Trois ans après l’invasion russe, la nouvelle vie d’artisanes ukrainiennes à Winnipeg
Des artisanes ukrainiennes déracinées par la guerre sont désormais bien implantées à Winnipeg. Leur commerce, qui n'existait au départ qu'en ligne, a pris corps au Kolo Shop. La boutique solidaire offre une vitrine à une quinzaine d’entre elles. Le magasin regorge de produits Le gérant du magasin, Serhii Okhrimenko, raconte que, à l’ouverture du lieu, en décembre dernier, un automobiliste en camion croisé par hasard les a aidés à transporter deux grandes étagères. Serhii Okhrimenko a ouvert son magasin en décembre 2024.
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest L’anecdote est à l’image de la vocation du petit établissement. L’idée du magasin vient de Yuliia Okhrimenko, une fleuriste ukrainienne qui est arrivée à Winnipeg peu après le début de la guerre. Elle partage sa vie avec le gérant du Kolo Shop. Yuliia Okhrimenko est fleuriste. Elle a donné l'idée à son mari d'ouvrir le Kolo Shop. Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest À son arrivée au Manitoba, Yuliia Okhrimenko était loin des siens et sans réseau. Son objectif a toujours été de rassembler des artisanes ukrainiennes. L’idée a d’abord pris la forme d’un groupe Facebook comptant plus de 500 membres pour discuter de leurs produits, avant de voir naître le magasin solidaire. J’avais ce rêve. Nous devions faire quelque chose à Winnipeg pour aider ces femmes et un jour, mon mari m'a dit que mon rêve deviendrait réalité. Yuliia Okhrimenko est fière de soutenir les femmes ukrainiennes qui ont fui la guerre. Elle porte une boucle d'oreille en forme de blason de l'Ukraine. Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest Sous l’un des miroirs du magasin, Viktoriia Maslovka met de l’ordre dans ses crèmes à base de cire d’abeille. Lorsque Radio-Canada l’a rencontrée, il y a deux ans, l'Ukrainienne qui avait fui la guerre confiait ne pas réussir à vivre de ses ventes. Aujourd'hui, elle précise qu'elle n'a fait aucune vente durant le mois de janvier 2023. Viktoriia Maslovka vent ses crèmes dans cinq points de vente à Winnipeg. Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest À force de publicité dans les boîtes aux lettres de son quartier, du bouche-à-oreille et d’occasions comme celle d’avoir son comptoir au Kolo Shop, les crèmes confectionnées de ses mains sont devenues Au début, mes ventes ne couvraient même pas le prix de l'autobus. Aujourd’hui, je vends plus d’une centaine de crèmes par mois. En deux ans et demi d'activité, Viktoriia Maslovka a diversifié ses produits. Elle fait plusieurs types de crèmes pour les mains et le visage. Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest Cette réussite n’est cependant pas arrivée sans sacrifices. Pour elle, l’équilibre tient dans le temps qu’elle consacre à ses enfants tout en maintenant son activité. Viktoriia Maslovka pense maintenir son rythme effréné jusqu’à ce que son aînée soit capable de s’occuper des plus jeunes. Pour Marina Zadavich, une artisane qui vend ses produits au Kolo Shop, les chiffres de vente sont encore trop bas pour espérer en vivre, mais le magasin lui permet de se faire connaître. Pour joindre les deux bouts, son rêve d’enfant est pour le moment jumelé à un emploi d’enseignante. Marina Zadavich est à la fois enseignante et créatrice.
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest C’est d’ailleurs elle qui a peint le logo du magasin imaginé par l’artiste ukrainienne de Winnipeg, Yuliia Designer. Le gérant du magasin pense que, à l’avenir, le travail des artisanes pourra être exporté partout au Canada. Le gérant du magasin, Serhii Okhrimenko, cumule lui-même plusieurs emplois. Il n'est présent dans son magasin que les fins de semaine. Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest Dans ses rêves d’agrandissement, Serhii Okhrimenko s’imagine ouvrir une boutique à La Fourche, au centre commercial Polo Park ou Kildonan.faits maison
. La plupart sont aux couleurs bleu et jaune du drapeau ukrainien, t-shirts, bracelets ou babioles en tissu. Tous tiennent dans une seule pièce soigneusement agencée.Elles ne rentraient pas dans ma voiture.

J'ai ouvert ce magasin pour aider les nôtres
, précise Serhii Okhrimenko. Les vendeuses n’ont pas besoin de passer leur journée en ligne, sur Marketplace, elles peuvent avoir un autre travail à côté, durant la journée ou le soir. Ce n’est pas agréable de devoir combiner vente et création.

Je veux toujours aider les autres. Nous devons être fortes, nous aider les unes les autres. C’est quelque chose d'ancré dans mon âme
, confie la fleuriste.
De 0 à 100
De plus en plus de personnes connaissent mes produits, je les vends dans cinq endroits différents
, dit-elle.
une petite entreprise qui [la] nourrit
. 
Je n'ai pas beaucoup de temps pour moi. Prendre un café avec un ami, c'est quelque chose que je ne connais pas
, explique Viktoriia Maslovka.Avant, j’avais peur de ne pas réussir à gagner de l’argent et en même temps éduquer mes enfants. Heureusement, je peux garder un œil sur eux quand je fabrique mes produits.
C'est une question de temps
, ajoute-t-elle.Kolo,
c’est tous ensemble, comme une chaîne
J’espère que je pourrais vivre entièrement de mon art. C’est ce que je fais depuis l’école
, raconte-t-elle.L’art, c’est toute ma vie, je ne vais pas lâcher
, assure-t-elle.
Il y a un cercle de fleurs bleues et jaunes, au couleur du drapeau ukrainien. Le mot Kolo signifie "tous les Ukrainiens". C’est tous ensemble, comme une chaîne
, explique Marina Zadavich.
En ce moment, nous visons une centaine de clients par mois, mais dans cinq ans, j’espère qu’on en aura des milliers, oui, plus de mille
, précise Serhii Okhrimenko.Ce sont de bons endroits, avec beaucoup de monde. On va y réfléchir parce que, comme toujours, on aura besoin d’argent
, conclut-il.
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