Donner une voix à ceux et celles qui n’en ont pas
Image d'un de trois ateliers d'écriture ont eu lieu en 2020, avant la pandémie. Photo : Félix Normand Il y a cinq ans est née la maison d'édition de l’écrivain Adis Simidzija, Des livres et des réfugiés, dont les profits viennent en aide aux personnes immigrantes. Des ateliers d’écriture sont organisés – pandémie oblige, ils sont à l’arrêt – lors desquels les personnes réfugiées ont l’occasion de raconter leur histoire. Janvier et février 2020. De 40 à 50 personnes sont réunies dans un café à Trois-Rivières. Après une présentation d’une vingtaine de minutes où M. Simidzija explique l’exercice et où il se livre dans le but d’encourager son auditoire, chaque personne se met à écrire, sur soi. Puis certaines lisent à haute voix leur texte. Sa mission? Donner les outils nécessaires aux personnes immigrantes et réfugiées pour qu’elles puissent faire entendre leur voix. Par le fait même, il déplore le manque de représentativité des minorités ethniques dans notre société. Sa thèse porte justement sur l’écriture de soi comme outil d’autoreprésentation chez les personnes réfugiées à travers l’analyse de textes formels (publiés) et informels (dont le but n’est pas la publication). M. Simidzija juge qu’il y a trop d’experts qui filtrent leurs témoignages et qui parlent de ce qu’ils n’ont pas vécu. Les éditeurs, frileux? Pour publier son premier roman, Adis Simidzija a dû fonder sa propre maison d’édition. Pour son second, il espère trouver un éditeur. Je suis un peu vu comme de la littérature étrangère, alors que je suis québécois. Ce qui posait aussi problème, croit-il, était le genre lui-même. Critique envers la littérature contemporaine Adis Simidzija se dit Il prend pour exemple Nelly Arcan, qui a su maîtriser cette ligne entre fiction et autobiographie, ou encore Stefan Zweig, dont L’écrivain s’en prend également à cette tendance qui, selon lui, privilégie la forme plutôt que le fond. Il affirme que de lecture en lecture, il a l’impression d’un copier-coller dans la forme. Vous écrivez des récits? Envoyez-nous vos textes inédits d’ici le 28 février 2021!
S’autoreprésenter amène une reconnaissance. Il y a une réappropriation de sa propre histoire
, affirme celui qui est arrivé au Québec à 9 ans pour fuir la guerre en Bosnie-Herzégovine.Trouve-moi des personnes réfugiées qui parlent des enjeux de réfugiés dans les médias, dans l’espace public, me demande-t-il. C’est ça que j’essaie de casser avec l’organisme et avec cette thèse.
Plutôt que ce soit un spécialiste qui raconte la réalité d’une personne réfugiée, c’est la personne elle-même qui raconte son parcours
, dit-il en insistant sur l’importance de la subjectivité pour comprendre les phénomènes sociaux.J'avais envoyé mon roman à des éditeurs, et on m’a dit "Vous seriez mieux de publier ça en France parce que ce ne sont pas des sujets dont on traite au Québec." [Pourtant], la question des réfugiés, de l’immigration, de l’identité au Québec est d’autant plus pertinente.
L'autofiction n’est pas un genre que les éditeurs embrassent beaucoup – quoique de plus en plus – [parce que] ce n’est pas ce qu’il y a de plus populaire.
allergique à la littérature contemporaine
. Selon lui, toute bonne œuvre doit être incarnée
, mais trop peu le sont. J’ai tendance à penser qu’il n’y a pas d'œuvres de fiction, que l’auteur ou l’autrice est là derrière. J’ai besoin de ressentir ses émotions, de comprendre les positions qu’il ou elle défend par rapport aux enjeux évoqués. C’est important de se mettre à nu.
on sait que c’est de la fiction, mais en même temps, on n’est pas tout à fait sûr
.Il faut privilégier le contenu. La littérature a le pouvoir de changer les choses. [...] On s’attarde trop aux beaux mots, alors qu’un roman peut être écrit de manière extrêmement simple.
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