La Chambre de commerce d’Halifax ne veut pas d’une circonscription pour Chéticamp
La Chambre de commerce d’Halifax (CCH) voit d’un mauvais œil la création possible d’une circonscription électorale protégée dans la région acadienne de Chéticamp, en Nouvelle-Écosse. L’organisme craint que cela ne dilue encore plus la représentation des électeurs de la capitale provinciale. Le premier ministre Tim Houston a annoncé la mise sur pied d’une commission spéciale afin de redéfinir les frontières électorales sur l’île du Cap-Breton en tenant compte de l'importance de la communauté acadienne du comté d’Inverness. Devant un comité législatif, lundi matin, le président et chef de la direction de la CCH, Patrick Sullivan, a plutôt exhorté les députés provinciaux à J'aimerais encourager nos élus à faire en sorte que de telles limites électorales ne soient pas imposées par la loi de manière ponctuelle pour satisfaire les besoins d'une région spécifique, d'un groupe d'intérêt ou même d'une décision de la Cour suprême. L’automne dernier, la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse a ordonné à la province de mettre sur pied d’ici la fin de l’été 2026 une nouvelle commission chargée d’évaluer la possibilité de créer une quatrième circonscription acadienne protégée. Dans sa décision, le juge Pierre Muise a reproché à la plus récente commission en 2019 de ne pas avoir utilisé pour Chéticamp les mêmes critères qu’elle a utilisés pour recommander le rétablissement des circonscriptions acadiennes protégées d’Argyle, de Clare et de Richmond. La commission d’il y a six ans avait estimé que la communauté acadienne du nord-ouest du Cap-Breton était trop petite pour justifier sa propre circonscription. Patrick Sullivan est d’avis que tout redécoupage de la carte électorale de la Nouvelle-Écosse visant à assurer la représentation effective d’une communauté rurale se ferait forcément au détriment des électeurs d’Halifax. En 2019, la Chambre de commerce d’Halifax, qui compte environ 2000 membres, s’était également opposée pour les mêmes raisons au rétablissement des circonscriptions acadiennes protégées d’Argyle, de Clare et de Richmond. La population de la Nouvelle-Écosse, et en particulier celle de la capitale Halifax, a beaucoup augmenté depuis la dernière révision des limites des circonscriptions électorales de la province. (Photo d'archives) Photo : CBC / Robert Short Patrick Sullivan rappelle que la Nouvelle-Écosse a connu un essor démographique important depuis la dernière révision des limites électorales de la province. Rien que depuis 2021, dit-il, la province a vu sa population augmenter d’environ 76 000 habitants, dont plus de 60 % se sont établis dans la capitale. La Municipalité régionale d’Halifax compte aujourd’hui 47 % de la population néo-écossaise mais n’a que 41 % des sièges à l’Assemblée législative, déplore la CCH, qui préférerait tant qu’à faire une révision des limites de toutes les circonscriptions de la province. La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), qui avait intenté le recours devant les tribunaux, a aussi comparu lundi devant le comité législatif de modifications des lois. La présidente de l’organisme, Denise Comeau-Desautels, a plaidé en français en faveur de la création d’une commission spéciale de délimitation des circonscriptions électorales pour Chéticamp. Chéticamp représente un pilier essentiel du patrimoine de la culture acadienne en Nouvelle-Écosse. Le projet de loi visant à établir une commission spéciale de délimitation des circonscriptions électorales pour Chéticamp a franchi l'étape de l'étude en comité sans modification.ne pas encourager la dilution [du vote urbain] avec la création d’un plus grand nombre de circonscriptions rurales.
La dilution du vote d'un citoyen par rapport à un autre ne devrait pas être permise
, a-t-il déclaré devant le comité qui se penchait lundi sur la création d'une commission spéciale de délimitation des circonscriptions électorales pour Chéticamp.
La FANE appuie le projet de loi
En dépit des principes d’égalité et de représentation équitable, la délimitation des frontières de cette région a eu des conséquences injustes, marginalisant la voix des nombreux citoyens
, a témoigné Denise Comeau-Desautels. Cette situation est non seulement problématique sur le plan juridique, mais elle est également contraire aux valeurs fondamentales de la démocratie et de l’inclusivité.
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