Un deuxième Sommet sur l’aluminium organisé par Rio Tinto
Rio Tinto organise jusqu’à vendredi la deuxième édition du Sommet sur l’aluminium. La multinationale veut ainsi réaliser un exercice de communication auprès des citoyens, de ses employés et de ses partenaires. Cet événement tenu à l’hôtel Le Montagnais survient alors que le géant australien vient de recevoir des amendes totalisant 25 000 $ du ministère de l’Environnement pour des déversements dans la rivière Saguenay et pour une fuite de gaz naturel à son complexe industriel de Jonquière. La première édition du Sommet avait eu lieu en 2023, quelques mois avant l’annonce d’un investissement de 1,4 milliard de dollars canadiens pour la construction de 96 nouvelles cuves AP-60 au Complexe Jonquière. Cette fois, trois panels sur lesquels participaient des dirigeants de l’entreprise étaient ouverts aux citoyens pour la première fois, mercredi soir. Il a été question des projets en cours, d’énergie et de décarbonatation et de la culture de l’entreprise. La directrice exécutive des opérations pour le Québec chez Rio Tinto, Stéphanie Gignac, a confirmé en marge du Sommet que le mégachantier des cuves AP-60, visible depuis le boulevard du Saguenay, progresse bien et qu’il est désormais complété à 50 %. Elle a aussi révélé que plus du tiers de la construction du centre de coulée de billettes à Alma est terminé. Une centaine de personnes ont assisté à la séance ouverte au public mercredi soir dans un hôtel de Chicoutimi. Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais Selon Stéphanie Gignac, il était important que le public puisse avoir accès à ce type d’événement alors que l’industrie de l’aluminium vit des moments d'incertitude en raison du contexte particulier avec les États-Unis. L’entreprise a d’ailleurs consulté plusieurs personnes avant d’élaborer sa programmation. Rio Tinto avait aussi prévu aborder la question des tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les exportations canadiennes. À ce sujet, l’entreprise réitère qu’elle poursuit ses engagements et ses investissements dans la région malgré le contexte d’incertitude actuel. Si Rio Tinto utilise le Sommet sur l’aluminium comme exercice de transparence, l’une des sanctions qui lui a été imposée concerne le fait d’avoir omis de signaler sur-le-champ une urgence environnementale à ses installations portuaires de La Baie, comme la loi le lui oblige. Le géant minier a reçu une amende de 5000 $ dans ce dossier. En décembre dernier, le géant minier a attendu deux jours avant d’aviser le ministère d’un déversement de coke de pétrole brut dans le Saguenay. L’entreprise a reçu un avis d’infraction pour le rejet de ce polluant « susceptible de causer du dommage ou de porter autrement préjudice à la qualité de l’environnement », écrivait le ministère. Après avoir fourni une déclaration écrite à Radio-Canada dans ce dossier, la directrice exécutive des opérations pour le Québec a répondu en entrevue que ses équipes auraient dû signaler l'incident rapidement. Elle rappelle que la multinationale respecte les lois en vigueur et travaille sur plusieurs projets d’amélioration liés à l’environnement. Pour la cheffe de Climat Québec, Martine Ouellet, qui dénonce régulièrement les pratiques de Rio Tinto, le montant des amendes décerné par le ministère de l’Environnement est dérisoire étant donné la nature des infractions. Elle note aussi que l’entreprise a un historique en semblable matière. Martine Ouellet est cheffe de Climat Québec (photo d'archives). Photo : Radio-Canada / Anne-Sophie Roy Rio Tinto a généré un bénéfice net de 11,55 milliards de dollars américains en 2024 et compte 4300 employés dans la région.
Donc on est allé chercher le pouls, pour savoir nos gens de quoi ils veulent entendre parler. Donc ils veulent qu'on soit transparents, ils veulent un dialogue ouvert, on veut qu'on leur parle de nos projets. Tout ce qu'on a mis en place ce soir, c'est parfaitement aligné avec ce que la communauté veut entendre et quand on parle de communauté, c’est aussi nos employés
, a précisé la directrice exécutive.On parle avec nos différents clients de façon régulière, c'est du cas par cas. On est en discussion également avec les gouvernements, et ce à tous les niveaux de l'administration. On a des discussions, que ce soit avec le gouvernement canadien, américain, donc on tient le dialogue ouvert puis on suit la situation de près
, a mentionné Stéphanie Gignac.Amendes de 25 000 $ : une aberration, selon Climat Québec
On travaille continuellement avec nos équipes pour s'assurer que les événements sont déclarés au bon moment. C'est toujours évolutif, mais on s'assure que nos équipes déclarent continuellement. C'est un engagement qu'on a de déclarer au moment où la situation se produit. Donc nos équipes travaillent de pair à s'assurer que les situations sont déclarées
, a soutenu Stéphanie Gignac.Le niveau des amendes, 5000 ou 10 000 $, c’est plus payant pour Rio Tinto de tricher que de dire la vérité parce qu’en misant sur les marées, sur la dilution, elle s’évite des dépenses colossales de sa contamination toxique
, a dénoncé l’ancienne ministre des Ressources naturelles sous le gouvernement Marois.Pour une entreprise comme Rio Tinto, une entreprise qui est une multinationale multimilliardaire, des niveaux d’amendes tellement ridiculement bas, ce n’est quasiment plus des sanctions, c’est quasiment un incitatif à tricher
, a-t-elle dit.
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