Une dent dans l’œil, pour retrouver la vue
Pour la première fois au Canada, des chirurgiens ont placé une dent dans un œil pour redonner la vue à un patient. Pardon? Si, si, vous avez bien entendu : une dent, dans un œil. Lorsque le médecin de Brent Chapman a proposé pour la première fois l'idée de se faire implanter chirurgicalement une de ses propres dents dans l'œil pour retrouver la vue, il dit avoir ressenti Mais il a ensuite parlé à une femme en Australie qui avait subi la même procédure, avec succès. Je sais que cela peut paraître un peu fou et relever de la science-fiction. M. Chapman, qui est aveugle des deux yeux, est l'un des trois Canadiens à avoir reçu cette semaine une ostéo-odonto-kératoprothèse (OOKP) - aussi appelée une opération L’ostéo-odonto-kératoprothèse consiste à réaliser une prothèse oculaire à base de tissu dentaire. Photo : Providence Health Care L’opération consiste à retirer une dent du patient, généralement la canine, à installer une lentille optique en plastique à l'intérieur de celle-ci, puis à l’implanter dans l'œil. Bien que cette intervention chirurgicale existe depuis plusieurs décennies, elle n'a jamais été pratiquée au Canada jusqu'à présent. Un des médecins à l'origine de cette initiative espère qu'elle sera disponible à long terme. Premièrement, pourquoi une dent? Parce que les dents contiennent de la dentine, l'une des substances les plus dures produites par le corps, ce qui en fait l'enveloppe idéale pour relier la lentille en plastique à l'œil du patient, explique le Dr Greg Moloney, ophtalmologiste et chirurgien à l'Hôpital Mount Saint Joseph de Vancouver. Le médecin a dirigé ces chirurgies canadiennes cette semaine. Toutes se sont déroulées sans problème, précise-t-il, même si les patients seront suivis de près par la suite. Il a réalisé avec succès sept opérations de ce genre dans son pays d'origine, l'Australie, avant d'être recruté pour les réaliser au Canada. Il se dit habitué à ce que les gens réagissent avec choc et horreur. L'œil d'un patient après la pose d'une ostéo-odonto-kératoprothèse. Photo : Providence Health Care Aussi, ce n’est pas une solution pour n’importe quel problème de la vue, ajoute-t-il. Cette opération est destinée aux personnes souffrant de cécité cornéenne sévère à l'avant des yeux, causée par des cicatrices conjonctivales dues à des maladies auto-immunes, des brûlures chimiques ou d'autres traumatismes, mais qui ont encore une rétine et des nerfs optiques sains à l'arrière des yeux. Selon le Dr Moloney, il s'agit souvent du dernier recours, lorsque toutes les autres options échouent. Le traitement est assez intensif, explique-t-il. On parle de deux opérations, à plusieurs mois d'intervalle, ce qui signifie que Brent Chapman et les deux autres patients canadiens retourneront en salle d'opération plus tard dans l'année. Lors de la première opération, le Dr Moloney et ses collègues enlèvent la dent du patient, la rasent en un rectangle et y percent un petit trou pour y loger la lentille. Ils retirent ensuite le tissu cicatriciel de l'œil du patient et le remplissent avec un petit lambeau de tissu mou prélevé à l'intérieur de la joue. Enfin, ils implantent la lentille enfermée dans la dent à l'intérieur de la joue afin qu'elle puisse développer de nouveaux tissus autour d'elle. Quelques mois plus tard, ils retirent la dent de la joue et la cousent à l'avant de l'œil, sous le tissu de la joue. Le résultat est un œil rose avec un petit cercle noir à travers lequel le patient peut voir. L'opération étant très lourde, le Dr Moloney signale qu'elle n'est pratiquée que sur un seul œil et qu’il existe un risque d'infection et de perte de la vision. Néanmoins, selon le médecin, l’opération est pratiquée depuis des décennies dans 10 pays, dont le Royaume-Uni et l'Australie, avec un taux de réussite élevé. D'après les informations de Sheena Goodyear un peu d'appréhension
.Elle avait été complètement aveugle pendant 20 ans et faisait maintenant du ski
, raconte M. Chapman, 33 ans, de North Vancouver.dent dans l'œil
- dans un hôpital de la Colombie-Britannique.
Comment est-ce possible?
Il n'y a pas de risque de rejet, car nous utilisons une partie du corps du patient
, a-t-il déclaré.C'est une opération rare, dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler, même si l'on est chirurgien ophtalmologiste
, indique le Dr Moloney.
De la bouche à l’oeil
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