Éliminer la tuberculose sur la Côte-Nord
La santé publique tentera de mettre fin à une éclosion de tuberculose qui dure depuis des années sur la Côte-Nord. À l’automne prochain, son directeur, le docteur Richard Fachehoun, va déployer un plan d’élimination de la maladie.
La tuberculose est peut-être une maladie comme tant d’autres
selon M. Fachehoun, mais il s’agit aussi d’une maladie potentiellement mortelle. Et elle est de retour dans la région depuis 2018 ; en 2023, le CISSS de la Côte-Nord a répertorié 11 cas, 7 en 2024, et 3 ont déjà été identifiés en 2025.
Le plan d’élimination que l’établissement entend mettre en place visera à faire avoir l’heure juste par rapport au nombre de personnes infectées par la maladie. Une réalité dissimulée parce qu'une forme de l'infection est latente et n’est pas contagieuse, explique le docteur Fachehoun. Mais elle peut être activée, notamment lors d’un affaiblissement du système immunitaire.

Le docteur Richard Fachehoun de la Direction de la Santé publique au CISSS de la Côte-Nord.
Photo : Radio-Canada / Olivier Roy-Martin
Pour cette raison, la tuberculose peut gagner du terrain secrètement dans des communautés. Si on veut vraiment éliminer la tuberculose, il faut aller voir les gens dans les milieux où il y a déjà eu beaucoup de circulation de la bactérie. Il faut trouver les gens qui ont une infection tuberculeuse pour réduire le risque de réactivation
, affirme M. Fachehoun.
Celui-ci précise que la forme active de la tuberculose peut viser les ganglions, la colonne vertébrale ou les poumons. C’est dans ce dernier cas qu’elle devient contagieuse, puisqu’elle se transmet par voie aérienne. Les personnes qui vivent sous le même toit et qui respirent le même air vont être exposées
.
Le directeur de la santé publique reconnaît par ailleurs que la tuberculose n’a pas très bonne réputation, et que les personnes qui la contractent peuvent vivre de la stigmatisation. On va en parler suffisamment pour que les gens ne vivent pas de discrimination
, promet M. Fachehoun.
C’est peut-être ce tabou qui explique que la tuberculose peut se propager sans beaucoup d’obstacles avant d’être traitée. Il y a des cas qui sont restés contagieux pendant plus d’un an
, révèle le directeur de la santé publique.
Il peut être difficile de retracer tous les contacts d’un tel patient. Dans ces circonstances, le CISSS de la Côte-Nord entend cibler des pans entiers de la population. Il va falloir mobiliser des communautés, reconnaît Richard Fachehoun, mais pas que. Il faut avoir suffisamment de tests, suffisamment de personnel, et surtout, il faut offrir des traitements et de l’accompagnement.
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