Déjà soumise à des tarifs, l’industrie forestière craint les droits de douane de Trump
Au Nouveau-Brunswick, l’un des secteurs qui pourraient être les plus touchés par l’imposition de tarifs douaniers américains ce mardi, c’est celui de la foresterie.
L’industrie, qui est l’une des plus importantes dans la province, exporte pour 2,8 millions de dollars de produits de bois. Elle représente des milliers d’emplois et environ 80 % des produits forestiers produits au Nouveau-Brunswick sont exportés aux États-Unis.
Alors que Donald Trump a mis sa menace à exécution d’imposer des tarifs de 25 % à la plupart des produits qui franchissent la frontière, le secteur risque d'être durement touché.
Le président américain a martelé lundi qu’ils seraient en vigueur à partir de mardi minuit. En février, le Canada avait obtenu un mois de répit qui vient à échéance le 4 mars.
Le problème pour le secteur de la foresterie, c’est que le bois d'œuvre, qui sert à l’industrie de la construction, est déjà taxé quand il est exporté aux États-Unis.
Ces droits représentent 14,5 % pour la plupart des entreprises, à quelques exceptions dont J.D. Irving qui a réussi à obtenir un taux de moins de 12 %.
Avec l'ajout de nouveaux tarifs par Donald Trump, le bois d'œuvre canadien serait taxé à hauteur de 39,5 %.
Et, si l'enquête ordonnée par le président américain sur les importations de bois d'œuvre qui menacerait la sécurité nationale
, mène à d'autres tarifs, les entreprises forestières pourraient être exposées à une taxation totale de 65 %.
Pour l’industrie, ces tarifs auraient de graves répercussions sur l’ensemble du secteur
, selon un communiqué commun de Forêt NB. J.D. Irving et les producteurs de bois de sciage du Nouveau-Brunswick publié le mois dernier et vers lequel Forêt NB nous a renvoyé lorsqu'on a demandé une entrevue lundi.
Et leurs effets sur l'économie du Nouveau-Brunswick ne peuvent pas être sous-estimés
, concluent les auteurs du communiqué.
Le gagne-pain
de Kedgwick
Pour certaines communautés, comme celle de Kedgwick, ces tarifs pourraient être dévastateurs.
Le groupe J.D. Irving et le groupe Savoie disposent tous les deux d'usines dans la communauté.

La compagnie Irving possède une scierie à Kedgwick, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Sophie Langlois
Ça fait partie de notre gagne-pain, ça fait partie de nos gênes
, explique le maire Éric Gagnon.
Il n'y a personne qui sera pas touché s’il arrive quelque chose au niveau de l’industrie forestière.
Il souligne que les entreprises et les travailleurs de l’industrie sont résilients et ont souvent réussi à s’adapter aux nombreux changements et aux guerres commerciales avec les États-Unis dans le secteur.
D’après un reportage de Frédéric Cammarano
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