À Buffalo, la guerre commerciale touche le portefeuille de la population
La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis commence à faire ses effets à Buffalo. Le nombre de visiteurs canadiens dans la ville frontalière est en baisse et certains entrepreneurs de la région américaine pourraient voir leurs coûts augmenter en raison des tarifs. L'entrepreneuse se demande si le coût des produits provenant du Canada augmentera ou si elle devra se tourner vers des produits de qualité inférieure. L'économie de la région de Niagara, où sont situées des villes comme Niagara Falls, St. Catharines et Fort Érié, est très intégrée à celle de Buffalo. Plusieurs entreprises bénéficient des échanges entre les deux pays, de nombreux résidents ont de la famille des deux côtés de la frontière, et des milliers de Canadiens assistent à des événements sportifs et magasinent aux États-Unis. La guerre commerciale décourage toutefois les visites. Le nombre de voitures empruntant les ponts jonchant la rivière Niagara est en baisse en février 2025 par rapport à la même période l'an dernier. Sur le pont Peace, entre Fort Érié et Buffalo, le nombre de voitures a diminué de 13 %. Au pont Rainbow, à Niagara Falls, la baisse se chiffre à 23 %. Résultat possible : les revenus de la taxe de vente du comté sont eux aussi en baisse par rapport à 2024, souligne M. Poloncarz. Les montants recueillis ont diminué de 7 % cette année, alors que la région s’attendait plutôt à une hausse de 1,5 %. L’agence touristique Visit Buffalo Niagara observe elle aussi une baisse du nombre de visiteurs. Le nombre de voitures empruntant le pont Peace, entre Fort Érié et Buffalo, est en baisse par rapport à la même période l'an dernier. Photo : Associated Press / Lauren Petracca À la mi-janvier, Visit Buffalo Niagara a lancé une campagne publicitaire au Canada. Quand les premiers droits de douane sont entrés en vigueur, cependant, Patrick Kaler se rappelle que l’agence a été La campagne publicitaire a depuis été suspendue et Visit Buffalo Niagara a arrêté d’acheter de la publicité au Canada pour l’instant. Abonnez-vous à l’infolettre Ontario. Comme en témoigne la situation d’Annie Sweeney, l’économie des régions de Buffalo et de Niagara est très liée. Dans un rapport, la municipalité régionale de Niagara note que les entreprises de la région ont exporté 6 milliards de dollars en produits aux États-Unis en 2023, soit 72 % de toutes les exportations. Plus de la moitié des importations de la région proviennent des États-Unis, pour l’équivalent de 2 milliards de dollars en biens. Selon des données du recensement, 27,2 % de la population de Buffalo vit sous le seuil de la pauvreté, soit plus du double du taux de pauvreté à l’échelle des États-Unis. Réduire les emplois ici dans la région à cause d'un tarif ou pour renégocier [un accord de libre-échange], ça va faire beaucoup de dommages pour les ménages qui en ont vraiment besoin de ces jobs-là. Mark Poloncarz se désole de voir le président américain Donald Trump manquer de respect au Canada. Je veux dire aux Canadiens que nous comprenons la situation et que les gens de l’ouest de l’État de New York sont en complet désaccord avec ce qui se passe à Washington. Mark Poloncarz est le directeur du comté d'Érié, où est situé la Ville de Buffalo. (Photo d'archives) Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes Prochainement, Mark Poloncarz ainsi que sept autres élus des deux côtés de la frontière s’uniront afin de former le Au restaurant d’Annie Sweeney, en banlieue de Buffalo, la propriétaire constate que les clients Jamais en 25 ans on n’aurait imaginé que ça arriverait entre les deux pays
, laisse tomber Annie Sweeney, native de Québec et propriétaire d’un restaurant à Buffalo. Comme plusieurs résidents de la région – canadiens comme américains –, elle peine à croire ce qui se passe entre les deux voisins.Le prix des aliments ne cesse d'augmenter, et c'est certain que tout inquiète avec la relation Canada-États-Unis
, dit-elle. Une région unie
Dans l’ouest de l’État de New York, moins de Canadiens traversent la frontière pour venir magasiner ou faire une visite
, constate Mark Poloncarz, le directeur du comté d’Érié, dans lequel est située la Ville de Buffalo. Je ne sais pas si c’est complètement en raison du nombre inférieur de Canadiens, mais nous avons entendu parler de Canadiens qui annulent des visites et des réservations dans des hôtels
, dit-il.Des attractions, des hôtels et des restaurants constatent une diminution
, affirme le président de l’agence, Patrick Kaler. De 35 à 40 % des visiteurs à Buffalo et dans le comté d’Érié sont du Canada. C’est un marché important
, note M. Kaler.
inondée par des commentaires très forts
de gens disant qu’ils ne reviendraient pas aux États-Unis de sitôt.Nous voulons nous assurer de le faire au bon moment, lorsque l’opinion publique est favorable, et y aller avec un message fort
, explique Patrick Kaler.Infolettre Ontario
Liens économiques forts
Il y a une certaine intégration du secteur manufacturier
, explique la professeure d’économie à l’Université d'État de Buffalo Josée Leclaire. On a des banlieues qui sont vraiment fondées sur la création de pièces d'auto ici à Buffalo
, dit-elle.Perte de respect
Nous sommes comme des frères et sœurs, mais nous ne sommes pas pareils
, dit le directeur du comté.
Niagara Eight
, un groupe binational qui militera pour la fin de la guerre commerciale, précise-t-il. M. Poloncarz dit que plusieurs élus ailleurs aux États-Unis ne sont pas conscients de l’importance des liens économiques entre les deux pays.essaient de ne pas parler
de la situation entre les deux pays. Moi, je n’entends pas vraiment des conversations négatives ou positives. On est neutres
, rapporte-t-elle.
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