Le cinquième cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien s’annonce tendu
Le prochain cycle de pourparlers entre les États-Unis et l'Iran sur le programme nucléaire iranien se tiendra vendredi à Rome, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie omanaise, médiateur dans les discussions entre Washington et Téhéran, qui a confirmé ces pourparlers. Cette nouvelle phase de discussion survient dans un climat tendu entre les États-Unis et la République islamique d’Iran avec une succession de déclarations des responsables des deux pays qui détonnent avec celles des premiers pourparlers qualifiés de « sérieux » et « encourageants » par les deux parties. La semaine dernière lors de sa tournée dans les monarchies du golfe Persique, le président américain Donald Trump a même déclaré que les deux pays se rapprochaient de « la conclusion d’un accord ». Cette déclaration optimiste a d’ailleurs fait baisser les cours du pétrole. Mais il y a quelques jours, le négociateur américain Steve Witkoff a déclaré que la Ce qui tranche avec les déclarations précédentes de l’envoyé spécial de M. Trump au Moyen-Orient. Plus tôt cette année, M. Witkoff avait affirmé que Washington accepterait que Téhéran conserve une capacité d’enrichissement limitée. De son côté, l’Iran, qui défend le droit au nucléaire civil, considère la doléance américaine comme une ligne rouge, contraire aux dispositions du traité de non-prolifération (TNP) dont l'Iran est signataire. L'ayatollah Ali Khamenei à Téhéran le 20 mai 2025 lors de la commémoration du premier anniversaire de la mort du président iranien Ibrahim Raïssi dans un accident d'hélicoptère. Photo : via reuters / Bureau du guide suprême Mardi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a fait part de son scepticisme quant à l'issue de ces pourparlers. Dimanche, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les négociations pour l'Iran, a affirmé que son pays continuerait à enrichir de l'uranium Les négociateurs américains devraient s'abstenir de Lors d’une conférence de presse mercredi, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré qu’il espérait que Washington pourrait parvenir à Le premier ministre Benyamin Nétanyahou à la Maison-Blanche (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Kevin Dietsch Le 28 avril dernier, M. Nétanyahou a appelé au démantèlement total du programme nucléaire iranien. Selon lui, un accord avec l’Iran devrait s’inspirer de celui conclu avec la Libye en 2003 en vertu duquel l’ensemble du programme libyen avait été démantelé. Citant plusieurs sources du renseignement américain, CNN rapportait mardi qu’Israël se préparait à une attaque contre des installations nucléaires iraniennes, malgré la poursuite des négociations entre Washington et Téhéran. Selon les responsables américains, une telle frappe constituerait une rupture brutale avec le président Donald Trump. Ces responsables estiment qu’une frappe israélienne contre l’Iran risquerait de déclencher un conflit régional plus vaste au Moyen-Orient. Une situation que les États-Unis cherchent à éviter depuis que la guerre à Gaza a exacerbé les tensions à partir de 2023, selon eux. CNN a indiqué que les responsables américains ne savent pas si la décision a été prise ou non par Israël, précisant qu'il existe un profond désaccord au sein de l’administration Trump quant à la probabilité qu'Israël agisse finalement. L'accord multilatéral conclu en 2015 avec l'Iran, prévoyant un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée des sanctions internationales, est devenu de facto caduc à la suite du retrait unilatéral des États-Unis décidé en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. L'accord, qui n’est plus appliqué par aucune partie et qui expire en théorie en octobre 2025, prévoyait la possibilité de rétablir les sanctions internationales si l'Iran ne se conformait pas à ses engagements. Après le retrait des États-Unis de l’accord, l’Iran s’est graduellement affranchi de ses obligations. L'uranium est actuellement enrichi à 60 %, bien au-delà de la limite de 3,67 % fixée par l'accord nucléaire de 2015. Un taux de 90 % est nécessaire pour un usage militaire. Parallèlement aux pourparlers avec les États-Unis, l’Iran mène des discussions avec la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, cosignataires de l’accord de 2018. Avec les informations de Agence France-Presse, Times of israel et CNNligne rouge
de Donald Trump était que l’Iran ne pouvait conserver aucune capacité d’enrichissement de l’uranium.Nous avons une ligne rouge très, très claire, et c’est l’enrichissement. Nous ne pouvons tolérer même 1 % de capacité d’enrichissement
, a déclaré M. Witkoff à la chaîne ABC.L’ayatollah Khamenei sceptique

Nous ne pensons pas que les pourparlers actuels aboutiront à quelque résultat que ce soit
, a-t-il déclaré lors d'un discours à Téhéran, ajoutant que nier le droit de l'Iran à enrichir de l'uranium était une grosse erreur
.avec ou sans accord
avec les États-Unis.dire des bêtises
, a tancé mardi l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur sur les questions stratégiques.Israël réclame un démantèlement total du programme iranien
un accord qui empêchera l'Iran d'enrichir de l'uranium
.Nous espérons [que les États-Unis] pourront parvenir à un accord qui empêchera l'Iran d'obtenir une arme nucléaire. Cela signifie un accord qui empêchera l'Iran d'enrichir de l'uranium.
Si cela est atteint, évidemment, nous saluerons cet accord. Mais en tout état de cause, l'État d'Israël se réserve le droit de se défendre contre un régime qui menace de l'anéantir
, a-t-il ajouté. 
Vous devez démanteler leurs infrastructures nucléaires, et cela signifie […] qu’ils n’auront plus la capacité d’enrichir de l’uranium
, a-t-il déclaré en s’adressant aux Américains.Une attaque israélienne est-elle possible?
Un accord caduc depuis 2018
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