Nétanyahou accuse Carney, Macron et Starmer de soutenir le Hamas
Dans une longue déclaration publiée sur X, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou accuse le Canada, mais aussi la France et le Royaume-Uni, de soutenir le Hamas en appelant l’État hébreu à mettre fin à sa guerre contre le mouvement palestinien dans la bande de Gaza.
Lundi, le premier ministre Mark Carney a publié un communiqué conjoint avec son homologue britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, pour dénoncer les actions scandaleuses
du gouvernement Nétanyahou à Gaza, où la population est privée d’aide humanitaire depuis des semaines.
Les trois dirigeants menacent par ailleurs de mettre en œuvre des mesures concrètes
, brandissant le spectre de sanctions ciblées
si Israël ne met pas fin à son offensive militaire dans le territoire dévasté par plus de 19 mois de guerre. Ils soulignent également leur détermination
de reconnaître un État palestinien, tout en affirmant le droit d’Israël de se défendre
et en appelant le Hamas à libérer les otages qu’il détient toujours à Gaza.

Des Palestiniens essaient d'obtenir de la nourriture dans le nord de la bande de Gaza, le 15 mai 2025.
Photo : Getty Images / AFP / Bashar Taleb
Lors de leur attaque sur le sol israélien du 7 octobre 2023, plusieurs groupes armés palestiniens, menés par le Hamas, ont enlevé 251 personnes. Selon l’armée israélienne, quelque 50 otages sont toujours détenus dans la bande de Gaza, dont une vingtaine seraient encore en vie.
Dans une vidéo de près de huit minutes, M. Nétanyahou accuse MM. Carney, Starmer et Macron de vouloir créer un État palestinien pour récompenser ces meurtriers avec le prix ultime
, en référence au Hamas.
Ils veulent qu'Israël baisse les bras et accepte que l'armée de meurtriers de masse du Hamas survive, se réorganise et recommence encore et encore le massacre du 7 octobre
, dit encore M. Nétanyahou. Ces trois dirigeants ont dit en réalité qu'ils veulent que le Hamas reste au pouvoir.
Ils pensent peut-être qu'ils font avancer la paix. Mais non. Ils sont en train d'encourager le Hamas à continuer de se battre pour toujours
et ils leur donnent l'espoir d'établir un deuxième État palestinien à partir duquel le Hamas cherchera une nouvelle fois à détruire l'État juif
, ajoute-t-il.
Je dis au président Macron, au premier ministre Carney et au premier ministre Starmer : lorsque des meurtriers de masse [...] vous remercient, vous êtes du mauvais côté de la justice. Vous êtes du mauvais côté de l'humanité et du mauvais côté de l'histoire
, martèle le dirigeant israélien.
Plus de 140 pays membres des Nations unies ont déjà reconnu l’existence d’un État palestinien. Le Canada affirme depuis des années être disposé à faire de même dans le cadre d’une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien si le futur État palestinien fait preuve de bonne gouvernance et que le Hamas ne fait plus partie de l'équation.

Des Palestiniens courent se mettre à l'abri alors qu'une frappe israélienne touche Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 15 mai 2025.
Photo : Getty Images / BASHAR TALEB / AFP
La diatribe du premier ministre israélien contre le Canada, la France et le Royaume-Uni intervient au moment où la tension est de plus en plus exacerbée entre la communauté internationale et l’État hébreu en raison de l’intensification de la guerre qui a fait plus de 53 000 morts côté palestinien, selon le ministère de la Santé de la bande de Gaza.
Du côté d'Israël, l'attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1218 personnes en un seul jour, selon les autorités israéliennes.
Depuis le déclenchement de la guerre, plusieurs incidents visant la communauté juive ont été recensés en Europe et en Amérique du Nord, y compris au Canada.
Mercredi soir, une fusillade a coûté la vie à deux employés de l'ambassade d'Israël à Washington.

Un policier accompagné d'un chien pisteur arrive devant l'ambassade israélienne à Washington, à la suite d'une fusillade qui a fait deux morts parmi les employés de l'ambassade, jeudi. Le tireur a scandé des slogans propalestiniens lors de son arrestation.
Photo : Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI (AFP)
Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires de la diaspora d'Israël, Amichai Chikli, a lié cette attaque au haussement de ton du Canada, du Royaume-Uni et de la France, plus tôt cette semaine.
Nous devons demander des comptes aux dirigeants irresponsables de l'Occident qui soutiennent cette haine, que ce soit par l'apaisement, le double standard ou le silence
, a-t-il écrit sur X.
Le président français Emmanuel Macron, le premier ministre britannique Keir Starmer et le premier ministre canadien Mark Carney ont tous, de différentes manières, encouragé les forces de la terreur en ne traçant pas de lignes rouges morales. Cette lâcheté a un prix, et ce prix se paie en sang juif.
Sur X, le premier ministre Carney s'est dit bouleversé et consterné
par cette attaque, dénonçant un acte violent d'antisémitisme
.
Il s'agit d'une attaque ciblée contre la communauté juive
, a écrit M. Carney. Cette haine est intolérable, et je la condamne avec la plus grande fermeté
, a-t-il poursuivi.
La veille, un incident visant des diplomates canadiens en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, a suscité un tollé à Ottawa. La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a convoqué l’ambassadeur d’Israël pour dénoncer des tirs de l’armée israélienne ayant visé une délégation de 31 diplomates, dont quatre Canadiens, qui effectuait une visite officielle à Jénine, en Cisjordanie.
Le Canada a aussi réclamé l’ouverture d’une enquête sur cet incident qui n’a fait aucun blessé et a réclamé que les responsables des tirs soient tenus responsables.
L’armée israélienne, qui a présenté des excuses après cet incident, a affirmé avoir lancé des tirs de sommation
en direction des diplomates qui, selon elle, avaient dévié du chemin préapprouvé.
Avec les informations de Agence France-Presse
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