L’achat local favorise les producteurs de légumes en serre
Les tomates, concombres et poivrons de la serre Ruben’s veggies, dans le sud de l’Alberta, sont presque prêts pour le début de la saison de vente. Avec le mouvement d’achat local, la propriétaire s’attend à une bonne saison, mais la guerre tarifaire complique aussi les occasions de croissance pour les maraîchers. La serre Ruben's veggies abrite des tomates, des concombres et des poivrons qui sont vendus d'avril à décembre. Photo : Radio-Canada / Mark Matulis Elle pense que les huit hectares de serre devraient être suffisants pour faire face à la demande croissante. Ruben’s veggies a aussi prévu d’augmenter son nombre de points de vente dans la province. Elle envisage d'en ajouter un à Calgary et un autre à Red Deer. À quelques kilomètres de là, l’entreprise Big Marble Farms ne constate pas encore de hausse de la demande, mais la serre s’attend aussi à ce que le mouvement d’achat local se poursuive et soutienne ses affaires. La provenance des légumes n’est toutefois qu’un facteur dans la décision du consommateur, rappelle Jonathan Schow, le président du marketing à Big Marble Farms. C’est là où la guerre commerciale avec les États-Unis complique la situation, note Michaela Frey, porte-parole de l’Association des producteurs en serre de l’Alberta. Big Marble Farms, établi dans la région de Medicine Hat, est responsable du marketing de plusieurs serres des alentours. Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey Le porte-parole des producteurs de fruits et légumes du Canada, Patrice Léger Bourgoin, donne l’exemple des boîtes en carton sur lesquelles le pays a imposé des tarifs douaniers en représailles. Surtout que ces produits locaux subissent une L'Alberta compte 230 hectares de production en serre, dont un peu plus de la moitié est des légumes. Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey La guerre tarifaire complique aussi les plans de développement des maraîchers canadiens. Comme de nombreux produits, les chaînes d’approvisionnement des fruits et légumes ont été développées de manière nord-sud, les producteurs de l’Ouest canadien interagissant avec ceux de l’Ouest américain. Les discussions autour de la réduction des barrières interprovinciales sont ainsi encourageantes pour Big Marble Farms, mais aucun plan d’expansion n’est pour l’instant en vue. L’Association des producteurs en serre de l’Alberta encourage surtout ses membres à accroître la visibilité de leurs produits en magasin pour surfer sur la vague d’achats locaux. D'après les entrevues d'Anne-Marie TrickeyPendant la COVID-19, nous avions déjà vu une forte tendance vers l’achat local et nous avions eu un afflux important de nouveaux clients. Nous nous attendons à ce que cela se produise à nouveau
, explique Chloe Veurink, propriétaire de la serre située à Medicine Hat.
Je pense que les Canadiens ont réalisé depuis la COVID l’importance de la sécurité alimentaire et de soutenir les fermiers canadiens. [Le mouvement d’achat local] ne fait que renforcer cette tendance
, estime Chloe Veurink.Nous devons aussi garder les produits abordables
, souligne-t-il.Canadiens, mais abordables
Il y a tellement d’entrants dans une production en serre et ceux-ci sont impactés par les prix volatils
, explique-t-elle.
Au Canada, on utilise un volume considérable de boîtes pour être en mesure d’acheminer les produits vers les consommateurs. Alors cet impact tarifaire là vient jouer de manière prépondérante sur les prix fixes des fermes canadiennes
, souligne-t-il.concurrence féroce du Mexique
. Selon Patrice Léger Bourgoin, les maraîchers doivent passer plus de temps à communiquer sur le rapport qualité-prix de leurs produits. En ayant des parcours d'approvisionnement plus courts, les produits se périment moins vite, explique-t-il.
L'incertitude, frein à la croissance
Dépendamment de l'évolution de la situation géopolitique, on pourra peut-être constater un changement important dans l’écosystème de la chaîne logistique. [...] À l’heure actuelle, il y a beaucoup d’insécurité, d’imprévisibilité et il devient très difficile d’extrapoler comment la situation économique du secteur horticole va évoluer dans les prochaines semaines et prochains mois
, dit Patrice Léger Bourgoin.C’est très difficile de prévoir les conséquences [ de ces discussions]. Les changements concernant les barrières provinciales pourraient accroître le commerce à l’est de l’Alberta
, explique Jonathan Schow.
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