La proposition de créer une formation en médecine familiale à l’UQAC fait réagir l’UdeS
Le doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke (UdeS), Dominique Dorion, ne comprend pas la volonté du réseau de l’Université du Québec (UQ) de vouloir implanter un programme de médecine familiale à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).
Le président du réseau de l’UQ, Alexandre Cloutier, avait présenté ce projet auprès des gens d’affaires de la région en février dernier. En plus de l’UQAC, les universités visées par ce programme seraient l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).
L'UQAC offre toutefois déjà une formation en médecine en collaboration avec l'UdeS depuis près de 20 ans.
On ne comprend pas d'où sort cette idée-là. Ça fait près de 20 ans maintenant qu'on forme des médecins dans la région [du Saguenay-Lac-Saint-Jean]
, a lancé M. Dorion en entrevue à Place publique.
Selon M. Dorion, 315 médecins sont sortis du programme offert à Chicoutimi. Parmi eux, 85 pratiquent dans la région.
La formation qu’offre le partenariat UdeS-UQAC se caractérise par une formation en présence de quatre ans, qui mènent ensuite au doctorat en médecine. Celle-ci, tout dépendamment de la spécialité, a une durée variable. Dans le cas de la médecine familiale, par exemple, c’est une formation de deux années supplémentaires, ce qui correspond à une durée totale de six ou sept ans.
Il y a de bonnes chances que votre médecin de famille ait gradué du programme de l’Université de Sherbrooke qui se donne dans son entièreté à Chicoutimi
, a-t-il ajouté.

L'Université du Québec à Chicoutimi. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Rosalie Dumais-Beaulieu
Un nombre d’étudiants déjà suffisant
Dominique Dorion estime que le manque de médecins qui touche certains secteurs du Québec sera comblé dans les prochaines années par les étudiants qui s’inscrivent dans les programmes déjà existants.
La réponse aux grands problèmes d'accès en médecine de famille entre à la faculté de médecine en septembre. Ils vont sortir quelque part dans six ou sept ans, mais c'est le temps que ça va prendre pour les former. C'est l’un des autres morceaux qui nous rend sceptiques.
Selon lui, dans sept ans, les besoins concerneront plutôt les médecins spécialistes. Il faudrait donc en former davantage, plutôt que de miser sur la médecine familiale.
Les actuels étudiants qui font devenir des médecins en pratique vont avoir comblé leur retard qu'on avait en médecine de famille et il va falloir commencer à combler le retard qu'on est en train de se creuser en médecine spécialiste
, a-t-il poursuivi.
On a une organisation qui fonctionne super bien. [...] Puis on nous arrive avec tout d'un coup un projet de tout briser ça avec quelque chose qui est encore flou
, a-t-il conclu.
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