Sept-Îles est la ville la plus chère où vivre, encore une fois
Encore une fois cette année, le manque de transport en commun propulse Sept-Îles au sommet des villes où vivre coûte le plus cher. Pour se sortir de la pauvreté, une personne seule doit avoir un revenu disponible de 42 884,18 $, selon une étude. L’absence de transport collectif fait augmenter le revenu annuel viable de 8000 $, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) qui a publié mercredi une étude intitulée Le revenu viable en 2025. Alors que les transports et les déplacements coûtent entre 1500 $ et 2000 $ dans les autres municipalités, ce montant s’élève à 10 735 $ à Sept-Îles. Le service municipal Taxibus remplace difficilement la voiture en raison des horaires limités, et les usagers sont trop rares pour étendre le service, selon Sylvie St-Pierre, directrice du service de transport adapté. En 2024, le service a fait 24 000 allers-retours et a été utilisé par environ 2000 personnes. L’alimentation coûte aussi plus cher à Sept-Îles que la moyenne provinciale. Une personne seule doit prévoir 6726 $ par année pour se nourrir, alors qu’à Québec, il lui faut 6286 $. Saguenay est toutefois au sommet de la liste alors qu'il en coûte 6858 $ annuellement pour une personne seule. En contrepartie, le prix des logements y est bien moins élevé que dans les grandes villes québécoises. Le loyer d’une personne seule y est de 8700 $ par année, selon l'IRIS, alors qu’il monte à 12 612 $ à Montréal et à 11 964 $ à Québec. Le rapport de l’IRIS ne contient pas que de mauvaises nouvelles pour les résidents de Sept-Îles. Ceux-ci pourront à tout le moins se réjouir de savoir que le revenu viable pour sortir de la pauvreté a légèrement baissé lorsque l’inflation est prise en compte. Il a diminué de 3,2 % pour une personne seule. Il avait augmenté de 11,1 % en 2023-2024. Il n’en demeure pas moins que le salaire minimum est loin de suffire, selon Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS. Avec un peu de chance, on est dans un logement subventionné, on a accès à des banques alimentaires, mais le salaire minimum ne permet absolument pas de sortir de la pauvreté. Si le coût lié aux transports attire beaucoup d’attention dans ce rapport, il ne doit pas distraire d’autres tendances problématiques, selon M. Boudreau. Celui-ci souligne que l’inflation alimentaire depuis 2022-2023 entraîne les résidents à réduire leurs dépenses de ce côté, avec les conséquences que cela implique. Le transport en commun actuellement en place à Sept-Îles n'élimine pas la nécessité de posséder un véhicule, selon l'IRIS. Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire M. Boudreau aimerait voir Sept-Îles perdre cette première place à laquelle la ville s’agrippe depuis le début de l'étude. Avec la collaboration de Michèle BouchardIl n'y a pas de flexibilité, il n'y a pas de marge de manœuvre pour ceux qui vivent avec ce revenu
, souligne-t-elle.Pas de surprise
Depuis le tout début de cette étude il y a dix ans, c’est toujours à Sept-Îles que le coût de la vie est le plus élevé
, remarque Frédéric Boudreau, coordonnateur de l’Association pour la protection des intérêts des consommateurs de la Côte-Nord.
J’ai rencontré des femmes monoparentales qui m’ont avoué mal manger pour nourrir leurs enfants
, rapporte-t-il. À ce moment-là, c’est la cheffe de famille qui met sa santé en jeu.
J’espère que Sept-Îles deviendra plus abordable, peut-être en investissant dans le transport collectif
, avance Eve-Lyne Couturier. Mais j'espère aussi que l'augmentation effrénée du coût des loyers va diminuer dans les prochaines années à l'échelle du Québec.
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