Des sinistrés de Sainte-Gertrude constatent les dégâts
L’imposant embâcle dans le secteur de Sainte-Gertrude de Bécancour n’a toujours pas cédé. La rivière est toujours sortie de son lit. Le niveau de l’eau a légèrement baissé depuis lundi, mais les maisons sont toujours inondées.
Un poste de commandement de la sécurité incendie de la Ville de Bécancour est dans le secteur pour coordonner les efforts et venir en aide aux sinistrés.
L'embâcle sur la rivière est tellement massif que les tentatives de le défaire ont échoué jusqu'à maintenant.

L'embâcle sur la rivière Bécancour a une ampleur rarement vue.
Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme
Lisane Arsenault-Boucher est candidate au doctorat en sciences de l'environnement à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle se spécialise dans la recherche sur les embâcles.
C’est vraiment un embâcle d’une intensité rarement observée. Moi, je suis une chercheuse junior, mais je n’ai jamais vu un embâcle d’une telle amplitude
, assure-t-elle.
Les conditions sont réunies pour former un embâcle très solide. La présence d’un pont avec des piliers qui retiennent la glace et les conditions météorologiques. C’est un bouchon de slush et de gros blocs de glace. La nuit, il fait froid et ça gèle en partie et ça a consolidé le barrage
, explique-t-elle.
Elle estime que la fin de la fonte des neiges devrait aider à faire baisser le débit de la rivière et permettre à l'embâcle de se défaire naturellement. Par contre, la pluie annoncée au cours des prochains jours pourrait causer des problèmes.
Le deuxième embâcle sur la rivière Bécancour est situé à une dizaine de kilomètres en aval, à la hauteur du trou à Pinard, près du boulevard du Danube. Là aussi, la rivière déborde.
Des sous-sols inondés
Leslie Vera habite sur la rue des Noyers, dans le secteur de Sainte-Gertrude, à Bécancour. D’origine chilienne, il habite au Québec depuis 40 ans. « Je n’ai jamais vu les glaces stationnées comme ici. Quand je regardais, jamais je n’ai pensé que l’eau allait arriver ici », affirme-t-il.
Il n’y croyait tellement pas qu’il a voulu rester dans sa maison pour surveiller la situation. Quand il s’est décidé à partir, c’est à bord d’un canot qu’il a pu traverser le lac qui entourait sa résidence. Quelqu’un et une policière sont venus me chercher parce que j’étais trop têtu
, a-t-il raconté.
De retour à la maison mercredi matin, il ne peut qu’observer, impuissant, l’état de la situation. L’eau inonde toujours son sous-sol jusqu’aux fenêtres. Les dégâts sont considérables.

Le sous-sol de Leslie Vera est complètement inondé.
Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme
Des pompiers doivent venir mercredi avec une génératrice et des pompes pour tenter de faire sortir le plus d’eau de son sous-sol.
J’ai des assurances pour la maison, ça me soulage un peu de ce côté-là. Mais les assurances des fois ne vont pas assez vite selon nos besoins
, se désole-t-il.
Il n’a pas l’intention de déménager, même si la rivière Bécancour est particulièrement imprévisible à cette hauteur. Il planifie d'installer un muret de protection et d'acheter une génératrice pour faire fonctionner une pompe la prochaine fois que l’eau montera.

Une vingtaine de maisons du secteur de Sainte-Gertrude, à Bécancour, sont inondées. (Photo : 17 mars 2025)
Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau
À quelques mètres de là, Claude Beauregard vient de revenir pour voir ce qu’il peut faire pour protéger sa maison.
Il a quitté sa résidence et il est hébergé par des amis depuis lundi. Avant de partir, il a coupé l’électricité, pour éviter un incendie.
L’un de ses voisins n’a malheureusement pas eu cette chance. Une résidence de la rue des Noyers a été ravagée par les flammes lundi.

Une résidence a été ravagée par les flammes dans le secteur de Sainte-Gertrude, à Bécancour.
Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme
Claude Beauregard a aussi placé tout ce qu’il y avait dans son sous-sol sur des pilotis. On s’est dit trois ou quatre pieds, ça devrait suffire. Quand ça a commencé à monter, ça n’a pas suffi.
Le frigo congélateur qui était sur pilotis flottait quand on est allés hier. Ça fait bizarre. C’est pas trop rassurant.
Mercredi matin, il a chaussé de longues bottes d’eau pour se rendre jusqu’à sa résidence. Il ne peut pas y accéder en voiture.
Il ne croit pas pouvoir être très utile pour l'instant, parce que la rue et le sous-sol sont à la même hauteur. Il y avait quatre pieds d’eau dans la rue, il y avait quatre pieds d’eau dans le sous-sol
.
Il a déjà vu des embâcles sur la rivière par le passé, mais les conditions cette année ont créé une situation catastrophique. Les périodes de froid intense et sans redoux suffisant n'ont pas permis à la glace de céder.

Un embâcle s'est formé sur la rivière Bécancour et cause des inondations dans le secteur de Sainte-Gertrude.
Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme
Je pense que tout le monde s’est fait prendre de vitesse, même si les glaces étaient présentes depuis le premier janvier. C’est l’endroit stratégique négatif, parce qu’il y a un coude à 90 degrés. Les glaces se sont formées là et sont restées là.
La sécurité civile est sur place pour appuyer les sinistrés. La meilleure nouvelle serait que l’embâcle cède. Mais que les gens soient là, la sécurité civile, ils ont toujours été présents, ils ont un souci de sécurité, je n’ai rien à dire là-dessus. Mais est-ce que ça va changer quelque chose? Je ne le sais pas
, lâche-t-il.
Les employés d'Hydro-Québec sont également dans le secteur pour rétablir le service d'électricité.
La Ville de Bécancour prévient les résidents que la pluie prévue au cours des prochains jours peut faire évoluer la situation rapidement.
Avec les informations de Barbara Leroux
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