Les Canadiens iront-ils étudier aux États-Unis en septembre?
Bon an mal an, ce sont environ 27 000 Canadiens qui étudient dans les collèges et universités américains. Est-ce que ce chiffre restera stable en septembre 2025? Selon les participants au U.S. College Expo, qui avait lieu samedi à Toronto, l'incertitude géopolitique se fait sentir. Le contexte historiquement unique qui prévaut en ce moment donne une teinte différente aux activités du Salon des collèges américains [U.S. College Expo, traduction libre]. L'administration Trump menace d'annexer le Canada et d'en faire le 51e État, expulse du pays des étudiants internationaux en raison de leurs opinions politiques et instaure des contrôles extrêmement stricts aux frontières, y compris pour les touristes. Le président américain et son équipe ont aussi menacé les universités et collèges de suspendre des centaines de millions de dollars de financement pour des raisons idéologiques. Tout ça ne semble pas affecter l'enthousiasme des jeunes Canadiens pour les établissements américains, affirme la fondatrice et présidente de l'événement, Joanna Severino. Or, Scott Forbes, un représentant de l'Université du Michigan, se dit inquiet : le recrutement d’étudiants internationaux aux États-Unis en général pourrait être plus difficile cette année en comparaison avec les années précédentes. Certains jeunes ne se préoccupent pas des tensions sur les campus. C’est le cas de Madeleine Brown, une élève de 11e année rencontrée au salon, samedi. Madeleine Brown dit souhaiter en apprendre plus sur les programmes de hockey aux États-Unis. Photo : Radio-Canada La jeune joueuse de hockey affirme qu’en général, les Américains se montrent compréhensifs. Selon Mme Severino, qui a fondé le Salon des collèges américains en 2012, l'intérêt des Canadiens pour l'enseignement postsecondaire américain reste fort. Joanna Severino est la fondatrice du Salon des collèges américains. Photo : Radio-Canada Scott Forbes représente l'Université du Michigan au Salon des collèges américains. Photo : Radio-Canada M. Forbes, qui a la double citoyenneté, critique les récentes décisions politiques américaines, notamment les coupes dans le financement de la recherche sur le cancer. Le coût des études représente un autre obstacle majeur, selon lui. Tina Kumar, mère d'un élève de 11e année, partage ces inquiétudes. Tina Kumar affirme que la sécurité publique aux États-Unis l'inquiète. Photo : Radio-Canada Mahiman Patel, qui rêve d'étudier à Harvard Law, dit avoir modifié ses plans à cause de la situation politique. Mahiman Patel Photo : Radio-Canada Quand on lui demande pourquoi il a modifié ses plans, sa réponse est claire : Jeff Bennett, père d'une fille de 15 ans qui s'intéresse aux études en optométrie, adopte une perspective à long terme. Malgré le climat politique tendu, le Salon des collèges américains de Toronto attire toujours un public important. Environ 45 établissements américains étaient présents lors de l'événement qui, selon Joanna Severino, attire habituellement entre 2000 et 3000 participants. D'après les informations d'Andréane WilliamsL'éducation va survivre à la politique
, a-t-elle déclaré lors d'une entrevue avec Radio-Canada samedi.Des opportunités malgré les tensions
Je m'intéresse surtout aux programmes de hockey et à ces opportunités. Donc ça ne m'inquiète pas trop pour l'instant. Je pense que [le stress entre le Canada et les États-Unis] est juste un petit accroc dans une longue histoire de bonnes relations et, espérons-le, de futures bonnes relations aussi.

Les gens disent souvent : "Oh, tu es Canadienne, nous sommes vraiment désolés de ce qui se passe". Je pense qu'on peut encore avoir une très bonne expérience aux États-Unis parce que les gens ne reflètent pas toujours ce qui se passe au niveau politique
, soutient-elle.
Avec l'augmentation des frais de scolarité et le nombre limité de places dans l'enseignement postsecondaire au Canada, les étudiants et leurs familles cherchent d'autres options pour réaliser leurs rêves.
Des préoccupations bien réelles
La popularité des États-Unis est vraiment en baisse en ce moment. Beaucoup de gens ne veulent pas y aller
, estime pour sa part M. Forbes. Je ne pense pas qu'on aura [le même nombre de demandes d’admission] que l'année dernière.

Je n'arrive pas à croire qu'ils l'ont fait. Couper le financement pour le cancer infantile, c'est fou
, a-t-il déploré.Pour un Canadien qui veut aller à l'Université du Michigan, il faut compter 80 000 dollars américains, et si on ajoute la différence de devises, on parle d'environ 100 000 dollars canadiens par année. Pourquoi voudriez-vous faire ça alors que vous pouvez aller à Queen's, à l'Université de Toronto ou à McMaster?
Je me sens un peu préoccupée par la sécurité et la façon dont cela affectera la qualité de l'éducation. Pour l'instant, nous explorons [toutes les options]
, a-t-elle expliqué.
Si j'avais le choix, je préférerais mettre mon fils dans une des meilleures universités canadiennes.
Attendre le départ de Trump
Je sais qu'il est plus judicieux financièrement de faire mon baccalauréat au Canada
, explique l'étudiant. Je suis plus optimiste qu'à la fin de mon baccalauréat, la situation se sera un peu stabilisée et j'aurai l'opportunité d'aller étudier là-bas plutôt qu'ici.

Ce qui me fait peur, c'est que si je dis que je suis un étudiant canadien, cela pourrait susciter une certaine forme de préjugé avec la situation politique.
Nous avons encore du temps
, estime-t-il. L'espoir est que d'ici à ce qu'elle parte aux études, les choses se stabiliseront et la relation entre les États-Unis et le Canada s'améliorera. Je ne peux pas envisager le court terme pour son avenir. Je dois voir plus loin que quatre ans.
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