Un responsable de garderie accusé de contacts sexuels sur une fillette a été acquitté
Éric Allard, accusé de contacts sexuels sur une fillette qui fréquentait sa garderie, a été acquitté de l'accusation qui pesait contre lui. Le juge Benoît Gagnon a rendu son verdict vendredi au palais de justice de Sherbrooke. Le juge a dit comprendre le désarroi que pourraient éprouver les parents de l’enfant et les remercie d'avoir accompagné leur fille dans ce processus. La décision du tribunal ne signifie pas que rien de répréhensible ne s’est déroulé. Cela ne signifie pas que le tribunal ne les croit pas et ne croit pas leur fille. La décision du tribunal ne signifie qu’une seule chose, soit que le ministère public n’a pas apporté une preuve que les actes ont été commis [hors de tout doute raisonnable]. L'avocate a expliqué que le tribunal s'est retrouvé devant deux versions contradictoires. Dans un tel cas, La famille de l'enfant et le ministère public avaient pris la décision de ne pas faire témoigner la petite fille devant la cour. L'entrevue qu'elle avait réalisée avec les enquêteurs a été présentée comme preuve. Dans ce contexte, il était impossible pour la défense de contre-interroger l'enfant. La Défense a refusé toute demande d'entrevue, à la demande du client. Rappelons qu’Éric Allard, responsable d’une garderie, était accusé d’avoir mis son pénis dans le visage de l’enfant de quatre ans et demi et de lui avoir touché les parties génitales, en 2023. Il aurait agi alors qu’il se trouvait seul avec l'enfant, pendant que les autres jeunes faisaient leur sieste. C’est la petite fille qui a d’abord parlé de cette situation à ses parents. Éric Allard avait repris les rênes de la garderie après que sa conjointe eut été forcée de la fermer en raison d'une blessure. Au moment du procès, l’accusé a nié catégoriquement les événements. Lors de son témoignage, il a indiqué bien s’entendre avec la fillette. Le ministère public a pour sa part rappelé que l'enfant a décrit des gestes de façon spontanée à ses parents et à un enquêteur lors d’une entrevue réalisée de manière non suggestive.Pour le tribunal, le témoignage de X [l’enfant] représente probablement la vérité compte tenu de tous les indices de fiabilité déjà traités. Cela étant, la preuve en défense, particulièrement le témoignage de l’accusé, son honnêteté dans la façon de livrer son témoignage et son attitude de vouloir renseigner le tribunal sans rien cacher est bien plus qu’un doute raisonnable dans l'esprit du tribunal [...]
, a déclaré le juge Benoît Gagnon. Dans de telles circonstances, le tribunal se retrouve devant une situation particulière. Il ne peut être convaincu qu’une partie ou l’autre ne lui offre une version qui constitue la vérité.
Compte tenu de la valeur de leurs témoignages respectifs, dans de telles circonstances, il faut se rappeler que l’accusé ne supporte pas le fardeau de démontrer qu’il n’est pas coupable. Même face à des crimes qui sont fortement réprimés dans notre société. Même pour des crimes qui impliquent les membres les plus vulnérables de notre collectivité, nos enfants
, a poursuivi le juge Gagnon.C'est sûr qu'on est toujours déçus lorsqu'on a des verdicts d'acquittement. Par contre, c'est une décision qui est très bien motivée de la part de monsieur le juge Gagnon et dont le ministère public comprend les motifs
, a souligné la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Laïla Belgharras.[le juge] ne peut pas choisir laquelle il trouve plus crédible, et quand il ne sait pas qui des deux dit la vérité, la présomption d'innocence va prévaloir pour l'accusé, et donc, un verdict d'acquittement doit être imposé.
Comme le juge l'a bien souligné, il y avait certains trous dans le casse-tête qui a été présenté et qui ont fait en sorte que monsieur le juge Gagnon a douté à la fin
, a affirmé la procureure.Rappel des faits
Je suis là pour protéger [les enfants], les surveiller, pas les maltraiter
, avait-il dit.
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