Cinq ans de prison pour Christian Lagacé
Christian Lagacé a écopé d'une peine d'emprisonnement de cinq ans pour avoir infligé des sévices à son ex-conjointe pendant plus de 10 ans, comme la strangulation et la séquestration. Le juge Pierre Lortie a rendu cette décision mardi au palais de justice d'Alma, lors de l'audience de détermination de la peine dans ce dossier. De 2010 à 2022, un peu partout dans la province, il a imposé un climat de terreur à son ex-conjointe Nancy Gravel, au point où la vie de la victime a été mise en danger à au moins trois reprises. La veille de Noël en 2013, Christian Lagacé a attaché la victime à un poteau, la laissant plusieurs heures dans le noir complet. À son retour, il a entouré le cou de la victime avec un boyau d’arrosage. Il la menace, crie contre elle et tente d’obtenir des informations sur une possible relation qu’elle aurait avec un collègue. Elle le supplie d’arrêter, ce qu’il fait avant de commettre l’irréparable. Pendant plusieurs années, Nancy Gravel se demandait en s'endormant si elle serait toujours en vie le lendemain. Elle a vécu avec son ex-conjoint au Lac-Saint-Jean de 2018 à 2022. La victime, âgée de 55 ans, demeure maintenant à l'extérieur de la région et a entendu le jugement à distance, mardi. Nancy Gravel espère que son témoignage pourra inciter d'autres femmes à dénoncer leur agresseur. Il n'y a pas une personne sur la Terre qui mérite de vivre ce que j'ai vécu. Nancy Gravel se sent soulagée que son agresseur ait obtenu une peine de 5 ans de prison. Photo : Courtoisie : Nancy Gravel En septembre 2024, Christian Lagacé a plaidé coupable à deux chefs d'accusation, soit de voies de fait graves et de harcèlement criminel. Dans son jugement de près de 30 pages rendu mardi, le juge Pierre Lortie a justifié la peine de M. Lagacé en soulignant que certains de ses gestes étaient comparables à de la torture et que le risque de récidive était toujours présent. S’il a reconnu que l’homme avait plaidé coupable, évitant ainsi un douloureux témoignage à la victime, le juge croit que la décision s’est prise tardivement. Il s'est aussi montré sceptique par rapport à l’état d'introspection de Christian Lagacé. Tout au long de l'audience, Christian Lagacé a écouté les mains jointes, la tête basse, les yeux fermés et les lunettes posées sur le bureau. Quelques membres de sa famille l’accompagnaient. La procureure pour la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) Maïka Rousseau est satisfaite de la peine de cinq ans d'emprisonnement. Me Maïka Rousseau précise qu’il sera interdit au délinquant de communiquer avec la victime durant l’emprisonnement. Pour sa part, l’avocat de Christian Lagacé, Me Mario Bouchard, avait proposé une sentence de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité.Ça ne guérira pas toutes mes blessures
Je me suis sentie très émotive. Très soulagée. Vraiment… j’étais sans mots. J’espérais que justice serait faite et justice a été faite. Je l'ai trouvé très humain [le juge]. Il comprenait vraiment la portée des gestes, de la violence inouïe que j'ai vécue, qu'elle soit physique, psychologique ou sexuelle
, a-t-elle dit en entrevue au téléphone, retenant difficilement ses larmes.Il y a eu plusieurs détails qui n'ont pas été rapportés parce qu'il [Christian Lagacé] a admis quelques faits, mais il n'a pas tout admis. Ça ne guérira pas toutes mes blessures, toutes les années d'enfer que j'ai vécues, mais ça va mettre un baume sur quelques passages difficiles.
Si je peux en sauver une, si je peux en sauver 10, si je peux en sauver 100... Mon but, probablement que c'est ça. Ma mission éventuellement sera de pousser le plus de femmes possible à dénoncer leur agresseur, leur mari violent. C'est intolérable en 2025 de faire subir ça à une femme.
C'est comme un contrôle absolu sur sa victime, sur une personne qui est fragile et qui ne demande qu'à être aimée et à aimer. Puis en retour, c'est juste de la cruauté
, a-t-elle ajouté.
Des gestes comparables à de la torture
[En tenant compte des facteurs] atténuants et aggravants, l’accusé ne peut pas se qualifier pour une peine dans la collectivité. L’incarcération est la seule peine qui convient pour exprimer la réprobation de la société à l’égard du délinquant
, a tranché le juge Lortie.On l'accueille bien, c'est la peine qu'on avait demandée, la peine qui selon nous reflète la gravité de l'infraction. On veut que ça encourage les victimes à dénoncer. C'est sûr que ça ne réparera pas tout le mal qui a été causé à [Nancy Gravel], mais au moins, ça dénonce la gravité de la situation et le tort qu'elle a subi
, a-t-elle dit, quelques instants après le prononcé de la sentence.Quand on demande une peine, c'est que l'on croit vraiment que c'est la peine que ça vaut. Donc on est très satisfaites que le juge nous ait suivies dans ce dossier-là
, a-t-elle poursuivi.
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