La vidéo d’une Gatinoise sur le deuil périnatal devient virale
L’histoire d’une Gatinoise qui a vécu un deuil périnatal en 2012 est devenue virale depuis trois jours sur les réseaux sociaux. À la demande de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Nadine Belzile a enregistré une vidéo qui a récolté plus de 12 millions de visionnements sur la plateforme Tik Tok. Pendant une minute et 15 secondes, la mère de famille raconte ce qui s’est passé avec sa petite Judith, tout ça dans l’espoir que d’autres drames comme le sien soient évités. Une photo de la petite Judith. Photo : Radio-Canada / Felix Desroches Nadine Belzile milite depuis des années pour que les femmes et les familles soient mieux accompagnées et pour une meilleure prévention. Elle avait même lancé en 2021 une pétition qui demandait au Canada de déployer une campagne de sensibilisation sur les risques de mortinaissance et sur l’importance des mouvements du fœtus lors du troisième trimestre de grossesse. Mme Belzile espérait que le gouvernement fédéral imite d’autres pays, comme l’Angleterre, l’Australie et l’Écosse. Ces trois nations ont adopté des plans d’action qui ont permis de réduire le nombre de mortinaissances. L’OMS qualifie de mortinaissance le décès d’un bébé après 28 semaines de grossesse, mais avant ou au cours de l’accouchement. Selon elle, il y en aurait plus de deux millions chaque année. Mme Belzile a fondé le site web bebebouge.ca En entrevue mercredi au Téléjournal 18 h 30, la principale intéressée s’est dite L’OMS a eu vent de son histoire par l'entremise de l’International Stillbirth Alliance. Nadine Belzile a pris le temps de lire les commentaires laissés par les internautes. Nadine Belzile est aussi présidente et cofondatrice du Collaboratif canadien pour la prévention des mortinaissances. Photo : Radio-Canada / Felix Desroches Cette bataille, Mme Belzile compte la poursuivre. Cette épreuve a été très Ce qui l’encourage ces jours-ci? Il y a du progrès, dit-elle, à la suite de certaines interventions effectuées par plusieurs mamans comme elle. Et même si une douzaine d’années se sont écoulées, la petite Judith conserve encore une place unique dans le cœur de Nadine Belzile. Avec les informations de Mathieu Nadon
La grossesse s’est bien déroulée, mais à la 37e semaine, j’ai commencé à sentir qu’elle bougeait moins dans mon ventre. Je ne savais pas ce que ça voulait dire
, relate Mme Belzile dans la vidéo diffusée lundi à l'occasion de la Journée mondiale de la santé.J’ai attendu de rencontrer mon médecin lors d’un rendez-vous de routine pour lui en parler. Elle m’a rassuré en me disant que c’est normal pour les bébés de bouger moins en fin de grossesse, ce que je sais maintenant qui est faux parce que deux jours plus tard, elle ne bougeait plus du tout. Lorsque je me suis rendue à l’hôpital, il était déjà trop tard. Son cœur avait arrêté de battre. Je l’ai accouchée le lendemain.

pour que les mamans aient l’information que moi je n’avais pas durant ma grossesse
, souligne-t-elle dans la vidéo en question.
Une mère qui est
époustouflée
époustouflée
de la portée de son témoignage sur Tik Tok.Mais je suis contente que le message soit diffusé à autant de personnes
, dit-elle. Je pense que ça démontre qu’il y avait un besoin de cette information, surtout dans la communauté francophone à travers le monde.
Des gens qui ont vécu la même chose que moi, qui n’ont pas été écoutés par leur médecin, qui ont perdu leur bébé et qui sont époustouflés que ça se passe encore, surtout dans une place comme le Canada
, relate-t-elle.Donc c’est touchant de voir autant de personnes qui se sentent concernées par le message
, confie-t-elle.
Je pense qu’il y a trop de personnes qui vivent la perte d’un bébé dans l’anonymat et dans le silence. Il faut briser ces tabous-là
, explique-t-elle.C’est à la mémoire de ma fille qu’il est important d’éviter que d’autres personnes vivent la même chose que moi.
traumatisante
, selon Nadine Belzile. Sa vie en a subi de gros impacts
.Tu sais, accoucher d’un bébé mort-né, ce n’est pas évident. J’ai fait trois dépressions majeures dans les cinq années qui ont suivi. Je souffre de stress post-traumatique. J’ai été obligée d'arrêter de travailler.
Les obstétriciens et gynécologues du Canada ont changé en septembre 2023 leur directive clinique pour élargir le nombre de mamans concernées par la surveillance des mouvements du bébé. Maintenant, au lieu que ce soit seulement les grossesses à risque qui soient surveillées, ce sont maintenant toutes les grossesses qui doivent être surveillées pour les mouvements du bébé.
Toujours! C’est un enfant. Ça ne s’oublie pas, même si elle est décédée.
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