Le fédéral dépasse sa cible en immigration francophone hors Québec en 2024
La cible du nombre d'immigrants francophones en situation minoritaire a été dépassée l'année dernière. Une information obtenue en marge d'une annonce de la députée d'Ottawa-Vanier Mona Fortier, lundi, à Ottawa. Le gouvernement fédéral a atteint 7,21 % d’immigrants francophones hors Québec en 2024. C'est 1,21 % de point de pourcentage de plus que la cible de 6 % fixée pour cette année-là. Les 20 ans d'efforts finalement aboutissent Pour la chercheuse en immigration et communautés franco-ontariennes à l'Université d'Ottawa, Luisa Veronis est professeure agrégée au Département de géographie, d'environnement et de géomatique et titulaire de la chaire de recherche sur l'immigration et les communautés franco-ontariennes à l'Université d'Ottawa. (Photo d'archives)
Photo : Avec Autorisation de Luisa Veronis À titre d'exemple, elle rappelle qu'il y a peu de temps encore, il n'y avait qu'un seul bureau d'immigration à Dakar, au Sénégal, pour l'ensemble des pays de l'Afrique subsaharienne, bassin principal d'immigrants francophones. Autre exemple présenté par la professeure : jusqu'en 2022, de nombreux immigrants avaient été acceptés au niveau de la province, mais pas au fédéral. Pour la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada aussi, ce dépassement de cible est une bonne nouvelle. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, sur l'ensemble des résidents permanents admis au Canada, la part des résidents permanents d’expression française, hors Québec, a varié de 2,8 % en 2019 à 4,7 % en 2023. En 2023, la FCFA du Canada plaidait pour une cible francophone à 12 %. Mais le gouvernement a préféré s'en tenir à 6 %. La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Liane Roy. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle Luisa Veronis rappelle que le gouvernement fédéral avait d'abord augmenté le nombre total d'immigrants au Canada. Toute proportion gardée, la cible d'immigrants francophones devenait alors plus difficile à atteindre. Mais en réduisant ensuite la cible de l'immigration générale, mathématiquement, le gouvernement a pu atteindre son objectif d'immigrants francophones en situation minoritaire, poursuit l'experte en immigration. Étape supplémentaire : en octobre dernier, le gouvernement Trudeau a décidé de rehausser les cibles francophones hors Québec, annonçant vouloir atteindre 8,5 % d'immigrants en 2025, 9,5% en 2026, et 10 % en 2027. Des cibles réalisables, selon la professeure. La présidente de la FCFA de rappeler que lorsqu'on parle d'immigration, on utilise souvent des termes comme C'est tellement important de bien les accueillir, on le fait. Mais la partie rétention est importante aussi. Un point que l'experte en immigration à l'université d'Ottawa retient également : La députée d'Ottawa-Vanier Mona Fortier a annoncé, lundi, plus d'un million de dollars sur plusieurs années pour l'immigration francophone en petite enfance. Photo : Radio-Canada / Claudine Richard Cette information a été obtenue à l'occasion d'annonces de financement du gouvernement fédéral, lundi. La députée d'Ottawa-Vanier Mona Fortier, a notamment garanti deux enveloppes budgétaires de plus de 500 000 $ chacune pour soutenir l'immigration francophone spécialisée en petite enfance. Par ailleurs, une autre enveloppe prévoit 909 000 $ sur quatre ans pour financer un projet de la Société économique de l'Ontario visant à répondre à la pénurie de main-d'œuvre dans le Nord de la province. Avec les informations d'Amadou II Barry[Cela] démontre notre engagement ferme à poursuivre nos efforts en répondant aux besoins de main-d'œuvre des communautés francophones en situation minoritaire
, souligne Mona Fortier. atteindre ces chiffres est énorme
. Selon elle, le gouvernement fédéral s'est réveillé en 2018-2019, en réalisant qu'il devait faire plus d'effort, notamment en faisant sauter ce qu'elle nomme les barrières systémiques
. Pas forcément dans le sens du racisme ou de la discrimination, mais vraiment dans le sens du système qui ne fonctionnait pas bien
, dit-elle. 
Depuis, on peut dire que le gouvernement a vraiment mis la main à la pâte et les choses en action. Et finalement, ça a abouti
, constate Mme Veronis. 
Immigrants : baisse générale, augmentation francophone
C'est prometteur et ça nous démontre que c'est possible. Ça nous indique que c'est un besoin
, se réjouit Liane Roy. Je vais faire un petit rappel historique ici : pendant presque 20 ans, on n'a pas pu atteindre les cibles qui étaient en deçà de ce 6 % là.

La cible, c'est toujours le pourcentage du nombre total de l'immigration
, indique Mme Veronis. Donc s'ils baissent les chiffres de l'immigration en général, et c'est ce qui est prévu pour 2025, c'est moins d'immigrants en tout, et c'est alors plus réaliste d'atteindre la cible du 8 %
.pourcentage
ou cibles
, mais c'est important de parler de nos immigrants comme des personnes [...] ces gens-là viennent au Canada, dans cette nouvelle terre d'accueil pour recommencer ou poursuivre leur vie.
l'infrastructure pour accueillir les immigrants s'est beaucoup développée et améliorée [mais] la conjoncture en ce moment n'est pas idéale pour leur accueil
, notamment s'agissant du logement et du coût de la vie, souligne Luisa Veronis. Si on veut que ça marche, il faut donner des opportunités [sans quoi] ils vont repartir.

Du financement pour la petite enfance en français
Advertising by Adpathway









