Un projet immobilier au bord d’un lac pourrait doubler la population de Lingwick
Un promoteur immobilier de la région de Québec est sur le point d’acquérir un terrain de 514 hectares au bord du lac Moffat, dans le Canton de Lingwick. Son but : y aménager quelque 400 lots au cœur d’une forêt, ce qui pourrait plus que doubler la population de quelque 460 âmes. Mais si ce projet a le potentiel de renflouer les coffres de la Municipalité, certains s’inquiètent de la perte d’un milieu naturel jugé exceptionnel. Ça pourrait doubler la population de Lingwick. Connue sous le nom de Domaine d’Ardintoul, la propriété ciblée est d’une superficie équivalente à 977 terrains de football. Elle a été mise en vente pour près de 15 M$ par le propriétaire, qui est l’entreprise O Capital investissements verts. Son président est Othman Benjelloun, qui est aussi à la tête de la Bank of Africa. Nous avons tenté de le joindre, sans succès. Un promoteur privé souhaiterait développer la région de Lingwick. Il s'agit d'un brouillon du plan de lotissement. Ce n'est pas la version finale. Photo : Facebook La transaction immobilière serait sur le point de se réaliser. Le promoteur est parvenu à obtenir une résolution d’appui de la Municipalité en février dernier. La démarche favorisera l’obtention de financement, selon le maire. L’équipe de Dany Morency a d’ailleurs déjà commencé à promouvoir le projet auprès de potentiels acheteurs. Le promoteur Dany Morency. Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane Le maire ne s’en cache pas : ce développement Ça peut dynamiser les services pour les familles, les écoles. De mon point de vue, il y a plus de positif que de négatif. Le promoteur se serait aussi engagé, selon la Ville, à offrir un accès public au lac, ce qui n’existe pas actuellement. Charles Désilets, copropriétaire de la Charcuterie de Scotstown Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies Le projet de Dany Morency prendrait toutefois place au cœur d’une propriété qui renferme plusieurs milieux d’intérêt écologique. Des milieux humides ont été identifiés dans le Plan des milieux humides et hydriques régional de l’Estrie et une forte proportion du terrain est constituée d’une vieille forêt de plus de 80 ans, composée de beaucoup d’érables. Une partie du site a aussi été identifiée par le ministère de l’Environnement comme un milieu de reproduction pour le pygargue à tête blanche, une espèce vulnérable. Un organisme de conservation jugeait d'ailleurs le terrain suffisamment d'intérêt pour envisager d'en faire l'acquisition et en assurer la protection à perpétuité. Un projet qui ne pourra jamais se réaliser si les ambitions de Dany Morency se concrétisent. Le promoteur a refusé notre demande d'entrevue en invoquant le fait qu'il ne soit pas encore passé chez le notaire. Le maire du Canton de Lingwick, Marcel Langlois. Photo : Capture d'écran Selon le maire, il a toutefois à coeur de protéger l'environnement. Une résolution de la municipalité précise que M. Morency souhaite protéger C’est un projet qui nous a été présenté par un promoteur fortement intéressé par la protection de l’environnement. La réglementation municipale autorise également les projets domiciliaires dans ce secteur. Protéger 85 % du terrain peut sembler ambitieux, mais le maire se montre quant à lui sûr que ce seuil sera respecté. La codirectrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, Jacinthe Caron, croit qu’il s’agit d’un C’est une bonne nouvelle que le propriétaire veuille préserver 85 % du territoire, mais c’est une moins bonne nouvelle de développer ce beau secteur naturel. Elle estime qu’il est toujours préférable de prioriser les nouveaux développements dans les périmètres urbains. C’est difficile de ne pas avoir d’impact sur la qualité de l’eau quand on développe en périphérie [d'un lac]. La directrice de projet au Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF), Julie Grenier, est quant à elle sans équivoque. Malgré toute la bonne volonté et les mesures de mitigation, des développements autour des lacs Le lac Moffatt est fréquenté par les membres du Territoire Mar-Rin, qui l'ensemence de dorés. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies Le développement immobilier pourrait aussi avoir un impact sur les usages actuels du plan d’eau. De l’autre côté du lac, les terres, qui sont la propriété de la papetière Domtar, sont actuellement utilisées par des chasseurs et pêcheurs membres du Territoire Mar-Rin. Le président de Territoire Mar-Rin, Claude Adam Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies Son organisme ensemence le lac depuis plusieurs années. Les organismes de conservation jugent qu’il sera pertinent de suivre attentivement l’évolution de ce projet. Dany Morency s’est quant à lui engagé à nous accorder une entrevue plus tard.Ça va changer le visage même de Lingwick
, s’exclame le maire Marcel Langlois à propos du projet du promoteur Dany Morency, situé en bordure d’un des rares lacs encore épargnés par le développement immobilier, dans le sud du Québec.

L’espoir de retombées économiques majeures
va économiquement aider considérablement la municipalité
. Le copropriétaire de la Charcuterie de Scotstown est du même avis. Ça amène des clients potentiels. Ça peut amener aussi des services différents dans la région, de jeunes familles
, affirme Charles Désilets. C’est un petit bijou caché qui gagne à se faire dévoiler, selon moi
, souligne M. Désilets.
Au cœur d’un milieu naturel

85 % du couvert forestier
. Les milieux d’intérêt, comme les milieux humides, seraient donc épargnés.Ce que le promoteur nous propose, ce sont des normes beaucoup plus rigoureuses de protection de l’environnement que le sont celles de la municipalité
, souligne Marcel Langlois, qui précise que Dany Morency fera signer des exigences environnementales aux acheteurs de terrains.
Il en serait capable. Je ne peux que me fier à la parole de cet homme qui nous a présenté un projet très intéressant et qui a la capacité de protéger cela.
De vives préoccupations
très gros projet qui va assurément amener une pression sur le lac, les milieux naturels et la forêt environnante.
C’est un milieu assez sauvage et on vient carrément amener une pression qui n’existait pas sur ce milieu naturel et le lac.
vont avoir un impact sur la qualité de l’eau. C'est presque inévitable.

Les membres du Territoire Mar-Rin aux aguets
Si on a un développement trop intensif, on risque aussi d’éloigner la faune potentielle
, poursuit Mme Grenier.C’est sûr que ça va changer la dynamique du lac, mais regarde, on va s’ajuster. On n’est pas chez nous
, témoigne leur président, Claude Adam.
Est-ce qu’on va mettre de côté cela? Je ne sais pas
, s’interroge M. Adam. Il s’inquiète aussi pour la qualité de l’eau du lac. Tout s’en va vers le lac, dit-il en parlant de l'écoulement provenant des futures propriétés. Qu’est-ce qui va arriver?
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