Que veut la Côte-Nord du prochain budget?
Questionnés sur leurs attentes vis-à-vis du prochain budget provincial, qui sera déposé mardi, des acteurs régionaux de tous horizons martèlent à l'unisson une demande : qu’une attention aux spécificités régionales doit se retrouver dans ce document. Éric Girard, le ministre des Finances du Québec, déposera son budget 2025-2026 dans un contexte d’incertitude. Malgré ceci, les demandes abondent pour que le gouvernement en fasse davantage pour la région, que ce soit en matière de logement, de santé ou de culture. Pour plusieurs, Québec doit mieux prendre en compte un facteur caractéristique de la région: l’éloignement. Les distances coûtent cher à la Côte-Nord, et ça se reflète dans les attentes de plusieurs acteurs régionaux. Si les tarifs douaniers ont dominé l’actualité au cours des derniers mois, les demandes budgétaires des acteurs économiques de la région tendent à refléter des difficultés locales. Le logement et l’immigration sont les enjeux clefs pour les entreprises de la région, selon des organismes. Le directeur de Développement économique Sept-Îles, Paul Lavoie, espère que le prochain budget en fera davantage pour éponger les coûts de construction, plus élevés sur la Côte-Nord qu’ailleurs au Québec, selon lui. À cause de la distance que doivent parcourir les matériaux de construction, Paul Lavoie, le directeur de Développement économique Sept-Îles. Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie M. Lavoie estime qu’une bonification de ces enveloppes permettrait de réduire la pénurie de logements dans la région. Une autre pénurie, de main-d’œuvre cette fois-ci, s’en trouverait à son tour allégée, selon lui. Ce manque de personnel est un autre enjeu pour lequel Développement économique Sept-Îles voudrait que le gouvernement montre plus de sensibilité régionale, notamment en lien avec l’immigration. Selon M. Lavoie, la distance est à nouveau en cause: les bassins de population étant situés à des centaines de kilomètres les uns des autres, la mobilité du personnel est moindre que dans des régions plus densément peuplées. La pénurie de logements à Sept-Îles nuit au développement économique de la région, selon Paul Lavoie, le directeur de Développement économique Sept-Îles. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard Or, en cette année particulièrement difficile pour le système de santé nord-côtier, la population est de plus en plus nombreuse à se tourner vers le milieu communautaire, selon elle. En vue du budget 2025-2026, les organismes demandent à Québec de rehausser leur financement à la mission. C’est cette enveloppe qui leur permet, entre autres, d’embaucher du personnel. Et c’est là l’enjeu principal, d’après Mme Villemure. Le CISSS de la Côte-Nord connait lui aussi une pénurie de main-d'œuvre, ce qui exerce une pression sur les organismes communautaires de la région. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Car si le CISSS de la Côte-Nord connaît ses enjeux de main-d’œuvre, le milieu communautaire peine aussi à attirer des employés, faute de sous. Selon Julie Rousseau, de l’organisme À la source, le budget doit se concentrer là-dessus, plutôt que de financer des initiatives particulières. Le financement à la mission est aussi une demande du milieu artistique. Selon Marie-France Brunelle, la directrice de Culture Côte-Nord, les organismes culturels de la région doivent dépenser beaucoup d’énergie et de temps pour trouver des subventions liées à des projets spécifiques, alors qu’ils sont déjà en pénurie de main-d’œuvre. Le Musée régional de la Côte-Nord fait partie des organismes culturels qui éprouvent des difficultés financières. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau Un financement à la mission leur permettrait de consacrer moins de temps à des tâches administratives, et plus d’efforts à réaliser des projets dans leurs communautés, affirme Mme Brunelle. Plus largement, Culture Côte-Nord joint sa voix au Front commun pour les arts, qui demande notamment un rehaussement du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec. L’organisme demande aussi une augmentation du financement de la Société de développement des entreprises culturelles, la SODEC. Celle-ci finance plusieurs festivals dans la région, alors que plusieurs d’entre eux éprouvent des difficultés cette année.Logement, immigration et énergie au service de l’industrie
on arrive plus rapidement au bout des aides gouvernementales
, affirme-t-il.
Même si dans l’ensemble du Québec, il est possible de remplacer les travailleurs étrangers temporaires avec des travailleurs locaux, ce n’est pas nécessairement le cas ici
, souligne Paul Lavoie. La Manicouagan est très inquiète par rapport à l’immigration temporaire
, renchérit le directeur d’ID Manicouagan, Guy Simard, qui demande à Québec d’éviter les mesures mur à mur
.
La mission des organismes en santé
C’est grand, la Côte-Nord
, remarque Maryse Villemure, coordonnatrice au Regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale de la Côte-Nord. En effet, la distance fait en sorte que plusieurs organismes ont de la difficulté à rencontrer leur clientèle sur le terrain.
On est tellement sous-financés que pour nous, ça n’a aucun sens
d’être financés pour des services particuliers, explique Mme Rousseau. On n'a pas assez de sous pour financer notre mission globale, alors si on veut avoir un petit peu plus d'argent, on est obligé de créer d'autres services, pendant qu’on a de la misère à maintenir nos services de base.
Un milieu culturel uni

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