La rivalité Canada c. États-Unis vue par Marie-Philip Poulin
À quelques heures du match final de la Confrontation des 4 nations, qui de mieux placé pour parler des duels entre le Canada et les États-Unis que Marie-Philip Poulin, celle qui a été au cœur de certains des plus grands moments dans l'histoire de cette rivalité au hockey? La capitaine de l’équipe canadienne n’était pas surprise de voir l’intensité du premier duel entre les deux pays dans ce tournoi, une victoire de 3-1 des États-Unis à Montréal. Même après avoir disputé quatre Jeux olympiques, 12 championnats du monde et de nombreuses éditions de la Série de la rivalité contre les États-Unis, elle sent que la rivalité est toujours aussi intense entre les deux pays. C’est incroyable comment il y a de la passion et comment on est compétitives. C’est pour des moments comme ça que tu t’entraînes, que tu fais des répétitions de plus. De nombreux duels entre le Canada et les États-Unis ont marqué l’imaginaire en hockey féminin. Il y a d’abord eu cette finale olympique en 2002 qui a permis au Canada de remporter sa première médaille d’or olympique. Danièle Sauvageau, qui est aujourd’hui directrice générale de la Victoire de Montréal, était alors l’entraîneuse-chef de l’équipe. Marie-Philip Poulin remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques de Pékin avec l'équipe canadienne. Photo : Getty Images / Bruce Bennett Pour Kori Cheverie, ce match aura été un tournant dans sa vie. Difficile d’imaginer une finale entre le Canada et les États-Unis sans penser à Marie-Philip Poulin. Il y a eu cette finale olympique en 2010, remportée 2-0 à la maison, à Vancouver. La Québécoise avait alors marqué les deux buts de son équipe alors qu’elle n’était âgée que de 18 ans. Meghan Agosta et Marie-Philip Poulin célèbrent le deuxième but de Poulin en finale du tournoi de hockey féminin aux Jeux olympiques de Vancouver. Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward Quatre ans plus tard, aux Jeux olympiques de Sotchi, le Canada a réalisé une remontée spectaculaire pour encore une fois remporter l’or. Avec moins de 3:30 à jouer en troisième période, les États-Unis menaient 2-0. Brianne Jenner a d’abord marqué. Puis, avec 55 secondes au cadran, Marie-Philip Poulin a ramené les deux équipes à égalité. Et c’est encore elle qui a donné la victoire à son pays en prolongation. Pour Marie-Philip Poulin, ce match est probablement le plus grand moment de sa carrière jusqu’ici. La gardienne de but Ann-Renée Desbiens fait partie du programme canadien depuis plusieurs années et a vécu l’apogée avec l’équipe canadienne il y a trois ans. En février 2022, elle était devant le filet lorsque le Canada a vaincu les États-Unis 3-2 en finale des Jeux de Pékin. Encore une fois, Marie-Philip Poulin avait inscrit deux buts dans ce match. Oui, ce sont mes amies à l’extérieur de la patinoire, mais quand elles mettent leur chandail, on ne les aime pas. Et nous, quand on met le chandail du Canada, on veut représenter notre pays, nos parents et nos amis, c’est plus gros que nous. La gardienne de but Ann-Renée Desbiens (à droite) et Marie-Philip Poulin (au centre) au moment de recevoir leur médaille d'or à Pékin. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz Le Championnat du monde en 2021, présenté à Calgary, occupe une place importante dans le cœur des joueuses canadiennes. En pleine pandémie de COVID-19, elles ont dû passer de longs moments isolées, loin de leurs familles. Elles ont finalement réussi à décrocher le titre mondial. Et qui dit rivalité, dit rivales. Marie-Philip Poulin ne peut s’empêcher de nommer le nom d’Hilary Knight lorsqu’on lui demande qui a été sa plus grande adversaire à travers toutes ces années. Le Canada et les États-Unis s’affronteront maintenant au Championnat du monde qui aura lieu en avril, en Tchéquie. Les deux pays croiseront ensuite le fer à Milan-Cortina, dans un an. Il s’agira des cinquièmes Jeux olympiques de Marie-Philip Poulin et, qui sait, peut-être, ses derniers. Elle pourrait ajouter un autre chapitre à une carrière déjà phénoménale en mettant la main sur une quatrième médaille d’or olympique.Depuis que je suis toute jeune, quand je regardais l’équipe canadienne, c’était contre les Américaines. Je voyais le feu dans leurs yeux. Chaque fois que j’affronte les États-Unis, je veux gagner
, assure Poulin. 
Je me souviens de 2002 et de toutes les pénalités que le Canada a reçues pendant ce match. Je pense que c’est le moment où je suis encore plus tombée en amour avec le hockey. En tant que femme qui a grandi au Canada, c’était l’équipe pour laquelle je voulais jouer. Ce match et cette rivalité resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais
, raconte l'entraîneuse-chef de la Victoire. 
Le dernier Championnat du monde a été assez incroyable avec une victoire de 6-5, mais en 2014, à Sotchi, c’était l’un des matchs les plus fous de ma carrière. Je m’en souviens par cœur. Ça m’a donné encore plus de motivation parce que quand tu goûtes à la médaille d’or, tu en veux encore plus
, indique-t-elle. C’est sûr que c’est mon plus beau souvenir, mais chaque match est tellement physique. Avec la nouvelle ligue, les équipes ont plus de profondeur.

Nous n’avions pas gagné depuis 2012 et nous avons passé à travers tellement de choses pour y arriver en tant qu’équipe et en tant que programme. Il y avait beaucoup d’adversité à l’événement. On essayait de trouver comment vivre dans la bulle. Je ne sais même pas pendant combien de jours nous avons dû rester en quarantaine pour réussir
, se souvient Kori Cheverie, qui est entraîneuse adjointe avec l'équipe canadienne. C’est une joueuse que je respecte beaucoup, dit-elle. Chaque fois qu’on joue contre, c’est intense, il y a beaucoup de passion. C’est toujours un honneur de jouer contre elle.
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