La découverture ambulancière frappe encore à Québec
Des syndicats représentant des travailleurs du réseau préhospitalier dénoncent une fois de plus le manque d’effectifs ambulanciers dans la grande région de Québec. Le dernier incident en date s’est produit samedi, lorsqu’aucun véhicule n’était disponible pour venir porter assistance à un homme de 73 ans en arrêt cardio-respiratoire dans le secteur Saint-Nicolas, à Lévis. À court de ressources, les répartiteurs de la Centrale des appels d'urgence de Chaudière-Appalaches (CAUCA) ont dû demander l’assistance de leurs collègues du Centre de communication santé des capitales (CCSC), sur la rive nord. Ces derniers ont accepté de répondre à l’appel de Les ambulanciers de la Capitale-Nationale sont régulièrement appelés à se rendre sur la rive sud et vice-versa. Photo : Radio-Canada Afin de pouvoir répondre à l’appel plus rapidement, le CCSC a dépêché une équipe située au CHUL, près des ponts, qui venait de libérer sa civière, mais qui n’avait pas encore rédigé son rapport d’intervention. L’équipe a interrompu sa rédaction et s’est mise en direction de la rive sud. L’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), qui représente des ambulanciers paramédicaux de la rive nord, affirme que cet événement est symptomatique du manque d’effectifs dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Ariane Bernier réclame une bonification des effectifs ambulanciers dans la région de Québec. Photo : Radio-Canada Son syndicat réclame depuis 2019 l’ajout d’heures hebdomadaires permanentes, mais sans succès. Mme Bernier soutient que le manque d’effectifs se traduit par un Ce sont des journées qui sont lourdes, c'est des quarts de travail de plus de 12 heures qui finissent tardivement, sans pause repas. Ça fait que quand on accumule tout ça, les paramédics sont assurément épuisés. Comme si cela n’était pas suffisant, les ressources qui avaient été ajoutées à la couverture ambulancière dans la région de la Capitale-Nationale pour affronter la saison des virus ne sont plus à l’horaire à compter de ce mardi. C’est une ambulance se trouvant au CHUL qui a répondu à l’appel d’urgence. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon La Fédération du préhospitalier du Québec (FPHQ) représente des techniciens ambulanciers qui desservent la région de Chaudière-Appalaches. Son vice-président aux relations de travail, Jean-François Gagné, mentionne qu’il est fréquent de voir des ambulanciers de Québec, Saint-Charles-de-Bellechasse ou Sainte-Marie venir prêter main-forte à leurs collègues de Lévis, où seulement trois véhicules sont en fonction. Recourir aux ambulanciers affectés à un autre secteur a forcément une incidence sur la rapidité des interventions. Les délais occasionnés peuvent avoir de graves conséquences sur la santé des personnes qui requièrent une assistance immédiate. On ignore pour l’instant l’état de santé du patient de 73 ans qui s’est retrouvé en arrêt cardio-respiratoire samedi dernier, mais selon Jean-François Gagné, le délai d’intervention pour obtenir du secours, qu’il évalue à entre 12 et 13 minutes, n’a pas joué en sa faveur. Selon Jean-François Gagné, la prise en charge d’un appel d’urgence par une ambulance d’une autre région revient en quelque sorte à déshabiller Pierre pour habiller Paul. (Photo d’archives) Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL Faire venir une ambulance lorsqu’on se retrouve en situation d’urgence s’apparente selon lui à une sorte de loterie, étant donné qu’on ne sait jamais s’il y aura un véhicule disponible pour nous venir en aide. Pour des raisons de confidentialité, le CISSS de Chaudière-Appalaches dit ne pas être en mesure de commenter le cas particulier survenu au cours du week-end. Dans un courriel à Radio-Canada, l’organisation précise ne pas avoir encore obtenu Le CISSS mentionne qu’il est L'ATPH reproche au gouvernement Legault de «fermer les yeux» sur le manque d'effectifs ambulanciers dans la Capitale-Nationale et ailleurs au Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel Il ajoute que lors de la réception d’un appel d’urgence, c’est la centrale de répartition qui détermine quel véhicule sera en mesure d’intervenir le plus rapidement. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’a pas non plus souhaité commenter l’événement de la fin de semaine. Alors que l’ATPH dénonce la non-reconduction des heures additionnelles temporaires, le CIUSSS se veut rassurant sur la couverture ambulancière sur son territoire. Avec des informations de Rosalie Sinclairpriorité 0
, qui correspond au niveau le plus critique. Or, le seul véhicule disponible sur le territoire desservi par le CCSC se trouvait à ce moment-là dans le secteur de la Basse-Ville de Québec.
Pas un événement isolé
Plusieurs fois par jour, la centrale 9-1-1 fait des appels à tous parce qu’ils n’ont plus de ressources disponibles. Donc, ils demandent à des ambulanciers de raccourcir leur rédaction ou de se dépêcher pour répondre à un appel
, confie en entrevue à Radio-Canada la vice-présidente de l’ATPH, Ariane Bernier.
énorme essoufflement
et par un taux d’absentéisme important chez ses membres.C’est l’équivalent de quatre ambulances par jour pour le territoire qu’on retire volontairement sans aucune raison valable
, déplore Ariane Bernier.
Avec trois camions, vous comprendrez qu'on est assez vite débordé pour une population de plus de 160 000 habitants
, fait remarquer M. Gagné.Chaque minute compte
Il y avait un véhicule qui n'était pas très loin puisque l'appel était près des ponts. Donc, ça donnait une chance, mais 12 minutes, malheureusement, c'est un peu trop long encore pour un arrêt cardio-respiratoire, parce que chaque minute passée sans oxygène, on a 10 % du muscle cardiaque qui vient de mourir. Donc, faites le calcul : à 12 minutes, malheureusement, il est trop tard
, souligne le représentant syndical.
Si vous avez le malheur de faire un arrêt cardiaque lorsqu'il y a plusieurs cas plus bénins qui rentrent en même temps, bien, il y a une possibilité pour que vous n’ayez malheureusement pas le service à proximité dans les temps jugés opportuns
, soulève Jean-François Gagné.la séquence des événements dont il est question
.Soutien
ponctuel
relativement fréquent
de voir une région porter assistance à une autre pour offrir des services de transport par ambulance.Nous le faisons avec les régions de la Capitale-Nationale, de l'Estrie et du Bas-Saint-Laurent. Nous faisons parfois appel à eux au même titre que nos services ambulanciers sont sollicités pour leur apporter du soutien ponctuel
, précise le CISSS.
Même si des ambulances sont en service en Chaudière-Appalaches, il peut arriver pour différentes raisons que celle d'une région avoisinante soit jugée la plus rapide pour intervenir sur un lieu précis
, fait remarquer le CISSS.Ressources
toujours disponibles
Les heures sont toujours disponibles et peuvent être utilisées, mais elles ne sont plus intégrées d'emblée dans les horaires. Le Centre de communication santé des Capitales peut procéder à des ajouts selon les besoins. Il s’agit donc essentiellement d’un changement pour faciliter la planification des ressources au quotidien et permettre de répondre aux besoins réels
, fait valoir l’organisation.
Advertising by Adpathway









