vois tout de suite les résultats. C’est beaucoup, beaucoup d’argent de partir en tournée au Québec
, reconnaît l’artiste.
Malheureusement, les réalités de la tournée québécoise ne permettent pas de trainer huit musiciens, une scénographie, un éclairage et que ce soit viable
, a-t-elle dit sur le plateau de l’émission.La circulation artistique en baisse

de partir avec une plus grosse équipe pour aller faire deux ou trois shows en Abitibi, en Gaspésie, sur la Côte-Nord
, en reviennent parfois déficitaires, ajoute-t-il.
Il y a beaucoup d’artistes qui ne déposent pas leur candidature, [dont] des artistes populaires
, constate Frédéric Lagacé, président du ROSEQ.Un seul cachet de festival peut représenter trois ou quatre spectacles en salle dans le ROSEQ
, souligne-t-il. Surtout qu'en plus, ajoute Simon Fauteux, vendre des billets, c’est sportif
.Moi je serais tout à fait partant qu'il y ait des tournées de deux artistes connus, [qu’ils] fassent ça ensemble. Ils le font en Europe
, dit-il.
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