Malgré des milliards en jeu, Harvard défie l’administration Trump
Menacée de perdre 9 milliards de dollars américains en financement fédéral, l'Université Harvard a indiqué lundi qu'elle rejetait les changements réclamés par l'administration de Donald Trump sur divers aspects de sa gouvernance, déplorant des exigences « sans précédent » et illégales. Dans une lettre transmise à l'administration Trump et mise en ligne sur le site de l'Université, les avocats de Harvard opposent une fin de non-recevoir aux exigences posées pour que leur cliente conserve son financement. L'Université La démarche du gouvernement américain auprès de Harvard s'inscrit dans son offensive lancée contre plusieurs universités, principalement celles de l'Ivy League, dans les États du nord-est, essentiellement au nom de la lutte contre l'antisémitisme, mais aussi contre les programmes de diversité et d'inclusion. L'Université Harvard est la première à résister de telle façon aux pressions de l'administration Trump. Dans une note adressée au personnel et aux étudiants pour faire le point, le président de la prestigieuse université du Massachusetts, Alan Garber, a de son côté professé l'indépendance de l'institution. L'Université ne négociera pas son indépendance ou ses droits constitutionnels. Si elle se dit engagée à combattre l'antisémitisme, l'Université estime que la majeure partie des exigences formulées constituent plutôt une L'administration Trump a récemment indiqué qu'elle révisait l'attribution de contrats d'une valeur totale de plus de 250 millions de dollars américains accordés à l'Université Harvard et aux instituts de recherche, notamment des hôpitaux, qui lui sont affiliés, ainsi que près de 9 milliards additionnels Il donne en exemple les percées réalisées dans le traitement de maladies comme l'alzheimer, le parkinson ou le diabète, les avancées en intelligence artificielle et en physique quantique ou encore en ingénierie. Répondant à l'initiative de la Ville de Cambridge, au Massachusetts, des manifestants se sont rassemblés au parc Cambridge Common pour inciter la direction de l'Université Harvard à résister à ce qu'ils voient comme une ingérence du gouvernement fédéral, le 12 avril 2025. Photo : Reuters / Nicholas Pfosi La réplique de la direction de Harvard survient trois jours après l'amorce d'une poursuite contre l'administration Trump par l'Association américaine des professeurs d'université et son chapitre de Harvard. Les plaignants réclament en outre une injonction temporaire en attendant la résolution du litige. Le mois dernier, plus de 800 membres du personnel enseignant ont signé une lettre exhortant l'Université à résister à Publiée sur le site de l'Université, la plus récente lettre envoyée par divers départements fédéraux, dont celui de l'Éducation, énonce une série de réformes à mettre en œuvre, présentées comme les bases d'un Ces dernières années, Harvard n'a pas été à la hauteur des conditions intellectuelles et des droits civiques qui justifient l'investissement fédéral. Datée du 11 avril, la version révisée des exigences de l'administration Trump, étalées sur cinq pages, a été envoyée huit jours après la mouture précédente. Les conditions imposées incluent la réforme des programmes d'études jugés antisémites par l'administration Trump, la soumission de divers départements à des audits externes, la diminution du pouvoir des étudiants et des professeurs ainsi que le partage des données d'embauche avec le gouvernement. L'administration réclame aussi l'abandon des programmes d'embauche ou d'admission en fonction de critères de diversité et d'inclusion, la réforme de l'admission des étudiants étrangers, la dénonciation aux autorités fédérales des étudiants étrangers qui contreviennent aux règles de conduite de l'Université et l'interdiction des masques lors de manifestations. L'administration du président républicain accuse plusieurs universités de laxisme par rapport aux manifestations propalestiniennes, qu'elle associe à de l'antisémitisme. Menacée de perdre 400 millions de dollars américains, l'université new-yorkaise Columbia a de son côté accepté d'engager les réformes importantes exigées. Le campus de cette institution était l'épicentre du mouvement de contestation étudiante contre la guerre lancée par Israël dans la bande de Gaza après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Le gouvernement américain a par ailleurs gelé le financement des universités Cornell, également dans l'État de New York, et Northwestern, dans l'Illinois, respectivement à hauteur d'un milliard et de 790 millions de dollars. Les deux établissements font l'objet d'enquêtes civiles pour des discriminations alléguées. Il y a quelques semaines, l'Université de New York, semblant espérer éviter un affrontement avec l'administration républicaine, a par ailleurs annulé une conférence que devait donner la pédiatre québécoise Joanne Liu, ex-présidente de Médecins sans frontières. La Dre Liu, qui devait parler des défis de l'action humanitaire en temps de crise, a dit à Radio-Canada avoir reçu de la direction de l'établissement le message que le contenu de son allocution pouvait être perçu comme Sa présentation devait notamment indiquer que la bande de Gaza était l'endroit où avait péri le plus grand nombre de travailleurs humanitaires dans le monde en 2024. L'an dernier, la gestion des manifestations propalestiniennes sur divers campus universitaires, critiquée par le camp républicain, avait entraîné la démission des présidentes des universités Harvard, Columbia et Cornell. Parallèlement aux pressions exercées sur les universités, l'administration Trump entend d'ailleurs aussi expulser des étudiants étrangers présentés comme des partisans du Hamas. Le département d'État veut notamment expulser un meneur du mouvement étudiant propalestinien, Mahmoud Khalil, détenu depuis le début du mois dernier. Une juge administrative a validé la semaine dernière le principe de son expulsion, mais il n'a pas épuisé ses recours pour demeurer aux États-Unis. Par ailleurs, les cabinets d'avocats qui ont accepté de représenter l'Université Harvard, King & Spalding ainsi que Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan, s'exposent aux foudres du président Trump. Ce dernier a ciblé plusieurs cabinets d'avocats de premier plan ayant représenté des démocrates ou ayant des liens avec des avocats qui l'ont poursuivi, interdisant par décret aux agences fédérales de travailler avec eux. Plusieurs, dont le prestigieux cabinet Paul, Weiss, ont conclu des ententes leur imposant d'effectuer gratuitement du travail pour des causes soutenues par le président et de renoncer à leurs programmes de diversité. D'autres ont cependant choisi de poursuivre l'administration Trump. Avec les informations de The Harvard Crimson et New York Timesn'est pas disposée à accepter des demandes qui vont au-delà de l'autorité légale de cette administration ou de toute autre administration
et qui contreviennent au premier amendement de la Constitution garantissant la liberté d'expression, arguent-ils.Ni Harvard ni aucune autre université privée ne peut se permettre de se laisser placer sous le contrôle du gouvernement fédéral
, ajoutent les représentaux légaux de l'Université, quelques jours après l'envoi d'une lettre du gouvernement américain révisant les conditions à respecter.Aucun gouvernement – quel que soit le parti au pouvoir – ne devrait dicter ce que les universités privées peuvent enseigner, qui elles peuvent admettre et embaucher, et quels domaines d'étude et de recherche elles peuvent poursuivre
, plaide M. Garber.réglementation gouvernementale directe des "conditions intellectuelles" à Harvard
.en engagements de subventions pluriannuelles
.Que le gouvernement se retire maintenant de ces partenariats met en danger non seulement la santé et le bien-être de millions de personnes, mais aussi la sécurité économique et la vitalité de notre nation
, fait valoir M. Garber, qui vante les avancées scientifiques réalisées grâce aux partenariats des universités avec le fédéral.L'administration Trump poursuivie

ces attaques antidémocratiques
.accord de principe qui maintiendra les relations financières de Harvard avec le gouvernement fédéral
.D'autres universités sous pression
antisémite
.Les cabinets d'avocats aussi sur la ligne de front
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