L’industrie de la pêche des Maritimes déçue par la prolongation du moratoire sur le hareng
L’industrie de la pêche dans les Maritimes se dit déçue de la prolongation de deux ans par Pêches et Océans Canada (MPO) du moratoire sur le hareng. Le MPO a imposé ce moratoire dans le golfe du Saint-Laurent en 2022 pour aider au rétablissement des stocks. Mais selon les scientifiques, il n’y a aucun signe d’amélioration, ce qui a poussé le MPO a prolongé de deux ans, jusqu’en 2026, la fermeture de cette pêche. La pêche commerciale au hareng de printemps est frappée depuis 2022 par un moratoire et aucun échéancier n'est sur la table pour la levée de l'interdiction en raison de l'inquiétude sur l'état des stocks Photo : offert par : Fishermen Helping Kids With Cancer Le réchauffement des eaux, la réduction de la quantité de nourriture pour le hareng, et des œufs qui grandissent moins vite font partie des facteurs qui expliquent la baisse de la population de ce poisson. Or, le hareng joue un rôle essentiel dans l’industrie de la pêche, car il constitue une source alimentaire importante pour des espèces comme le thon ou la morue. Il sert également d’appât traditionnel pour des pêches commerciales comme le flétan, le homard, ou encore le crabe des neiges. Ainsi, les pêcheurs ont dû se tourner vers d’autres espèces pour les appâts, comme le sébaste ou le maquereau. Le directeur général de l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard se dit déçu par la prolongation du moratoire. « Lorsqu'une espèce est soumise à un moratoire, les recherches scientifiques sont beaucoup moins nombreuses. Il peut donc y avoir des changements positifs qui ne sont pas pris en compte », estime Ian MacPherson. Ian MacPherson, directeur général de l’Association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard. Photo : CBC / Brittany Spencer Il ajoute que, selon lui, des pêcheurs voient de plus en plus de harengs dans les eaux. L'association espérait que le MPO mette en place une pêche scientifique. Les pêcheurs peuvent collecter une prise réduite de hareng pour donner une idée de la santé du stock aux scientifiques. Mais d’après Ian MacPherson, cette proposition n’a pas été envisagée pour 2025 et 2026. Pêches et Océans Canada estime que le stock de hareng dans le golfe du Saint-Laurent s’élevait à 28 000 tonnes en 2023. La zone critique est fixée à moins de 52 000 tonnes, et le MPO n’est pas optimiste pour les années à venir. De son côté, la pêche au hareng de l'Atlantique dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et dans la baie de Fundy au Nouveau-Brunswick a subi une baisse des quotas de 24 % par rapport à 2023. Une diminution qui va s'étendre jusqu'en 2027. Avec les informations de Wayne Thibodeau, de Laura Chapin et de Jackie Sharkey de CBCL'état du stock est actuellement très semblable à celui des dernières années
, a déclaré Jacob Burbank, chercheur scientifique au MPO. Le stock se trouve toujours dans la zone critique, et ce depuis le début des années 2000.

Des changements pas pris en compte, selon l'industrie

Peu d'optimisme pour le rétablissement des stocks
Si les conditions environnementales restent défavorables comme on le prévoit actuellement, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que le nombre de jeunes [harengs] s'améliore
, note le chercheur Jacob Burbank.Les choses ne s’annoncent pas favorables.
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