L’achat de billets à la dernière minute, le cauchemar des festivals
Tenir un festival est de plus en plus difficile, déplorent des organisateurs. Les participants achètent davantage leurs billets d’entrée à la dernière minute, alors que les événements se multiplient. Le Festival du texte court de Sherbrooke a démarré jeudi, mais la veille encore, peu de billets étaient vendus. Sophie Jeukens, qui organise l’événement destiné aux amateurs de littérature et de slam depuis 19 ans, a vécu Sophie Jeukens, organisatrice du Festival du texte court de Sherbrooke, qui se déroule à plusieurs endroits, comme à la Maison des arts de la parole Photo : Radio-Canada / Capture d'écran Jusqu’à la dernière minute, elle s’est demandé si elle avait besoin de faire davantage de promotion. Elle aimerait plus de prévisibilité pour s'éviter un casse-tête organisationnel. J’aimerais juste savoir si ça va bien se passer. Est-ce que je peux entrer dans cet événement-là en paix en faisant ce que j’ai à faire ou est-ce que ça va être un quatre jours de cauchemars? Le Festibière de Sherbrooke, qui se tenait du 22 au 24 mai au parc Victoria, constate la même tendance. Le Festibière de Sherbrooke se tenait au parc Victoria, du 22 au 24 mai. Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau Le défi devient de plus en plus grand pour les organisateurs des festivals, dont le nombre a doublé au Québec depuis 2018, selon la directrice de la Fête du Lac des Nations, Cindy Trottier. Cindy Trottier rappelle à la population qu’il ne faut jamais tenir pour acquis leurs rendez-vous culturels chouchous. La grande scène Loto Québec de la Fête du Lac des Nations à Sherbrooke, l'été dernier. Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette Deux festivals ont annulé leur édition 2025 dans les derniers jours, au Québec. Le Gros Gras, dans les Laurentides, et le Shred Fest, en Beauce. Malgré les difficultés, le Festival du texte court de Sherbrooke, lui, est là pour rester. « Je pense qu'à chaque fois, je me dis que ça va être notre dernier, confie Sophie Jeukens. Mais on finit le festival et on réalise que ça a été encore une fois magique et qu'on a envie d'en faire un autre. » Un texte de Laurence Trahanune frousse
, un moment d’anxiété
qui l’a poussée à lancer un cri du cœur sur les réseaux sociaux pour sensibiliser le public.Quand les billetteries décollent pas, c'est juste impossible pour les organisateurs et les organisatrices de savoir si y'aura du monde aux shows - qui attendent le tout dernier moment pour se décider - ou si y aura juste personne
, avait-elle fait valoir.
Même constat au Festibière
Les gens achètent à la dernière minute, ils veulent être sûrs de la météo, on les comprend très bien
, indique Alexandra Bolduc, directrice des communications et du marketing.Ça nous permet un peu moins de planifier en avance, mais on s’adapte très bien
, ajoute-t-elle. Parmi les stratégies adoptées par le festival : rassembler d’importantes têtes d’affiche dans sa programmation.
En ayant des artistes comme Kaïn et Clay and Friends, on sait qu’ils vont attirer des foules quand même. Même s’il mouille, ça nous donne une petite chance.
Reste que cette année, aucun record d’achalandage n’a été constaté en raison des précipitations.Davantage de festivals
Les subventions n’augmentent pas, certaines stagnent. Au niveau des partenaires, parfois ils sont plus frileux, vu l’incertitude économique ces temps-ci. C’est un ensemble de choses qui commencent à titiller plusieurs de mes collègues.
La plupart des événements, ce sont des organismes à but non lucratif. On ne peut pas exister si les gens ne sont pas là.

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