Célébrer la richesse des cultures africaines au Yukon
À Whitehorse, le Mois de l’histoire des Noirs est l’occasion pour la communauté afro-descendante de se rassembler durant le Festival de musique africaine et de faire partager ces cultures aux Yukonnais. Pour le fondateur du Festival de musique africaine et des Conférences sur la diversité et l’inclusion, Leonard Boniface, il est crucial que le Mois de l’histoire des Noirs ne parle pas uniquement du passé de la communauté et de ces réalisations dans l’histoire canadienne, mais également de sa vitalité actuelle et de ce qu’elle a à offrir. Leonard Boniface, originaire de Tanzanie, est le fondateur du Festival de musique africaine du Yukon et des Conférences sur la diversité et l'inclusion. Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos C’est pourquoi, tout au long du mois, le fondateur s’est entouré d’artistes de partout dans le monde pour notamment aller rencontrer les jeunes dans les écoles et leur faire découvrir les cultures africaines. C’est d’ailleurs les yeux écarquillés et avec une énergie débordante que les élèves de l’école élémentaire Selkirk ont accueilli la troupe pendant une après-midi. Les murs du gymnase ont résonné de leurs cris enthousiastes au son des djembés. À l'école Selkirk, les enfants ont pu assister à une performance musicale et ont été invités à danser. Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos Selon elle, ce type d’événement est particulièrement important dans le contexte mondial actuel. Dans la salle communautaire de l’Association franco-yukonnaise (AFY), des tables ont été dressées. Sur l’une d’entre elles, on a posé plusieurs mets traditionnels. Sur l’autre s’étendent plusieurs wax, ces tissus colorés emblématiques de l’Afrique. Pour Mikhael Missikabo, des événements comme le 5 à 7 organisés à l’AFY pour lancer les festivités entourant le Mois de l’histoire des Noirs sont essentiels pour permettre à la communauté francophone de se rencontrer et de se connaître. Durant la soirée organisée à l'AFY, les gens ont été invités à découvrir de nouvelles saveurs. Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos Ce double défi n’est cependant pas propre à Whitehorse. Celui qui a passé près de 20 ans à Toronto dit qu'il a vu les mêmes difficultés dans la métropole. Des plats traditionnels ont été servis pour l'occasion. Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos S’il est heureux des activités proposées ce mois-ci, il souhaiterait qu'il y ait d’autres initiatives et rassemblements semblables qui ne se dérouleraient pas au mois de février uniquement.Je pense que c’est très important, pas seulement pour se rassembler, mais ça permet aussi à la communauté de s’exprimer, ce qui est très bien
, affirme Mikhael Missikabo, professeur en économie sociale, arrivé au Yukon il y a deux ans.
Nous intéressons les gens d’une manière différente, d’une manière unique qui est importante pour que les gens puissent goûter à nos cultures
, explique-t-il. Je suis très heureux de partager les cultures et les traditions africaines.
Lorsque je chante pour les jeunes, pour la prochaine génération, c’est là où se trouve mon cœur. Lorsque je suis capable de partager le cadeau qu’est le hip-hop avec la prochaine génération, j’ai l’impression que c’est ma destinée dans la vie
, dit l’artiste britanno-colombienne Ndidi Cascade.
Nous devons nous éloigner de la peur des autres, nous devons apprendre des gens, des autres cultures, d’autres formes de musique [...] Ça permet de relier les cœurs humains et c’est comme ça que nous formons des communautés et des sociétés saines
, assure-t-elle.Le défi d’être doublement minoritaire

On est doublement minoritaire, afro-descendants et francophones, ce qui fait qu’il y a beaucoup de francophones d’origine africaine qui sont ici et qui ne se connaissent pas ou peut-être qui ne pensent pas qu’il y a des francophones
, souligne-t-il lors d'une entrevue téléphonique.Ce qui est intéressant, c’est qu’on retrouve à peu près les mêmes défis en tant que francophones afro-descendants à Toronto, [...] sauf qu’ici, au moins, il y a une certaine proximité
, dit-il.
Il faut en faire un peu plus. On ne vit pas qu’au mois de février! Donc, qu’est-ce qu’on peut faire pour essayer d’avoir des activités et de pouvoir se voir et se rencontrer pendant le reste de l’année
, demande Mikhael Missikabo.
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