Un entrepreneur de Saint-Arthur paie de sa poche pour faire déglacer la route
Un entrepreneur de Saint-Arthur, dans le Restigouche, a dû payer lui-même pour faire déglacer une partie de la route 275, jeudi. Un camion semi-remorque bloquait la circulation parce qu’il ne pouvait pas monter la pente glacée.
C’est la deuxième fois que Sébastien Levesque prend le taureau par les cornes et appelle directement une entreprise locale pour venir épandre du sel sur la route 275 à Saint-Arthur. Cette route est normalement entretenue par le ministère des Transports.
Ça représente 400 $ de la shot
, a fait valoir le propriétaire de la scierie S.A. Levesque au micro de l'émission La matinale, ajoutant qu’il n’a tout simplement pas le choix.
Il raconte que jeudi matin, les routes n’étaient pas bien entretenues à Saint-Arthur et qu'un camion semi-remorque n’a pas pu monter la pente glacée. Sébastien Levesque s’est rendu sur les lieux à bord de sa camionnette et a lui aussi eu de la difficulté à monter la pente. Il a tout de suite appelé le ministère des Transports.

Facebook/Sébastien Levesque
Je leur ai demandé d’envoyer un voyage de sel; ils ont envoyé un voyage de sable. Quand la charrue est arrivée, j'ai dit : ''Même si tu mettais du sable, ça ne nous aidera pas, là''.
Il a alors contacté un entrepreneur local pour venir épandre du sel sur la route, afin de débloquer le camion. Parce qu’on parle d’un demi-train chargé, c’est pas un petit camion qui est facile à repartir de même, là.
Les camionneurs ne veulent plus y aller
Sébastien Levesque explique qu’environ 10 camions se rendent chaque mois à son usine, et qu’une trentaine repartent pour livrer la marchandise. Cependant, il devient de plus en plus difficile de trouver des camionneurs qui acceptent le défi l’hiver.
Quand les camions n’arrivent pas à se rendre chez nous, un moment donné, l’usine va finir par fermer.
Les camionneurs se parlent. À un moment donné, les gars me disent : ''Moi, à partir du mois de novembre, je te souhaite joyeux Noël et joyeuses Pâques, et on se reverra quand la neige fondera, parce que je ne remonte plus par ici''.
Des plaintes à répétition
À bout de patience, Sébastien Levesque a décidé de relayer des vidéos sur les médias sociaux, dans le but de montrer la réalité vécue par les résidents et entrepreneurs de Saint-Arthur. Il contacte aussi régulièrement le ministère des Transports.
Je fais environ des plaintes une fois par semaine; on me dit qu’on nous entend, mais il n’y a rien qui change. À un moment donné, on fait quoi? On reste, comme camionneur, sur le bord du chemin et on attend qu’il y ait un accident?
L’état et l’entretien des routes dans le Restigouche ont fait les manchettes à plusieurs reprises. Sébastien Levesque en a discuté avec les élus locaux au cours des dernières années, mais selon lui, les promesses ne se concrétisent pas.
Ils nous disent qu'il va y avoir du changement, mais je ne l’ai pas encore vu.
L’entrepreneur raconte que vendredi matin, les routes à Saint-Arthur sont très bien entretenues et que du sel a été répandu en grande quantité. Il se demande si ses publications sur les médias sociaux y sont pour quelque chose, mais ne se fait pas trop d’illusion.
Quand je verrai de la constance, j’y croirai. Mais ce matin, on va le prendre.
Un impact économique
Le maire de la Communauté régionale de Campbellton, Jean-Guy Levesque, admet que l'entretien des routes est problématique
dans certains quartiers, comme Val D'Amours et Saint-Arthur, en raison des courbes et des pentes abruptes, surtout lors des changements de température.

Jean-Guy Levesque, maire de la Communauté régionale de Campbellton. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard
Il soutient que des discussions avec la province se font de façon régulière depuis deux ans, alors que des incidents similaires se sont produits. Il donne en exemple un autobus scolaire qui a eu de la difficulté à descendre une pente glacée à Val D'Amours, ou la mort de deux jeunes à Robinsonville en 2022.
Jean-Guy Levesque reconnaît que la situation peut avoir un impact économique, comme dans le cas de la scierie de Sébastien Levesque.
L’économie dans le Nord, on s’entend, c’est compliqué déjà en partant, c’est difficile, il faut que les routes soient entretenues pour que justement l'économie se fasse.
Radio-Canada a demandé plus de détails au ministère des Transports sur ce qui est fait pour l’entretien des routes dans le Restigouche et est en attente d’une réponse à ce sujet.
Avec les informations de l’émission La matinale et de Réal Fradette
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