Débat autour des permis de chasse albertains vendus aux enchères
Huit permis spéciaux de chasse en Alberta ont été vendus aux enchères depuis la fin janvier aux États-Unis. Les sommes récoltées, soit près de 1 million de dollars canadiens, doivent servir à financer des programmes de conservation des espèces dans la province, mais ce genre d’initiative ne fait pas l'unanimité. Kennedy Halverson, spécialiste de la conservation pour l’Alberta Wilderness Association, estime que cette initiative, qui existe depuis les années 90, Elle explique que si au début, seules trois espèces pouvaient être chassées, le gouvernement albertain a élargi le nombre à huit : D'ailleurs, le niveau de prix atteint lors de ces enchères l’inquiète particulièrement, car il pourrait, selon elle, Chaque permis donne l’autorisation de tuer un seul animal. Mais cette chasse unique, prisée des Américains, pourrait avoir des conséquences plus larges. La réalité est que la plupart des espèces sont en déclin [...] Ensuite si vous tuez une femelle, ses petits devront être gérés par des humains, vous éliminez un animal reproducteur et vous risquez d'enlever un prédateur de la chaîne alimentaire. Le détenteur du permis a aussi le droit d’effectuer sa chasse n’importe quand dans l’année. Une règle qui pose aussi problème. Cette dernière demande plus de transparence et d’informations sur la façon dont le ministère gère la faune. Elle souhaite aussi qu’on réduise le nombre de permis spéciaux, qu’ils soient limités à certaines périodes de l’année et certaines régions de la province. Selon Alexandru Cioban, porte-parole du ministère des Forêts et des Parcs, les fonds récoltés l’an dernier sont allés à l’Alberta Professional Outfitters Society, une organisation responsable pour accorder des licences à des guides et des équipementiers pour le compte du gouvernement. L’organisation a créé un comité qui lui-même distribue l’argent sous forme de subventions à des projets de conservation. Il faut plus de transparence sur le résultat des projets financés par ce programme. Selon Alexandru Cioban, en janvier, des projets d’amélioration de l’habitat, de gestion des maladies parmi les mouflons, des études sur les mouvements des animaux sauvages ont par exemple reçu des fonds grâce à ce projet. Jeana Schuurman, directrice de l’Alberta Professional Outfitters Society, précise que le comité comprend des experts, des organisations de protection de la nature, des établissements d’enseignement postsecondaire, des représentants des Premières Nations et des membres du public. Mark Boyce, professeur d’Écologie à l’Université de l’Alberta, fait partie du comité et soutient le projet. Il indique que les permis accordés aux non albertains sont limités et qu’ils ont l’obligation d’avoir un guide pour chasser. Quant aux critères du comité pour sélectionner un projet, Mark Boyce met en avant Concernant l’implication des organisations de chasseurs dans la conservation de la faune, Mark Boyce explique qu’il s’agit d’une caractéristique très répandue en Amérique du Nord. Il explique que ce sont leurs organisations qui ont souvent lancé des mouvements de protection de la faune et que de nombreux programmes sont financés grâce à l'argent des permis de chasser et pêcher.va à l’encontre des bonnes pratiques en termes de protection de la faune
.Certains animaux concernés, comme la chèvre de montagne, ne devraient pas être visés, car ils vivent dans des zones reculées et leur nombre est limité.
justifier une nouvelle augmentation du nombre de permis
.En dehors des périodes de chasse, certaines espèces sont bien plus vulnérables. Il y a aussi les périodes de reproduction
, indique la spécialiste.Protéger la faune
Les fonds sont bien gérés et on s’assure qu’ils vont à des projets de conservation [...] Ce programme utilise le fait que des gens sont capables de payer des sommes astronomiques pour chasser un animal
, explique l’enseignant, lui-même chasseur.Financement des chasseurs
Le paysage spectaculaire, la difficulté de ces chasses qui peuvent durer plusieurs jours dans des zones reculées font qu’elles sont très prisées. C’est ce qui explique le niveau des enchères
, indique le professeur.la rigueur scientifique, la faisabilité, la compétence et l’expérience des candidats
. En fin de compte, universités, écoles, associations font partie des principaux bénéficiaires.Dans chaque province ou état, les agences sur la faune sont financées par les chasseurs et les pêcheurs. Presque tous les programmes de conservation reçoivent des fonds de cette communauté
, indique l’enseignant.
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