Plonger dans l’ADN du fleuve Saint-Laurent
La population est invitée à participer à un projet de science participative sur la biodiversité du Saint-Laurent d’ici fin août au Bas-Saint-Laurent et sur la côte nord du fleuve. Le projet s’intitule code Béluga, puisque le mammifère est au cœur de cette étude. Le vent et les vagues fouettent la grève de l’anse à Wilson ce vendredi matin au parc national du Bic. Mais qu’importe, une poignée d’éducateurs scientifiques et quelques citoyens s’en donnent à cœur joie pour récolter des échantillons d’eau du fleuve Saint-Laurent. Espace pour la vie, un grand complexe muséal de sciences et nature à Montréal qui comprend le Biodôme et Génome Québec, qui gère des projets de recherche en génétique, organisent jusqu’à la fin du mois d’août l'activité de science participative pour mieux comprendre l’état de la biodiversité dans l'estuaire du Saint-Laurent. Le projet vise à mieux connaître la chaîne alimentaire du béluga. « Notre projet, c'est une pierre de plus dans le gros travail qui se fait déjà autour du béluga », affirme Nicolas Gruyer, le directeur du Biodôme. Photo : Radio-Canada Il s’agit de procéder à des prélèvements d’eau du fleuve dont l’ADN environnemental sera par la suite séquencé et analysé. Le directeur s’attend donc à retrouver toutes sortes de composantes dans l’eau recueillie, qu’il s’agisse de poissons, mollusques, crustacés, végétaux… L'objectif est de mieux connaître tous les organismes présents dans l'estuaire ou sur le site d'échantillonnage et finalement qui font partie de l'habitat du béluga. Pour procéder à cet échantillonnage, 50 prélèvements d’eau par jour et par site sont effectués. La mission s’étend sur quatre lieux ciblés, car jugés propices à la présence du mammifère marin, soit La Malbaie, Cacouna, Tadoussac et Rimouski. Les éducateurs scientifiques viendront dans chaque site à trois reprises, en mai, juillet et août. Des prélèvements d'eau sont effectués à l'anse à Wilson au Parc du Bic. Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs La population est invitée à participer à cette activité scientifique. Les opérations de prélèvement se déroulent dans la bonne humeur, mais la rigueur scientifique est de mise. Les citoyens doivent enfiler des gants avant de manipuler les contenants qui vont recueillir l’eau. Les données, une fois analysées, seront d'ailleurs mises à la disposition des chercheurs qui travaillent sur la compréhension du mode de vie du béluga. À l'issue du projet, quelque 600 échantillons d'eau du fleuve Saint-Laurent auront été prélevés et analysés. Photo : Radio-Canada / Fabienne Tercaefs Johanne Ladner manipule justement son échantillon d’eau avec précaution. Elle doit faire passer l’eau du fleuve collectée dans un petit filtre qui va emprisonner les particules d’ADN. Le filtre sera ensuite séché puis glissé dans un sac hermétique pour être envoyé au laboratoire d’analyse. Son amie Linda Dawson l’accompagne et elle est ravie de l’expérience. Des séances d’échantillonnage sont organisées avec des élèves de primaire et de secondaire proches des sites visités. Le projet de recherche est aussi un projet de sensibilisation. Les thèmes scientifiques comme l’échantillonnage, l’ADN et la rigueur méthodologique sont abordés avec un espoir pour les organisateurs du projet code Béluga.C’est très intéressant, c’est comme une mini aventure
, s’exclame Johanne Ladner, une citoyenne venue au parc du Bic pour randonner avec une amie et qui s’est laissée happer par l’activité proposée.
C’est une technique très puissante l’ADN environnemental. C'est une technique non invasive qui permet d'avoir une photo de tous les organismes présents au moment où on prend un échantillon
, décrypte Nicolas Gruyer, directeur du Biodôme. et pourquoi pas de l’ADN de vaches ou de porc, étant donné qu’il y a eu de l’épandage de fumier et qu’il a eu beaucoup de pluie
, s’amuse Nicolas Gruyer. 
Sensibiliser la population
Les gens sont surpris. Ils participent vraiment à une réelle expérience. Ils vont prendre de vrais échantillons qui vont servir pour la science et la recherche
, explique Nicolas Gruyer.
Si on peut participer à des recherches sur les bélugas, c’est bien cool!
, assure la randonneuse. Quand est-ce qu’on a l’occasion de faire ça? Jamais ! Alors, pourquoi ne pas participer? On a l’impression de faire notre part
, déclare la dame, satisfaite. Pourquoi ne pas initier des vocations pour les jeunes qui vont tester l'activité?
, conclut le directeur du Biodôme.
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