Comment Juraj Slafkovsky entend-il profiter de son élan
Il a beau être entêté – il le dit lui-même – Juraj Slafkovsky ne ménage pas les efforts et ne craint surtout pas le changement pour essayer de trouver la recette miracle. Sa recette. Celle qui lui permettra de dominer soir après soir, comme il l’a fait samedi dernier à Ottawa. Du ruban noir au ruban blanc au ruban noir, des repas d’avant-match à sa façon de s’échauffer : tous les moyens se valent aux yeux du grand Slovaque s’ils peuvent lui apporter un quelconque succès. Slafkovsky modifie fréquemment sa routine. Un peu étrange pour un athlète professionnel – la stabilité et la superstition sont plus courantes – mais comme il joue bien en deçà de ses propres attentes cette saison, il cherche. La quête inassouvie de la constance. Une année en dents de scie où les éclairs de génie sont apparus, mais à l’occasion seulement. Et c’est bien ce qui le chicote. Après la victoire contre les Sénateurs, il a encore sévèrement critiqué son jeu cette saison. Slafkovsky venait de connaître un de ses bons matchs : 8 mises en échec, un sommet en carrière, 7 tentatives de tir dont 5 cadrées et un but en fin de rencontre comme récompense. Il a joué comme il sait le faire parfois, avec la rage au cœur. Et c’est cet ingrédient précis, à son avis, qui lui permettra de maintenir son niveau d’excellence. Et pour dominer, il faut se fâcher, a-t-il expliqué. La colère comme élément clé de son succès. Certains joueurs la cultivent naturellement, d’autres doivent trouver une façon de l’invoquer match après match. Ce qui ne semble pas évident au premier abord, surtout dans son cas. Slafkovsky, après tout, donne parfois l’impression de plutôt être un gentil géant. La bonne nouvelle? Être méchant, ça s’apprend, foi de Martin St-Louis. Il y en a pour qui c’est plus facile. Tous les joueurs apprennent comment ils doivent se comporter pour se donner les meilleures chances de connaître du succès. Et ce n’est pas pareil pour tous. De la colère, donc, mais mesurée. Un peu d’avarice aussi? L’idée n’est pas de lui donner une liste des sept péchés capitaux pour qu’il les mette en pratique, mais l’égoïsme peut parfois servir au hockey. Quand il s’agit de tirer la rondelle, disons. Jamais depuis son arrivée dans la LNH il y a deux ans et demi, Slafkovsky n’a-t-il si peu lancé. Il décoche 5,01 tirs par tranche de 60 minutes de jeu, ce qui lui vaut l’avant-dernier rang des attaquants du Canadien devant Jake Evans. Cette diminution de la quantité au profit de la qualité est une tendance qui s’observe à travers la ligue cette saison – le volume de tirs de Cole Caufield, par exemple, est aussi à la baisse pour la première fois en trois ans – mais dans le cas de Slafkovsky, c’est un ratio un peu malingre. Depuis le début de sa carrière, il paraît évident que l’ancien premier choix en 2022 est son critique le plus impitoyable et, forcément, son pire ennemi. Il lui fait donc acquérir hargne et détachement et être capable d’utiliser l’un et l’autre lorsque nécessaire. Quand on y pense, c’est beaucoup d’introspection pour un jeune homme de 20 ans. Il lui reste 25 matchs pour y penser. À moins que… C’eut été impensable en début de saison d’affirmer qu’une blessure à Emil Heineman viendrait tout dérégler le bel équilibre bâti par le CH à la mi-saison et pourtant, voilà où l’on en est, ce qui est aussi éloquent sur la faiblesse de l’attaque de l’équipe que de l’apport de Heineman, au demeurant très efficace. Si seulement le chauffard de Salt Lake City avait su qu’il causerait tant de remous… Le retour du Suédois dynamique permettra-t-il à Jake Evans de retrouver sa touche offensive? Celle-ci s’est assoupie depuis la veille du Jour de l’an. Une vilaine séquence de 4 points, dont 1 petit but, en 21 matchs. Le centre torontois a conservé son efficacité habituelle au cercle des mises au jeu et en infériorité numérique, mais son jeu à cinq contre cinq a semblé pâtir de l’absence de son ailier gauche. Ce qui est fâcheux autant pour le Canadien qui s’apprête à vendre ses services au plus offrant, selon ce qu’on raconte entre les branches bavardes, que pour Evans lui-même qui se verra octroyer un nouveau contrat dans les prochains jours, les prochaines semaines ou les prochains mois. Avec quelle équipe, telle est la question. Beaucoup d’absents lundi à l’entraînement. Les suspects habituels que sont Josh Anderson (traitements), David Savard (traitements) et Michael Pezzetta (bas du corps), mais également Brendan Gallagher qui a été excusé pour des raisons personnelles. Kirby Dach, pour sa part, s’est blessé au bas du corps face aux Sénateurs et ratera à tout le moins le prochain match, mardi, contre les Hurricanes de la Caroline, a confirmé St-Louis. Dach a obtenu 13 min 43 s de temps de glace. Le grand attaquant totalise trois passes à ses cinq derniers matchs. Samuel Montembeault sera devant le filet.J’ai tout changé, a lancé l’ailier. J’essaie de trouver la formule parfaite et après je pourrai la garder, mais j’ai changé beaucoup de choses. Surtout cette année.
C’est une question de mentalité. Ça n’a rien à voir avec comment tu te sens physiquement ou ce qui se passe autour de toi. C’est à propos de ton état esprit. Est-il le bon? Es-tu prêt pour le match? Si tu te prépares en voulant dominer, tôt ou tard, ça va arriver
, a-t-il estimé.C’est d’apporter un niveau de combativité. Ce n’est pas toujours de la colère, mais parfois oui. Tu n’arrives pas en te disant : il faut que je sois en colère ce soir. Il faut que tu te contrôles […] Mais il n’a pas tort, il faut qu’il amène cette identité. Surtout avec son gabarit
, a ajouté l'entraîneur.Quand je me plante, même pour une seule présence, ça perturbe tout et c’est là que je me mets à jouer comme un junior ou un gars qui joue au parc
, a-t-il encore dit après l’entraînement lundi.La bouée nommée Heineman
En rafale
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