Le vrai du faux sur le climat

Oui, parce qu’une part non négligeable des émissions de gaz à effet de serre relève des actions individuelles.
« C’est une addition de comportements individuels qui, au final, vont faire une force collective », soutient Simon Langlois-Bertrand, chercheur à l’Institut de l’énergie Trottier de Polytechnique Montréal.
« Il y a plusieurs méthodes de calcul », dit-il, tout en précisant se fier à l’inventaire national des gaz à effet de serre. Il additionne les émissions du secteur résidentiel et du transport. Ainsi, au Québec, la part des émissions de GES attribuée directement aux individus est de 22 %, un chiffre qui se situe dans la norme canadienne.
À l’échelle nationale, la moyenne est de 14 %, mais celle-ci est fortement influencée par le bilan carbone de l’Alberta. Dans cette province, l’influence des comportements individuels est moindre (7 %) à cause des lourdes émissions générées par l’extraction du pétrole des sables bitumineux.
Les gestes qui comptent
Les actions qui ont la plus grande portée concernent surtout le recours aux énergies fossiles, soit les secteurs des transports (essence) et de l’habitation (chauffage).
Modifier ses habitudes alimentaires est aussi une voie à considérer et cela passe en particulier par une diminution de la consommation de viande. L’influence pourrait être d’autant plus significative si ces habitudes étaient adoptées massivement afin de provoquer une diminution des élevages avec une forte empreinte carbone.
La portée des gestes individuels peut varier d’une personne à l’autre en fonction du style de vie. Selon l’Institut de la statistique du Québec, l’empreinte carbone des ménages les plus riches (au-delà de 150 000 $ de revenus annuels) est trois fois plus élevée que celle des moins fortunés (moins de 22 000 $ de revenus annuels), soit 34,8 tonnes de CO2 par année pour le premier quintile, contre 10,3 tonnes pour le cinquième quintile.
Selon le rapport Faire sa part?, 75 % des efforts pour réduire l’empreinte carbone de la France relèvent du collectif, c’est-à-dire l'État et les entreprises. La recherche montre que les politiques publiques peuvent en outre influencer la portée des actions individuelles.
« Prendre les transports en commun, c'est mieux que la voiture; par contre, ce n'est pas moi qui vais décider si c'est un bus électrique ou diesel », souligne César Dugast, l’un des auteurs. L’État peut aussi faciliter l’adoption de technologies vertueuses comme les véhicules électriques ou l’isolation thermique, entre autres.
Selon une étude du World Resources Institute, les changements de comportement des individus seuls peuvent atteindre environ 10 % du potentiel de réduction des émissions, mais ce chiffre peut être aisément multiplié par deux grâce à une action concertée de la part des collectivités publiques.
César Dugast conclut que « les gestes individuels sont à la fois nécessaires et insuffisants ».
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