Faut-il protéger les jeunes des discours politiques?
À quelques jours du scrutin en Ontario, un adolescent, des parents et des experts ont partagé leur avis sur les effets des propos des politiciens sur les plus jeunes et sur les pistes de solutions pour les protéger. Abdel Razikh Ahmat, étudiant au collège Notre-Dame de Sudbury, se souvient de son enfance, où il ne comprenait pas les discours politiques. Abdel Razikh Ahmat, étudiant au collège Notre-Dame de Sudbury, affirme que « les jeunes peuvent s'intéresser à la politique, mais avec des limites. »
Photo : Radio-Canada / Éric Robitaille À 17 ans aujourd’hui, cette angoisse persiste parfois lorsqu'il écoute les débats politiques. Ça me cause de l'anxiété. Des fois, des politiciens perdent un peu leur maturité. Le jeune déplore les échanges houleux en période électorale et leur manque de professionnalisme. Selon lui, les politiciens devraient éviter les propos virulents. Dans sa publication sur son réseau social TRUTH le 3 décembre 2024, Donald Trump écrit « Oh Canada! » accompagné d'une image de lui avec un drapeau du Canada sur un montage. Photo : Radio-Canada Yannick Kalinga, père de deux enfants de 6 et 8 ans, répond à cette question. Yannick Kalinga souligne l’influence des discours politiques sur les plus jeunes et l'importance de filtrer les contenus auxquels ils sont exposés. Il insiste sur le rôle des parents dans la protection et l’éducation politique des enfants. Photo : Avec l'autorisation de Yannick Kalinga Michelle Cotnoir, directrice des services de bien-être et d’inclusion au Conseil scolaire catholique Nouvelon, partage cette inquiétude. Celle qui est leader en bien-être des élèves depuis 2013 précise que ces effets vont au-delà de la simple confusion. Ils peuvent provoquer Selon elle, les enfants peuvent aussi manifester de la colère et s’isoler, ce qui affecte leur bien-être. Yannick Kalinga met en lumière l'importance du rôle parental dans cette protection. Michelle Cotnoir, de son côté, souligne l'importance de l'écoute. Selon elle, les parents doivent surveiller le contenu politique auquel leurs enfants sont exposés et se poser la question Michelle Cotnoir, directrice des services de bien-être et d’inclusion avec le CSC Nouvelon, affirme que « les écoles jouent un rôle clé dans l'éducation civique » et l’apprentissage de la pensée critique. Photo : Avec l'autorisation Michelle Cotnoir Elle explique que certains cours, comme l’histoire et les études sociales, abordent les sujets politiques, mais que ces discussions se font aussi naturellement au quotidien. Elle insiste sur l’importance d’enseigner le respect, l’honnêteté et la pensée critique aux élèves. Enfin, Mme Cotnoir recommande aux parents d’expliquer aux jeunes comment fonctionnent les algorithmes et de développer leur pensée critique. Selon Anas Karzaï, professeur de sociologie à l’Université Laurentienne, sensibiliser les jeunes à la politique renforce leur sentiment d’appartenance à la société civile. (Nouvelle fenêtre) Anas Karzaï, professeur agrégé de sociologie à l'Université Laurentienne, propose d'impliquer les jeunes en les aidant à comprendre les enjeux politiques. Selon lui, il est crucial d’avoir ces discussions avec les mineurs, car « ils sont l'avenir ».
Photo : Avec l'autorisation d'Anas Karzaï Cette idée est partagée par Sonia Macaluso, mère de deux adolescents. Pour elle, un dialogue ouvert à la maison est primordial afin d’aider ses enfants à forger leur propre opinion. Sonia Macaluso explique pourquoi il est essentiel selon elle d’encourager le dialogue à la maison afin d’aider les moins jeunes à comprendre les enjeux politiques, à se forger une opinion éclairée, tout en leur fournissant des repères pour développer leur pensée critique. Photo : Avec l'autorisation de Sonia Macaluso De son côté, le Dr Karzaï insiste sur l’importance d’un apprentissage réfléchi. Il prône un dialogue axé sur les valeurs plutôt que sur la peur. Dans cette optique, Sonia Macaluso cherche à guider ses enfants en valorisant la diversité des opinions. Anas Karzaï souligne que les politiciens devraient prendre en compte les effets potentiels de leur rhétorique sur un public plus jeune. En 2016, Iouri Boïko (à gauche) en est venu aux mains avec le chef du Parti radical, Oleh Liachko, en pleine séance au parlement parce que ce dernier l'avait accusé d'être un « agent du Kremlin ». (Photos d'archives) Photo : Reuters / STRINGER Cet impact des discours politiques sur les jeunes est également constaté par l'étudiant Abdel Razikh Ahmat. 
Je parlais avec mes amis des États-Unis qui veulent faire du Canada [le 51e État]. Certains disaient non, certains disaient oui, c’est bien. Je sens que les jeunes sont vraiment affectés
, observe-t-il.
Pourquoi les mineurs doivent-ils être protégés des discours politiques?
Aujourd'hui, nous voyons que les réseaux sociaux ont cette capacité de changer la façon de penser. Et pour des enfants qui sont encore à l'âge d'apprentissage, nous avons peur qu'ils puissent finir par adopter des idées qui ne sont pas correctes
, dit-il.
Les politiciens sont [censés] montrer l'exemple. Et quand c'est eux qui s'insultent, surtout à la télé, ça perturbe les enfants. Et ça peut être une cause d'anxiété
, ajoute le père de famille. Ce qui se passe dans le monde, que ce soit […] des troubles civils, des guerres, disons même ce qu'on a entendu en lien avec le 51e État, c’est certain que cela pourrait avoir un impact sur les enfants
, dit-elle. de la fatigue, un manque de concentration à cause de la peur des inconnus, voire des maux de ventre ou de l’anxiété
. Comment les parents et les écoles peuvent-ils protéger les enfants?
Je choisis ce que je peux leur faire entendre. Souvent, c’est moi qui les écoute en premier et, par la suite, je partage [avec eux] ce qui est important pour eux. Car je veux qu’ils, en grandissant, comprennent que la politique n’est pas un jeu. Ce n'est pas juste un jeu d’humour où les gens [s’affrontent] autour des idées
, explique M. Kalinga.On veut vraiment être à l'écoute de nos enfants, être patient, valider ce qu'ils ressentent, les encourager à poser des questions.
Qu'est-ce qui est approprié pour son âge?

Il est important de leur apprendre à se poser des questions, comme "quelles sont tes sources?"
, conclut-elle.L'importance d'exposer les jeunes aux enjeux politiques malgré tout

Il faut vraiment qu'ils soient au courant du monde qui les entoure et qu'ils sachent qu'ils ont une voix. Même s'ils ne peuvent pas voter, ils ont quand même une influence.

Au lieu de dire "si ce candidat gagne, le Canada sera ruiné", discutons des propositions de chaque parti
, suggère-t-il.C'est notre travail [en tant que parents] de donner des informations importantes aux enfants […] sinon, ils peuvent se retrouver dans [un trou de lapin] qui ne finira jamais
, lance-t-elle.La responsabilité des politiciens face aux enfants et jeunes
Une étude de Stanford réalisée en 2023 a révélé que les adolescents sont plus polarisés et déstabilisés que jamais sur le plan politique. [...] Nous vivons donc à l'ère de la désinformation
, explique-t-il.
J'ai suivi une conférence des pays en Afrique. […] En pleine conférence, [les élus se] lançaient des injures. Je dirais que ça, ce n'est pas des choses que les jeunes devraient voir
, conclut-il.
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