Portrait de Sébastien Beaulieu, candidat dans Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan
En vue des élections fédérales, ICI Côte-Nord présente une série de portraits des candidats qui brigueront les suffrages dans Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan. L’émission Bonjour la Côte a reçu le candidat du Parti Rhinocéros, Sébastien Beaulieu, mardi.
Sébastien Beaulieu brigue un premier mandat dans la circonscription fédérale de Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan. Il se présente en politique pour la première fois.
Satire, humour et « beaucoup de sérieux »
Originaire du Bas-Saint-Laurent, Sébastien Beaulieu habite à Sept-Îles depuis 2018. Travailleur autonome, il gagne sa vie dans l’événementiel, l’organisation d’événements et est également artiste multidisciplinaire.
J'ai choisi l’aventure politique parce qu’aux deux dernières élections, 2019 et 2021, je n’ai pas trouvé ma voix dans le système politique canadien
, raconte-t-il. Je n’ai trouvé aucun parti qui me touchait, moi et mes valeurs, de façon sincère.
Selon lui, la politique canadienne regorge d’hypocrisie. On est confrontés à des gouvernements qui nous parlent de réconciliation et d’écologie quand ils achètent des pipelines de 900 kilomètres pour défoncer les territoires wet'suwet'en avec de la GRC armée jusqu’aux dents
, argue-t-il.
De surcroît, les deux principaux partis fédéraux, le Parti libéral et le Parti conservateur du Canada, s'échangent le pouvoir
, et ce, depuis le début de la législation canadienne
, affirme-t-il. Ce n’est pas ça, du changement.
Le Parti Rhinocéros, fondé en 1963 en tant que satire de la politique traditionnelle, offre un véhicule intéressant
qui mélange humour, dénonciation, mais également idées et revendications, estime Sébastien Beaulieu.
Malgré les promesses farfelues – notamment créer une traverse de go-kart entre Matane et Godbout ou encore construire des écoles aériennes pour contrer le décrochage scolaire – M. Beaulieu assure qu’il y a beaucoup de sérieux
dans sa démarche.
Il se dit ouvert et intéressé à participer à des débats d’idées avec ses adversaires politiques.

La culture devrait avoir autant d’importance que le sport et le pays devrait adopter l'improvisation théâtrale comme art national, estime Sébastien Beaulieu. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
Priorité : décentralisation des pouvoirs
La décentralisation des pouvoirs sur la Côte-Nord, mais également pour l’ensemble du pays, est une priorité pour le représentant du Parti Rhinocéros.
Comme les enveloppes budgétaires sont toutes déterminées par Ottawa
, il faut injecter plus de pouvoir au niveau municipal, le palier le plus proche des gens
, croit-il.
Il estime également que la démocratie doit être exercée de manière plus directe. Les lois devraient pouvoir être votées par référendum et les lois impopulaires devraient pouvoir être abrogées, précise-t-il.
À l’heure actuelle, les partis dirigent à coup de bâillons, déplore-t-il, faisant notamment référence au projet de loi 93, adopté le mois dernier.
Pour faire contrepoids au pouvoir en place, les actions citoyennes et les candidatures indépendantes doivent être encouragées, ajoute-t-il.
Souveraineté alimentaire
Un autre dossier qui lui tient à cœur est celui de la souveraineté alimentaire.
Présentement si je vais à l’épicerie pour m’acheter à manger, j’ai le choix entre des pois mange-tout de Chine, des poivrons du Mexique, des fraises des États-Unis, du tilapia… On ne sait pas d’où ça vient… Des crevettes rayées qui viennent de Thaïlande pêchées par des enfants
, illustre le candidat.

En grande partie exportés à l'international, les Québécois ont peu accès à leurs produits de la mer locaux, estime le candidat du Parti Rhinocéros. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Les consommateurs québécois sont coupés des produits de la mer locaux lorsqu'ils ne sont pas de saison, observe M. Beaulieu. La grande partie de ces aliments est exportée, observe-t-il. Ça me révolte.
La souveraineté alimentaire, j’ai été le premier à en parler dans la campagne, puis ça a été repris. Et je suis bien content de ça
, ajoute-t-il.
La lutte à l’évasion fiscale, le financement de la culture, la lutte à la crise du logement et à la surenchère immobilière comptent également parmi ses dossiers clés.
Selon lui, la crise environnementale, un autre enjeu d’importance, est le grand absent de la campagne électorale. Je ne comprends pas pourquoi les [candidats] n’en parlent pas
, affirme-t-il.
L’ordre de présentation des candidats a été sélectionné en fonction des résultats de la dernière élection. Chaque candidat a disposé d'un droit de parole de 10 minutes.
La candidate du Nouveau Parti démocratique, Marika Lalime, a refusé notre demande d’entrevue.
D'après une entrevue de Mathieu Pineau
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