Réparer les rues grâce à l’intelligence artificielle?
Des villes de partout au pays cherchent à devenir plus intelligentes. La Ville de Gatineau a lancé un grand chantier pour analyser, tester et mettre en branle de nouvelles manières d’intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans ses pratiques avec l’objectif d’améliorer le service aux citoyens, d'optimiser le travail de ses fonctionnaires et d'économiser de l’argent. La femme à la tête du service qui gère les projets d’IA à Gatineau parle de ce virage avec un engouement certain. La Ville de Gatineau doit rapidement s'adapter aux changements liés à l'intelligence artificielle, selon sa directrice du Service de la performance organisationnelle et de l'intelligence d'affaires et scientifique. Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize Un premier projet-pilote a récemment été testé dans le but de faciliter la réparation de nids-de-poule. Pour cette opération, des dispositifs fonctionnant avec l’IA ont été installés sur certains véhicules municipaux pour détecter les trous. L’information est envoyée automatiquement dans un système, ce qui permet aux équipes de voir clairement et rapidement où les travaux sont nécessaires. La Ville de Gatineau a utilisé la plateforme CityRover pour son projet-pilote de détection de nids-de-poule par l'intelligence artificielle. Photo : CityRover Puisque l’employé détecte des nids-de-poule tout en faisant son travail habituel, la Ville y voit une occasion d’économiser du temps, de l’essence et de l’argent. Réparer les nids-de-poule grâce à l’IA Photo : Radio-Canada D’autres villes canadiennes se sont tournées vers ce modèle, dont Saint-Jean-sur-Richelieu, Winnipeg et Victoria. Le projet-pilote étant terminé à Gatineau, d’autres recherches seront toutefois nécessaires. La Ville note Les nids-de-poule ne sont qu’un exemple parmi d’autres utilisations potentielles de l’IA par la Ville. Un comité a été créé en décembre pour coordonner les efforts, en collaboration avec le Conseil scientifique de Gatineau. L’administration analyse la possibilité de s’en servir pour mieux gérer les inscriptions aux activités comme les cours de natation et les camps de jour. Par ailleurs, en avril, la Ville s’est jointe à un projet de recherche de l’institut de la résilience et de l’innovation urbaine pour trouver des manières de mieux répondre aux changements climatiques avec l’IA. Ses fonctionnaires pourraient aussi l’utiliser pour traiter les factures de fournisseurs en une fraction du temps. Selon Mme Alves, Depuis un an et demi, bon nombre de municipalités ont aussi amorcé cette transition vers l’intelligence artificielle. Saint-Lin-Laurentides et Nicolet ont récemment conçu un robot conversationnel pour répondre aux questions de résidents sur leur site web 24 heures sur 24. D’autres songent à trouver une manière intelligente de gérer l’éclairage des lampadaires selon la météo, en encore d'accélérer la délivrance de permis. L’Union des municipalités du Québec (UMQ) veut accompagner les villes dans ce virage. Michel Angers est maire de Shawinigan. Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé Si plusieurs grandes villes sont bien avancées, M. Angers remarque qu’il est plus difficile pour les plus petites municipalités de passer à la prochaine étape. C’est pourquoi l’UMQ organisera un colloque à Drummondville au mois de juin pour que les villes échangent leurs idées sur la question. De plus, une vingtaine de municipalités québécoises enverront cet été un représentant à Dunkerque, en France, pour un sommet sur l’IA avec des délégués de partout dans le monde. Ana Flavia Alves sera la porte-parole de Gatineau. Gatineau et l’UMQ veulent se faire rassurants : la protection des données est primordiale. C’est pour cette raison que les villes travaillent sur des directives pour bien encadrer les façons dont leurs employés se servent de l’IA. Il serait important aussi de prioriser des plateformes qui conservent les données uniquement à l’interne, contrairement aux systèmes accessibles à tous. Selon M. Angers, De plus, à leurs yeux, il n’est pas question que l’IA remplace l’humain, mais plutôt qu’elle l’aide à être plus productif. On est emballé. Il y a plein d’opportunités qui se présentent à nous
, confie la directrice du Service de la performance organisationnelle et de l'intelligence d'affaires et scientifique de la Ville, Ana Flavia Alves, en entrevue avec Radio-Canada.

Avant que le citoyen nous appelle pour dire qu’il y a un nid-de-poule, nous sommes nous-mêmes en train de situer où il est
, explique Mme Alves.
que les résultats du projet pilote se sont révélés intéressants, mais que certains aspects restent à approfondir en vue d’une éventuelle intégration de cette technologie aux opérations régulières
.ça fait gagner des sous, parce que cette personne-là va pouvoir travailler sur d’autres choses qui ont plus de valeur ajoutée à la ville
.Grande méconnaissance
des enjeuxL’intelligence artificielle a pris énormément d’ampleur dans le quotidien des citoyens, des citoyennes et évidemment, les municipalités sont aussi au cœur de cette transformation
, constate le maire de Shawinigan et président de la Commission sur l’innovation et la transformation numérique de l’UMQ, Michel Angers.
Ce n’est pas de la méfiance, mais plutôt de la méconnaissance de ce que c’est. Tous les élus municipaux souhaitent améliorer le service, optimiser le service, s’assurer que leurs employés ne sont pas débordés ou surchargés, mais on ne sait pas comment s’y prendre
, note-t-il.J’aimerais aller chercher des occasions ailleurs pour nous aider à mieux performer et à mieux répondre aux besoins du citoyen
, dit-elle.Protection des données et des emplois
il faut s’assurer que les informations qu’on met à l’intérieur de l’intelligence artificielle puissent ne servir qu’à l’utilisation qu’on veut bien en faire, c'est-à-dire répondre le plus adéquatement possible aux citoyens
.On vise vraiment à optimiser le processus et le service aux citoyens, mais l'objectif ne sera jamais de couper les gens
, soutient Mme Alves.
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